Images à la Fnac Etoile

Exposition
Photographie
GOBELINS, l'école de l'image Paris 13
En marge de ses photographies de commande, Didier Massard développe un travail personnel sur le registre du paysage. Mais il ne sort pas pour autant de son studio, même si ces images ont l'air d'avoir été prises "sur le motif".

Complément d'information

Images

L’art du faux

Lorsque l’on regarde certains films tournés en studio, notamment les comédies musicales américaines, soudain le décor apparaît véritablement comme ce qu’il est : il ne fait plus illusion. C’est alors que l’on savoure avec plaisir l’art de ceux qui l’ont fabriqué et éclairé, que l’on apprécie la qualité des effets de réalisme, voire quelques-unes de leurs imperfections. Décorateur, éclairagiste, Didier Massard l’est avant même d’engager la photographie. Chaque image qu’il nous donne à contempler - et le terme n’est pas trop fort, car il nous renvoie à quelques grands paysagistes de l’histoire de la peinture qui de toute évidence l’ont inspiré-, est l’aboutissement d’une construction lente et minutieuse, patiente, qui s’élabore pièce par pièce, lumière par lumière. Une expérience complétée par un savoir faire technique : les multiples expositions du film en grand format permettent de combiner des éléments de diverses natures, volumes et surfaces, sur plusieurs plans, en bref un ensemble complexe qu’il aurait été impossible de photographier en une seule fois. Nous sommes donc aux antipodes de l’instantané. Et cet ouvrage ne s’offre pas immédiatement, bien au contraire, il se révèle par petites touches : le photographe joue sans cesse entre le réel et son illusion. Une manière de nous rappeler cette fascination qu’exerce le décor d’un théâtre lorsque, enfants, nous assistons à notre premier spectacle. La règle d’or tiendrait en cette formule lapidaire : tout est faux. Qu’il s’agisse des éléments de la nature, du ciel, des édifices ; tout est construit avec d’autres matériaux que ceux de leurs modèles, et bien sûr à une autre échelle. Didier Massard recrée ainsi dans son studio un paysage qu’il n’a pas pu trouver dans la réalité, ou qu’il n’a pas retrouvé, tout ce qu’il a cru voir mais s’est en fin de compte avéré différent de ce qu’il avait en mémoire.

On pourrait alors se demander comment il en est arrivé à cette pratique de la photographie. Car c’est bien de photographie dont il s’agit ici. Tout est conçu et mis en perspective pour être photographié. La photographie est la finalité même de ce travail, mais aussi l’unique trace d’un décor qui disparaîtra après la prise de vues ; même si Didier Massard ne résiste pas à l’envie d’en conserver les pièces significatives qui prendront la poussière en haut des armoires de son studio. Dans sa biographie, on découvre qu’il a été employé aux archives photographiques de la cinémathèque parisienne, lorsque celle-ci était dirigée par le si fameux Henri Langlois. Sans doute l’homme et le lieu qui abrite des décors de films majeurs dans l’histoire du cinéma l’ont-ils marqué. À parler avec lui, on découvre son goût pour Méliès, on apprend également que ses premières expériences professionnelles ont été mêlées à l’univers du cirque ; que nombre d’objets, de lectures, d’images qui nourrissent l’imaginaire de l’enfance, ont pris place dans la maturation de son travail. De tout cela, chacun des paysages, chaque étape de ce voyage dans lequel il nous emmène en porte en effet la marque.

Gabriel Bauret

Un livre "Images", photographies de Didier Massard, publié aux éditions Le Passage, accompagne l'exposition.





Biographies

Didier Massard est né à Paris en 1953. Après son baccalauréat en 1975, il étudie l'Art et l'Archéologie à Paris.
De 1974 à 1975, il est assistant de M. Henri Langlois aux archives photographiques de la Cinémathèque Française à Paris.
Depuis 1975, il collabore comme photographe dans le domaine de la nature morte, du paysage, de l'achitecture, à diverses publications françaises et étrangères, réalise des campagnes publicitaires et photographie des maquettes et des décors de théâtre pour divers théâtres nationaux français.


Expositions personnelles
2000 Stephen Cohen Gallery, Los Angeles
1999 Julie Saul Gallery, New York
Paris Photo, Paris
1998 Robert Klein Gallery, Boston
Julie Saul Gallery, New York
1976 Galerie Il Diafframa, Milan


Expositions Collectives
2002 Constructed Realities, Kansas City
Julie Saul Gallery, New York
2001 Printemps de Septembre, Toulouse
The Noordelicht Photofestival, Groningen
Parrish Art Museum, Southampton
Hasselblad Center, Göteborg
2000 Contemporary Arts Center, New Orleans
Galerie Piltzer, Paris
1999 Marlborough Gallery Chelsea, New York
1998 Nicole Klagsbrun Gallery, New York
1987 Salon d'Automne, Paris
1981 Galerie La Tour de Nesle, Paris


Collections Publiques
City Bank, New York
Museum of Fine Arts, Houston
The Progressive Corporation, Cleveland
The Equitable Corporation, New York
Freid Frank, New York
Deutsches Bank, New York
Musée de l'Elysée, Lausanne


Depuis 1993, après avoir travaillé au magazine Zoom et dirigé la rédaction de Camera International, Gabriel Bauret réalise des expositions en France (pour les Rencontres d'Arles ou la Maison Européenne de la Photographie) et à l'étranger. Il a publié plusieurs ouvrages, notamment aux éditions Assouline, Nathan et à l'école des loisirs. Et parallèlement à son activité de commissaire d'expositions, il est chargé de mission au Luxembourg dans le cadre d'un programme d'aide à la création et enseigne la photographie à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris.

Autres artistes présentés

Didier Massard

Horaires

10h-19h30

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

GOBELINS, l'école de l'image 73 boulevard Saint-Marcel 75013 Paris 13 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020