Le grand Œil de Michel Tapié

Exposition
Arts plastiques
Applicat-Prazan Rive Gauche Paris 06

« Michel Tapié force les artistes au début de leur parcours, les collectionneurs et les marchands d’art qui commencent dans le métier, à une certaine admiration. C’est cette aura qui les pousse à attribuer à son œil un pouvoir déterminant leur carrière… » écrit Juliette Evezard. 

 

Applicat-Prazan présentera à la FIAC du 18 au 21 octobre 2018, puis dans sa galerie rive Gauche du 27 octobre au 22 décembre 2018, douze peintures historiques d’artistes qui ont fait partie de « l’écurie » de Michel Tapié. Ce dernier a su déceler, parmi les tous premiers, cet Art dit « Autre » qui va de l’Informel à Gutaï.  

Complément d'information

De mon point de vue, le marché contemporain de l’art aura été inventé par deux protagonistes principaux dont le galeriste d’exception René Drouin aura été le trait d’union subliminal. De fait, les relations directes entre Leo Castelli et Michel Tapié – puisque c’est d’eux dont il s’agit – n’auront été que parcimonieuses !

Brièvement associé à Drouin, Castelli aura de son côté très largement contribué à l’expansion hégémonique des États-Unis qu’il aura gagnés pour s’y réfugier au début de la seconde guerre mondiale.

Un temps conseiller artistique de Drouin, Tapié aura lui jeté les bases d’un système marchand qui aura prévalu tant qu’il sera demeuré au service des artistes, autant dire jusqu’à une date récente
à partir de laquelle, par une sorte d’inversion des normes avant l’heure, certains artistes auront décidé de se mettre au service du système…

De ce système, Un art autre – l’ouvrage que Tapié élabore en amont de l’exposition éponyme de 1952 au Studio Facchetti – sera pour toujours le manifeste.

Au-delà de la notion d’informel qu’il théorise et qu’il conviendrait sans doute de préciser (voire de questionner, si nous étions historiens de l’art – ce qu’à la galerie nous ne sommes pas !), Tapié
dispose progressivement – d’abord chez Drouin, puis chez Facchetti (Studio Facchetti), Larcade (galerie Rive Droite) et Stadler (galerie Stadler) – un ensemble de règles que l’on qualifierait aujourd’hui de marketing où l’art aurait vocation à l’international, où le curator serait censé orienter les goûts et tisser le lien entre les artistes, les marchands, les collectionneurs et les institutions, et où la publicité et les relations publiques, étayées par la publication de catalogues-livres d’art, la scénographie et la propagation d’articles dans la presse, seraient aussi les outils de
l’essentialisation du critique en tant que pierre angulaire de l’objectivation d’une création révélée et nécessairement vouée à la postérité…

Objectivation ? Autant l’avouer ici, ce ne sont ni l’appareil critique de Tapié ni son style littéraire qui m’auront conduit à envisager la tenue de cette exposition…

Postérité ? Sur les plus de cent quatre-vingts artistes qui auront peuplé « l’écurie Tapié » et que Juliette Evezard aura recensés pour sa thèse, beaucoup sont aujourd’hui sortis des mémoires.
Plus, moins que d’usage ? Je ne saurais dire…

Quant à la capacité de Tapié à avoir su identifier, et parfois fait émerger, quelques-uns parmi les plasticiens les plus significatifs du XXe siècle, il me semble fondamentalement qu’il n’aura eu que
très peu d’alter ego.

C’est à ce Tapié-là, à ce « Grand Œil » s’il en est, qu’à travers une sélection que nous avons
ambitionnée exigeante d’œuvres d’artistes qui nous sont chers – une peinture un peintre ! –, nous avons souhaité rendre hommage.

Franck Prazan

Horaires

Jeudi 18 octobre : 14h-20h Vendredi 19 octobre : 12h-20h Samedi 20 et dimanche 21 octobre de midi à 19h. Vendredi 19 octobre, Samedi 20 octobre , Dimanche 21 octobre : 11h – midi (Preview VIP)

Adresse

Applicat-Prazan Rive Gauche 16 rue de Seine 75006 Paris 06 France

Comment s'y rendre

Métro: lignes 1 et 13 Champs-Élysées Clemenceau Bus: lignes 28, 32, 42, 72, 73, 80, 83, 93 Vélib : Avenue Franklin Roosevelt & avenue Dutuit
Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 2 mars 2020