Il était une fois un bestiaire

Exposition
Arts plastiques
FRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur Marseille

Saltations, François Mezzapelle, collection Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur, copyright Yves Gallois

La municipalité de Vitrolles a décidé d'aménager une salle d'exposition au coeur de l’école Prairial, afin de créer un espace où la culture va à la rencontre de l’enfant, dans son quotidien. Par sa programmation, ce nouveau lieu privilégiera la pratique artistique et les expositions d’oeuvres, notamment celles de la collection du Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cette première exposition présente une sélection de peintures et de dessins sur le thème du bestiaire. En effet, depuis l’aube de l’humanité jusqu'à nos jours, l’imagerie animale traverse les mythes, hante les représentations et reste un vivier fécond dans lequel les artistes ne cessent de puiser. Ces animaux, tour à tour majestueux ou menaçant, portent souvent le reflet des caractères et des comportements humains.

Complément d'information

Il était une fois un bestiaire

Il était une fois un bestiaire
Gilles Aillaud, Denis Castellas, Joël Kermarrec, François Martin, Alain Séchas
OEuvres du Frac Provence-Alpes-Côte d'Azur


Espace Culturel de l'École Prairial, Vitrolles
exposition du 25 février au 30 mai 2005




Créer un espace culturel au coeur de l’école est un acte politique fort, issu d’une volonté d’éducation à la culture et à sa démocratisation. La municipalité de Vitrolles a donc décidé d'aménager une salle d'exposition à l’école Prairial. Par sa programmation, ce nouveau lieu privilégiera la pratique artistique et les expositions d’oeuvres, notamment celles de la collection du Frac. Ce geste fort permettra de créer un espace de proximité culturelle où la culture va à la rencontre de l’enfant, dans son quotidien. La municipalité de Vitrolles renoue ainsi avec ses partenaires tels que l’Éducation Nationale et la Région.


Cette première exposition présente une sélection de peintures et de dessins de la collection sur le thème du bestiaire. En effet, depuis l’aube de l’humanité jusqu'à nos jours, l’imagerie animale traverse les mythes, hante les représentations et reste un vivier fécond dans lequel les artistes ne cessent de puiser. Ces figures allégoriques portent souvent le reflet des caractères et des comportements humains. Les animaux tels qu’ils prennent vie ou s’immobilisent dans le geste de l’artiste restent pétris d’une métaphore humaine et forment un univers peuplé de bêtes fantastiques, hybrides, mythologiques ou réelles. L'animal sauvage ou domestiqué, réel ou chimérique, y apparaît tour à tour majestueux ou menaçant dans des jeux d’illusions et d’allusions.



Gilles Aillaud - Ours, 1980
Le travail de Gilles Aillaud illustre le thème des animaux dans les jardins zoologiques. Les motifs sont pris sur le terrain, l'artiste fixe sur la toile une portion d'espace et un instant de la vie des animaux, sans lyrisme ni anecdote. La peinture dépasse les limites de la figuration narrative et brosse l'univers artificiel du zoo avec ses faux rochers, ses boxes étroits et ses espaces carrelés à l'instar des salles de bains. "Leur isolement forcé illustre la nature des rapports de domination ambiguë qui lient l'homme et l'animal". Gilles Aillaud montre l'animal prisonnier en soulignant les rapports plastiques que celui-ci entretient avec son environnement ; cette peinture, qui paraît soudain si naturelle dans le contexte d'une "figuration" internationalement retrouvée, bénéficie d'une perception plus attentive à la littéralité des formes.


Denis Castellas - Sans titre, 1998
Denis Castellas dessine au fusain des fragments de personnages ou d'évènements qui semblent se perdre sur les feuilles de papier vierge. L'oeuvre résiste à la classification, elle naît, toujours inattendue, du vagabondage de la pensée. L'artiste crée un univers de fragilité où les esquisses s'estompent légèrement, côtoient et caressent le vide qui devient subitement visible. Les oeuvres sont là, sans références inutiles, avec toute la force de leur vision intime, vision éphémère d'un univers fragile. Le trait timide et ténu se veut discret. Il effleure légèrement les surfaces comme pour dissimuler ses hésitations et tremblements. Il donne ainsi à ces figures tronquées une transparence fluide et résistante à la fois. Cette retenue rempli l'absence d'une contenance qui imprègne l'ensemble de ces réalisations d'une vibration subtile d'où se dégage un grâce toute en suggestion.



