La rencontre # 3

art et architecture, entre espace rural et espace urbain
Exposition
Arts plastiques
Frac Bretagne, Fonds régional d'art contemporain Rennes

L’Hôtel de Rennes Métropole invite le Fonds régional d’art contemporain Bretagne à présenter jusqu’au 1er octobre 2011 une sélection d’œuvres de sa collection. A l’occasion de ce troisième rendez-vous, le Frac Bretagne expose un ensemble d’œuvres où l’art et l’architecture se rencontrent. En dépit de caractéristiques environnementales évidentes, l’écart entre espace rural et espace urbain tend à se réduire. Si des particularités inhérentes à chaque lieu subsistent encore (superficie, architecture, densité de la population, etc.), l’antagonisme entre campagne et ville ne revêt plus la forme abrupte qui tendait à opposer ses habitants. Les moyens de communications et de transports restreignent l’éloignement, favorisent l’information. L’affichage publicitaire en est un exemple, véhiculant les mêmes images au sein d’un bourg ou d’une métropole, diffusant une culture commune. A cet égard, le travail de Shigeo Fukuda est emblématique. Dessinateur, sculpteur, scénographe, designer d’objets du quotidien, il est un des premiers graphistes japonais dont l’œuvre concilie les traditions de la culture nipponne et l’éclectisme tant prisé en Occident. Ses affiches font appel à l’illusion d’optique et aux anamorphoses. Ses portraits de grands hommes – Léonard de Vinci, Shakespeare, Youri Gagarine…– s’adressent à un public cosmopolite. Raymond Hains est principalement connu du grand public pour ses affiches lacérées, réalisées dès 1949. Ce nouveau mode d’appropriation du réel, initié par l’artiste en collaboration avec Jacques Villeglé, étendu ensuite aux palissades, aux tôles puis aux sculptures de trottoir dans les années 90, s’inscrit dans une vision plus globale du monde, celle révélée dès 1945 par la photographie. Les affiches présentées sont extraites du porfolio Biennale éclatée. L’origine de ce projet se situe entre 1966 et 1968, période à laquelle Raymond Hains réalise de grands panneaux de plexiglas présentant l’image déformée par des verres cannelés des catalogues de quelques pays invités à la Biennale de Venise. Plus récentes sont les photographies prises pour une exposition au musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc, sa ville natale. En 2003, le Frac Bretagne s’est associé à la galerie du Dourven pour accompagner ce projet mettant à jour les nombreux liens que l’artiste établit entre les noms de lieux et les noms de personnes. Ce travail fait appel à des souvenirs d’enfance, à des figures historiques et littéraires de la région. Depuis 1994, date de son installation dans une ancienne exploitation agricole à Saint-Méloir-des-Bois, la majorité des œuvres photographiques et filmiques de Vincent-Victor Jouffe tend à produire une représentation du territoire natal. Entre 1996 et 2006, à partir d’un événement modeste, un comice agricole, il a réalisé un ensemble d’images, riche de plus de huit cents éléments photographiques et filmiques. Ce fonds s’est constitué à partir des comices de neuf communes du canton. De l’aube jusqu’à la nuit, cette suite d'images joue avec la quasi identité des lieux et les dimensions répétitives et ritualisées de ce rassemblement communautaire. Comice-Ville es Bret, 1996-2006 en est l’intitulé singulier. Il se raccorde à la fois à la désignation de cette fête rurale mais tout autant au nom du hameau de Saint-Méloir-des-Bois qui désigne depuis 1994 le terme générique du travail de cet artiste. Loin d’ici, au Mali, Malick Sidibé fait l’apprentissage de la photographie auprès du français Gérard Guillat. En 1962, il ouvre son propre studio dans un quartier populaire de Bamako. A l’instar de Seydou Keita, alors maître du portrait malien, Malick Sidibé privilégie le choix des fonds et le jeu des poses mais avec des appareils plus légers et à destination d’une clientèle plus modeste, tout aussi soucieuse de se présenter avec les attributs de l’émancipation (le Mali se prépare à l’indépendance) et de la modernité. Dans ce studio au décor minimal, vêtements et accessoires prennent une importance qui va bien au-delà de la simple reconnaissance sociale. Ces portraits, traduisent la volonté universelle d’enregistrer des moments heureux. Au cours d’un séjour durant l’été 2006 en Côtes d’Armor, Malick Sidibé porte son regard d’Africain sur des Européens, dans les mêmes conditions de prises de vues. Chaque modèle se retrouve hors de son environnement quotidien dans un jeu de miroir avec le photographe et la question de sa représentation. George Dupin, quant à lui, photographie des espaces urbains et l’inscription de volumes architecturaux au sein de leur environnement. Ses images attestent du réel tout en délivrant de l’information. En ce sens, sa démarche est documentaire. En couleur et en noir et blanc, il donne à voir le site de Disneyland Paris et le village « idéal » qui le jouxte. Ses photographies restituent avec une infinie précision les traces laissées par le passage des hommes dans un espace donné. Elles mettent en évidence les mécanismes qui conduisent à la transformation de ces traces en signes qui, eux-mêmes, contribuent à produire du territoire, sorte d’interpénétration entre espace rural et espace urbain. Sur la terrasse, l’arbre de Laurent Duthion devient un symbole de cet écart entre espace rural et urbain. En 2004, il installe dans un jardin de Rennes deux arbres rares choisis pour être sculptés sans nuire à leur croissance. A la suite de ces deux arbres de pleine terre, Laurent Duthion conçoit le Xylocus (version portable). Cette fois, il s'agit d'un olivier en pot, partiellement sculpté lui aussi et comportant des éléments complémentaires tels que pinceaux, crayons, brosses, pinces à linge… Cet arbre greffé n'est pas sans évoquer les questions contemporaines liées à la génétique et à l'écologie. L'arbre devient, au sens premier du mot, matière à réflexion sur la relation à la nature. En 2007, dans le cadre de sa campagne "la Bretagne à croquer, année de la gastronomie", le Comité régional du tourisme, en partenariat avec le Frac Bretagne, passe commande à Yves Trémorin d’un ensemble de supports de promotion, notamment des affiches. Il s’agit d’offrir à un public de touristes, peu initiés à l’art contemporain un portrait de la Bretagne qui utilise l’ensemble des clichés usuels attachés à son identité. Yves Trémorin choisit six produits éminemment symboliques de l’imaginaire collectif dont il propose une vision décalée par le cadrage très serré, le point de vue et l’usage de fonds vivement colorés. Outre les affiches et les cartes postales, Yves Trémorin s’empare d’autres supports tels assiettes, mugs, masques, marque-pages, briquets, badges, tapis de souris, etc. qu’il réunit sous le terme 'Breizhtorythm.’

Complément d'information

Des visites guidées gratuites sont organisées pour le public à 13h30 le mardi 19 octobre, le jeudi 25 novembre et le jeudi 16 décembre 2010. Renseignements et réservation au 02 99 86 62 07

Autres artistes présentés

Shigeo Fukuda
Raymond Hains
Malick Sidibé

Partenaires

Le Frac Bretagne reçoit le soutien du Conseil Régional de Bretagne, du ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Bretagne. Le Frac Bretagne est membre des réseaux « Platform », regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain et ACB, art contemporain en Bretagne.

Adresse

Frac Bretagne, Fonds régional d'art contemporain 19 avenue André Mussat 35 000 Rennes France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020