INTELLECT MADE US BLIND

Exposition
Arts plastiques
Galerie Suzanne Tarasiève - Loft 19 Paris 19
Tout le monde les connaît, les images du code de la route appris pour l’examen théorique du permis de conduire. En 1992, le polonais WAWRZYNIEC TOKARSKI s’inspire de ces images pour une série d’aquarelles. Après des études à l’académie des Beaux-Arts à Gdánsk (Pologne), il poursuit ses études à Stuttgart et à Karlsruhe, où il copie ces situations du code de la route, de manière quasi fidèle : c’est avec ironie qu’il documente les codes et les règles sans lesquelles la circulation routière quotidienne ne pourrait jamais fonctionner. N’est-il pas révélateur, que les hommes acceptent dans la plupart des cas sans se plaindre et sans réfléchir des normes qu’on leur impose ? D’habitude, il n’y a qu’un petit groupe d’intellectuels qui choisit un autre chemin. Il est rare que la masse aspire au changement ; surtout dans la vie politique de tous les jours, qui, depuis les années 80, tant en Pologne qu’en Allemagne, s’est caractérisée par de nombreux bouleversements. TOKARSKI, invité à illustrer le compte-rendu de la filiale de la Deutsche Bank à Varsovie en 1996, déplaçait ainsi le contenu sémantique et donc la fonction des images éducatives du code de la route, mais moins leur aspect formel. Et pourtant, dans ses aquarelles se trouve déjà les prémisses, à peine perceptibles, des nouveaux moyens stylistiques que l’artiste emploiera par la suite dans ses tableaux, ses films et ses installations : des imitations, avec un travail d’insertion hasardeuse ou calculée de petites fautes et de malentendus. >>>>>>> Dans « nos villes », il y a des lieux à l’écart de notre perception visuelle. Ces lieux ou non-lieux : lignes de chemin de fer, hangars, aires de jeux sont comme abandonnés, inhabités, inhabitables, « hors-le-quotidien » et pourtant chargés d’histoires, d’aventures, de mystères et souvent de craintes. TANJA KIMME, artiste allemande, parcourt le monde entier, traque et recense ces espaces improbables, témoins de notre société de ces 50 dernières années, de notre urbanité et pourtant à chaque fois reconquis par la nature, ici Berlin (Allemagne), Sydney (Australie), Newcastle (Royaume-Uni). Photographiés dans le calme méditatif de la nuit, dans l’obscurité d’une lumière surréelle, TANJA KIMME découvre une présence nomade de l’urbanité. >>>>>>> ADRIAN SAUER, jeune photographe allemand, réagit à la disparition du singulier de notre monde. Ses « tableaux photographiques» aux titres simples, froids et standards, Fenêtre, Etagère, Lampe donnent au spectateur une impression d’opacité étrange. Comme matériel de base, l’artiste utilise des photos qu’il prend lui-même, puis qu’il transforme en se réappropriant l’image sur informatique et en retouchant notamment presque tous les détails par des couleurs artificielles. Le résultat ressemble de très près à l’original : l’objet standard, pris en photo, est devenu motif d’une oeuvre singulière. Et de la photographie ne reste qu’une réminiscence, de l’objet standard le paradoxe d’une réalité synthétique.

Autres artistes présentés

WAWRZYNIEC TOKARSKI

& PHOTOGRAPHIES :
TANJA KIMME - ADRIAN SAUER

Horaires

mardi-samedi/11h-19h

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

Galerie Suzanne Tarasiève - Loft 19 5 Villa Marcel Lods 75019 Paris 19 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020