Joël Kermarrec - Lug et Neg,1982
Sur ce diptyque, deux lapins sont figés dans leur course. L'artiste joue ici avec les mots : sur le volet gauche s'inscrit le mot Lug, sur le volet droit le mot Neg. Le peintre explique que si l'on enlève les deux lettres g, le mot lune (coupé en deux) se lit sur le diptyque. La marche du lapin, ses zigzags et détours fascinent l'artiste. Il veut tenir un discours qui divaguerait autant que la course des lapins, êtres erratiques. La peinture tachetée évoque l'astre lunaire tandis que les lapins, comme le dit Joël Kermarrec, errent entre la nuit et le jour, entre le non-savoir et le savoir, entre la fécondité et le désir de détruire, entre la possession du temps et sa perte, entre le jeu et le sérieux. "Dans les aventures d'Alice au pays des merveilles, comme dans l'oeuvre de Joël Kermarrec, le lapin côtoie des cartes à jouer, un visage d'enfant et les préoccupations du temps.


François Martin - Les petits oiseaux méchants, 1995
Les oeuvres de François Martin se constituent et se construisent autour de collages fragiles, d'associations de formes et de sujets peints à la hâte, d'une main distraite, rageuse ou épuisée. Tout son catalogue d'images est représenté sur fond de tâches, de coulures, de ratures et de graffitis variés. L'oeuvre de François Martin est profondément étrangère à la mythologie comme horizon originaire ou récit indépassable. Rien n'est plus absent de son sentiment des choses que le ressentiment héroïque, il se tient dans l'insistance infime du présent multiple. Ces oeuvres retournent toute perspective entropique, sans destin ni destination ; elles se souviennent du chaos comme de ce qui advient et dansent comme au premier jour sur la boucle insensée du monde épars. C'est leur triomphe de s'ouvrir à l'ordre improbable du ténu, du divers, de l'instable, "ce champ fragile où il s'agit de tenter l'organisation du disparate au plus loin possible du précaire".


François Mezzapelle - Et le monde va, 1992 / Saltations, 1988
Amorcée au début des années 80 et définitivement ancrée dans un processus de bestiaire avec Saltations (1988), l'oeuvre de François Mezzapelle en appelle au grotesque. Les inimitables personnages qu'il a créés sont tout autant hybrides, étranges et inqualifiables. Qu'ils soient dessinés ou sculptés, ils peuplent une sorte de planète du dérisoire constituée de gnomes, de bestioles à l'allure ridicule, à mi-chemin entre l'humain et l'animal. L'échelle réduite des êtres ne rend pas immédiate leur expression grotesque. L'aspect ludique de l'ensemble offre au spectateur l'illusion de croire à une échappatoire possible de l'effet miroir.


Alain Séchas - Le chat cible, 1998
Alain Séchas met en scène des chats singulièrement humains qui s'imposent à nous comme dans un dessin animé. Apparus en cours de route dans son oeuvre, les chats forment une sorte d'interface entre le récit, le spectateur et l'artiste. Signature provisoire, ils endossent toutes les responsabilités, tous les rôles, se soumettent aux situations les plus extravagantes. Prétexte à l'observation, le félin se trouve mis en scène dans des représentations anthropomorphes déclinant les travers du genre humain. La dualité de la représentation opposant une imagerie enfantine et des thèmes difficiles de la violence quotidienne (suicide, cambriolage, agressions sexuelles...) interpelle le visiteur, plus voyeur que spectateur. Les formes sont épurées au maximum et les scènes sont figées telles des instantanés. Alain Séchas mêle indifféremment peinture, sculpture, dessin, son, vidéo mais l'oeuvre reste néanmoins toujours stigmatisée par le dessin. Pour l'artiste, elle ne doit pas seulement étonner mais aussi sidérer, provoquer un arrêt momentané, une énigme, une petite violence. En contrepoint, il établit un flux entre l'objet de l'oeuvre et sa perception, une fluidité toute perceptible dans le trait, la courbe des formes mises en oeuvre et dont le spectacle de l'exposition est partie prenante.

Espace Culturel de l'École Prairial Quartier des Hermès 13027 Vitrolles / tél. : 04 42 89 40 92
Contacts : Jean-Claude Mondoloni, directeur et Édith Moigne, conseillère pédagogique arts plastiques / tél. : 06 09 97 44 55

Fonds régional d'art contemporain Provence-Alpes-Côte d'Azur 1, place Francis Chirat 13002 Marseille
tél.: 04 91 91 27 55 / fax : 04 91 90 28 50 / e-mail : info@fracpaca.org / contact : France Paringaux

Adresse

FRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur 20 boulevard de Dunkerque 13002 Marseille France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020