La Palude - Luca Cutrufelli

[non] si passa la frontiera - Giulia Andreani
Exposition
Arts plastiques
Bendana - Pinel Art Contemporain Paris 03

Luca Cutrufelli - La Palude

Le travail de Luca Cutrufelli est intimement lié aux lieux
qu’il est ponctuellement invité à investir et se développe
dans la constante recherche d’une signification profonde,
d’un point de vue tant historico-social que personnel.
L’installation, souvent utilisée par l’artiste, domine
d’emblée l’espace par son écrasant pouvoir évocateur : elle
représente un aboutissement, une synthèse entre une
série de syllogismes inspirés du contexte et de l’expérience
humaine de l’artiste, qui contamine son travail en le
rendant plus mystérieux.
Les oeuvres sur papier qui accompagnent l’installation
deviennent alors des indices permettant de reconstruire
ce parcours mental d’ordre philosophique. À partir d’une
surface noire en charbon, qui représente un tout absolu,
l’artiste, à l’aide d’une simple gomme, fait apparaître des
formes, mieux, des traces de lumière, pour nous guider
vers la compréhension. En effet, Luca Cutrufelli ne dessine
pas ce qu’il voudrait nous donner à voir, au contraire, il
efface ce qui sort du contexte en laissant seulement
apparaître le sens de l’action présente.
« La Palude » (le marais en italien) évoque la partie
stagnante de l’âme, celle ou les pires sentiments
s’accumulent. Mais soudain, des morceaux se détachent
de cette masse, se transforment, ils changent, ils sont
bonifiés. Tout comme à la fin d’une explosion volcanique, à
partir de la même matière, l’âme peut générer des
sentiments antinomiques: certains noirs, lourds
(l’obsidienne) ne peuvent que plonger et rester en
profondeur, d’autres purifiés, légers (la pierre ponce) refont
surface en portant dans leur matière les stigmates de leur
passé.


Maria Chiara Monteleone-Travia

 

Espace ¦ BPAC | Giulia Andreani - [non] si passa la frontiera

Peintre et historienne de l’art, Giulia Andreani allie avec pertinence
histoires et images. Depuis quelques années elle constitue
ce qu’elle nomme son « atlas », formé d’images glanées
sur Internet, mais aussi de stills de films italiens, de photographies
d’archives et d’autres images récupérées. Des images et
des oeuvres qu’elle réinterprète avec toujours la même palette
chromatique, bleutée, grisée. Elle jongle entre figuration, flou,
coulures délicates et effacements volontaires. Ses peintures
recèlent ainsi des messages à décoder de personnages à décrypter.
Elles favorisent des associations culturelles, politiques
et économiques induisant une critique acerbe de notre société.


Julie Crenn


« Non si passa la frontiera senza aver redatto completamente
e consegnata la cedola statistica « - «On ne passe pas la
frontière sans avoir complètement rempli et remis le coupon
statistique»
Cet avertissement aux voyageurs figure dans le passeport
d’Eduardo Cosimo Cammilleri. Le langage administratif est
distant et froid, la formule sonne lointaine, elle appartient à un
italien d’une autre époque.
J’ai rencontré Sophie Cammilleri un soir à Paris. Elle m’a
raconté l’histoire de sa famille paternelle, une histoire
d’immigration comme il y en eut des millions dans les années
1930. Très vite, une collaboration a commencé, un échange
d’ anecdotes, puis de photographies, de documents, de lettres.
Son père est un immigré, un « passeur de frontières » comme
ceux qui s’entassent aujourd’hui dans les petites îles autour
de la Sicile, sa terre d’origine. L’histoire d’Eduardo a traversé
l’Histoire du XXe siècle : les départs massifs du Sud de l’Italie
pour fuir le fascisme et la misère, l’expérience de l’occupation
nazie en France où il est emprisonné à 14 ans, son engagement
dans la Légion étrangère au service du pays qui l’a accueilli, la
guerre d’Indochine...
Fragmentée comme l’est la mémoire, je restitue cette vie dans
un petit corpus d’oeuvres où les souvenirs de vie d’Eduardo
Cosimo Cammilleri constituent une allégorie de la Vie.


Giulia Andreani

Complément d'information

Luca Cutrufelli : galerie Bendana | Pinel Art Contemporain - Giulia Andreani : Espace ¦ BPAC (derrière la galerie)

Horaires

MARDI > SAMEDI 11 H > 19 H

Adresse

Bendana - Pinel Art Contemporain 4 rue du Perche 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

4, rue du Perche 75003 PARIS Métro : - Filles du Calvaire - Saint-Sébastien Froissart
Dernière mise à jour le 2 mars 2020