Il fait beau, je sors

Proposition d'étudiants de l’École nationale supérieure de la photographie à partir des œuvres du Cnap
Exposition
École nationale supérieure de la photographie Arles
Lynne Cohen, Corporate Office, 1977

Lynne Cohen, Corporate Office, 1977. Tirage de 1988. Épreuve gélatino-argentique, 110 x 128 cm (FNAC 88292)

Photographie de Peter Hutchinson, My favorite things

Peter Hutchinson, My Favorite Things, 1992 (Achat à Edition-Galerie Sollertis en 1999, Inv. : FNAC 99058)

Photographie de Paola Pivi, Camion vertical

Paola Pivi, Camion vertical, 1997, Tirage de 2001 (Achat à la Galerie Emmanuel Perrotin en 2001, Inv. : FNAC 01-668)

Pour cette deuxième édition du partenariat entre le Centre national des arts plastiques (Cnap) et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP), quatre étudiants de deuxième année ­(Alfredo Coloma, Apolline Lamoril, Agathe Mouchès et Pauline Wallerich) ­ont conçu une exposition à partir des collections photographiques du Cnap.

Il fait beau, je sors

Il fait beau, je sors : comme un réflexe. Une réponse au dehors qui appelle. Sauf qu’ici, ça dérape. Un écart se produit et l’image ne va plus de soi.

Basculement à la verticale d’un camion déjà renversé, promesse frustrée d’un nom célèbre, perforation d’un tirage : une certaine satisfaction immédiate est refusée. Le réel est malmené, tordu. L’image seule ne suffit plus, il faut aller voir derrière, ou plus loin. Jouer ici le jeu du premier degré, de l’adhésion enthousiaste au monde, du zèle presque maniaque. Là, reprendre ses distances, revenir à un regard froid, clinique.

Irrévérence, maladresse délibérée, méchanceté, plaisir enfantin de déjouer : d’une image à l’autre, c’est une certaine habitude de regard qui se trouve mise en échec. La photographie n’est plus visée pour elle-même, elle n’est plus cette saisie transparente et objective qui permettrait d’atteindre immédiatement le monde. Elle devient matériau, ne prend sens qu’au sein d’un dispositif plus large, couplée à d’autres indices. Elle est œuvre, dans le champ de l’art : celui du paradoxe, de l’ambiguïté. De l’écoute possible des creux, du bruit de fond, du ténu, de la marge.

Les commissaires ont choisi de montrer des images d’artistes dont la pratique se limite rarement à la seule photographie, pour se déployer à travers des œuvres multiformes, aux intentions variées. Par cet accent mis sur un rapport volontiers instrumental, parfois désinvolte, à l’image, cet ensemble oblige à un pas de côté. En réunissant ces œuvres entre les mêmes murs, il s’agissait à la fois de faire entendre l’intensité de chacune et de provoquer des échos, des champs de forces. D’instaurer de nouvelles différences de potentiel.

Artistes exposés : Lynne Cohen, John Hilliard, Douglas Huebler, Peter Hutchinson, Édouard Levé, Walter Pfeiffer, Paola Pivi, Pierre Reimer, Haim Steinbach, Taroop & Glabel, Shoji Ueda, Erwin Wurm.

Le titre de l’exposition est emprunté à l’artiste Pierre Reimer et à son livre Il fait beau, je sors, paru en 1998, aux éditions Firmin-Didot.

Commissaires de l’exposition : Alfredo Coloma, Apolline Lamoril, Agathe Mouches et Pauline Wallerich, étudiants à l’ENSP.

Encadrement pédagogique : Pascal Beausse, responsable des collections photographiques du Cnap et Paul Pouvreau, enseignant à l’ENSP.

Complément d'information

Cette exposition est accompagnée d’une publication en français et en anglais diffusée gratuitement. Des médiateurs accompagneront les visiteurs tout le temps de l’exposition.

Adresse

École nationale supérieure de la photographie

Galerie ARENA
16 rue des Arènes
13200 Arles
France

Dernière mise à jour le 23 mars 2020