La postérité du soleil

Eduard Ibáñez et Danilo Sartoni
Exposition
Photographie
Stimultania - 67000 Strasbourg

« La postérité du soleil ». Tel est le titre de l'exposition qui nous guide dans l'univers aux visions brumeuses et voilées des deux photographes, Eduard Ibáñez et Danilo Sartoni. Visages et paysages se mêlent. Rêves troubles et apparitions poétiques se répondent. Les images, telles des présences qui affleurent lentement les photographies, découvrent de nouvelles réalités. Interventions picturales et jeu de matières confèrent aux œuvres une dimension haptique. Échappant à l'objectivité photographique, les deux photographes présentent des mondes à la fois étranges et fictifs.

Danilo Sartoni. Des paysages étales et purs, des vues altérées qui s'étendent derrière des voiles et miroitent dans la lumière. Les atmosphères sont vraies. La chaleur qui s'en dégage palpable. Les couleurs dénaturées. Les paysages se transforment, légers, sous nos yeux. Un mouvement imperceptible. Le voile glisse. Il se déplace. Il se déchire délicatement, subtilement et laisse apparaître ici un bout de champs ou un pan de ciel, là une ligne d'horizon qui court à l'infini et ici quelques couleurs. Des paysages irréels, poétiques, paisibles et précieux.  Aucune narration, aucune anecdote ne vient troubler leur contemplation. Avec ses images fragiles, le photographe révèle l'atmosphère de ces vastes espaces. Il fige des paysages, en capture des intensités et en saisit l'atemporel.

Chez Eduard Ibáñez, les visages se superposent insensiblement à la terre, au minéral, au végétal et à la matière. Ils se perdent au loin et se mêlent inlassablement à la masse. Les visages s'estompent lentement, ne laissant derrière eux qu'une empreinte, un souvenir figé de ce qui était. Pénétrants et sans répit. Ils se dévoilent sous les traits de Méduse à la fois terrible et mélancolique, de la Stabat Mater, Mère en douleur, le regard levé au ciel, les larmes cristallines ou encore de la lune de Méliès ronde et sensuelle. Des portraits mis en scènes. Des présences fortes qui évoquent le rêve et le lointain. Sont-ce soudainement ces matériaux organiques qui se changent en incarnant avec grandeur un symbole historique et culturel ? Ou sont-ce ces allégories qui se métamorphosent et se figent dans la pierre, dans les marques du temps ?

Que ce soit Danilo Sartoni ou Eduard Ibáñez, chacun à sa façon pose la question du médium photographique et lui accorde une nouvelle valeur. Se détachant de la photographie immédiate et instantanée, Danilo Sartoni fait revivre le Polaroïd : il revisite, retravaille ses images et fabrique des compositions picturales. Ce faisant, il utilise la technique du transfert Polaroïd et la ré-insertion de gélatine pour renforcer l'aspect plastique de ses photographies. Chaque image est unique et versatile. Eduard Ibáñez, lui, intervient directement sur ses images. Les étapes se suivent. Résine, matières, glacis, grattages. Rien n'est de trop pour former d'autres visages et inscrire ces figures mythiques dans un environnement fantastique. Dès lors, les couches se superposent, les manipulations se succèdent et les expérimentations se multiplient. Et formant des strates picturales et des matières épaisses elles deviennent presque tangibles sur la surface des images.

« La postérité du soleil ». L'occasion de réunir deux photographes aux langages différents et à l'imaginaire touchant et sensitif. Tirant leurs photographies de leur environnement, ils les dépouillent peu à peu de la réalité, les en éloignent doucement, pour d'emblée les charger d'autres et nouvelles réalités. Des images, des symboles et des sens divers s'imposent. Des paysages et des visages tantôt cachés, tantôt dévoilés, qui viennent et qui vont au gré du temps et des photographies.

[Barbara Hyvert]

Partenaires

en complicité avec la Galerie Vrais Rêves, à Lyon

Horaires

du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h 30

Adresse

Stimultania - 67000 33 rue Kageneck 67000 Strasbourg France

Comment s'y rendre

à 5 min à pied de la gare de Strasbourg
en tram : lignes A/D arrêt Gare Centrale ou Ancienne Synagogue Les Halles – lignes B/F arrêt Alt Winmärik – ligne C arrêt Faubourg de Saverne
en voiture : en provenance de Paris : sortie n° 51 Strasbourg centre, suivre Gare centrale – en provenance de Colmar : sortie n°2 Place des Halles, suivre Gare centrale – parking : Halles P1 Marais Vert, Gare Wodli ou Halles P3 Wilson

Dernière mise à jour le 2 mars 2020