L'autre chien

Exposition
Arts plastiques
Galerie Jocelyn Wolff Paris 20

 

 14 avril 2016, 

Cher Jocelyn,

Hier je suis allé sur ton site internet pour voir s’il y avait des photos de l’exposition de Christoph Weber. Il y en avait effectivement et j’ai pu me faire une meilleure idée de ton nouvel espace récemment renové ainsi que du travail de Christoph. Félicitations pour les deux, l’espace et l’exposition.

Puis j’ai aussi trouvé le communiqué de presse qui est, au fond une lettre que tu as écris pour quelqu’un expliquant les oeuvres de Christoph le jour de leur arrivée à la galerie.

J’ai aimé cette idée, je pense que je devrais essayer de t’écrire une lettre.

Je voudrais te parler de deux ou trois choses à propos des oeuvres de L’AUTRE CHIEN. Oui, ce sera le titre de ma prochaine exposition à la galerie. 

Je voudrais lier trois choses qui se sont passées à la fin de l’année dernière ou au début de cette année, et qui se rencontrent progressivement. 

1. À l’automne dernier, je travaillais avec différentes figurines, toutes s’appellaient Hans. Une des figurines en porcelaine - un nain avec un marteau et un morceau de bois dans ses mains - est tombée accidentellement du haut de la structure dans les escaliers où elle s’est brisée en une dizaine de morceaux. Je les ai ramassés pour les garder car, d’une certaine manière, je me suis senti attiré par les débris de ce nain charpentier. Un fragment avait uniquement gardé la moitié du visage, un autre la main droite, ou une chaussure, et d’autres n’étaient même pas reconnaissables. Les morceaux brisés ont changé la perception de l’échelle de la pièce à ce moment-là, de mon corps et de la relation à ces petits morceaux...

2. Tout début janvier, j’ai dû subir une opération de mon genou gauche. Par conséquent, j’ai dû utiliser des béquilles pendant un moment, une drôle de sensation. Des extensions des bras qui deviennent en quelque sorte des pieds. Je suis allé voir quelques expositions, et ces béquilles - adossées au mur ou laissées dans un coin - se sont avérées être des structures qui s’intégraient à l’espace et aux oeuvres, comme des capteurs énergétiques, rappelant un corps absent.

Une béquille est une béquille, un corps est un corps, et un espace est un espace. Mais peut-être qu’un espace est une béquille et qu’une béquille est un corps. Après avoir fini d’utiliser les béquilles, je les ai apportées dans une fonderie pour les couler en laiton, aluminium et bronze. Corps, esprit, âme? 

3. À peu près à ce moment-là, le Palais de la Sécession a envoyé une lettre pour un don de quatre vitrines à ses membres. À l’origine, elles avaient été dessinées, dans les années 1990 pour accueillir les études préparatoires de la frise Beethoven de Gustav Klimt. J’ai été rapide et donc chanceux. En ce moment, dans mon atelier, j’ai trois de ces vitrines posées l’une sur l’autre sur quatre tortues qui sont connues à l’origine pour supporter deux très gros vases devant l’entrée principale du palais de la Sécession. L’absence de ces dessins à l’intérieur des vitrines est visible, la couleur du bois s’est éclaircie autour d’eux. Les cartels, «Les Puissances Ennemies», le thème principal de la frise de Beethoven, sont toujours visibles. Mais les dessins sont partis. 

« L’Humanité souffrante», «L’Aspiration au Bonheur», «Ce Baiser au Monde Entier» sont partis. 

Depuis ces dernières semaines c’est devenu de plus en plus clair pour moi que ces trois matériaux - les figurines en porcelaine cassées, les béquilles et les vitrines avec les tortues sont d’une certaine manière liés et ont une résonance entre eux. Ces matériaux travaillent maintenant sur leur relation. 

Je suis dans un entre-deux, je cherche encore à apporter d’autres matériels dans ce cercle. Je rate, je rate, j’essaye encore. 

J’ai aussi pensé à inclure le paillasson que j’utilisais dans mon deuxième atelier. Il avait été spécialement dessiné pour l’entrée de l’atelier vers 1997, et avait été déménagé dans l’atelier actuel où il était utilisé, jusqu’à ce que je l’intitule «Währingerstrasse» et te l’envoie avec la clef de la porte, il y a un an environ. 

Tout ça pourrait évoluer dans les prochaines semaines. Nous verrons. 

Et j’ai besoin de couleurs, de couleurs...

Amicalement, Hans

 

Artistes

Adresse

Galerie Jocelyn Wolff 78 rue Julien-Lacroix 75020 PARIS ou 43 rue de la Commune de Paris 93230 Romainville 75020 Paris 20 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020