Frédéric COCHE, Laurent FIEVET, Asi FÖCKER, Sanna KANNISTO, Natasja VAN KAMPEN, Benjamin NACHTWEYN, Marie-Amélie PORCHER - SANS FRONTIERES

Exposition
Arts plastiques
Galerie La Ferronnerie Paris 11

Frédéric COCHE
Carte des vents du Monde, 2016
eau-forte, édition de 8
30 cm x 40 cm
©Galerie la Ferronnerie, Paris

Natasja van Kampen

 

Le Paradis, en tant qu’espace résiduel, 2013, pointe feutre sur gesso, argile, latex sur table en bois

 

‘Pour le projet dessiné ‘Le négatif du négatif, ou la cartographie du paradis en tant que forme résiduelle’, il s’agissait pour moi de cartographier toutes les guerres du monde,

une tentative pour  trouver un endroit encore préservé sur la terre : Le Paradis.

 

La carte du monde sur table est construite en hauteurs variables, afin de représenter  l’importance et la quantité de conflits et de guerres pour les différentes régions du monde. Cela contribue à créer, par exemple, une sorte d’Everest en Europe, un Matter Horn au Moyen Orient…

La mémoire (collective) que j’ai, d’un point de vue d’occidentale, n’est pas seulement basée sur des informations, mais est également façonnée par mon environnement culturel. Ainsi, un européen pourra  avoir des difficultés à trouver en Europe un endroit épargné par la guerre, et dira ‘Je vais chercher en Amérique du Sud’, alors que pour un sud américain, ce sera l’inverse. Par ailleurs, il faut être attentif à qui écrit l’Histoire, la victoire des uns représentant un désastre militaire pour les autres.

Il suffit de se rappeler du bombardement de Dresde, ou bien de cet évènement  commémoré par un jour férié en Afrique du Sud : un convoi de chariots avait résisté aux assauts de l’armée Zoulou. Ce jour férié a récemment changé de nom, le point de vue sur cette bataille ayant évolué, il était important de lui conférer une résonnance plus objective’. 

                                                                                                     

Laurent Fiévet, ensemble Whistle, 2012-2015

 

Tout en renvoyant étroitement aux dispositifs, aux objets et aux images déployées dans la série d’installations Épreuves du Temps, la série Whistle se compose de montages qui constituent,

comme dans Swing High, Swing Low, autant de variations autour d’un motif commun :

une femme saisie dans la contemplation d’un ou plusieurs oiseaux en cage.

 

Sûres d’elles-mêmes ou plus intimidées, celles-ci manifestent, dans les extraits filmiques remaniés dans des jeux de va-et-vient, différents degrés d’affirmation face à l’existence qui traduisent tantôt une résolution à prendre leur destin en main, tantôt une certaine passivité face à leur entourage.

A travers les différentes attitudes présentées, une forme d’émancipation semble, par moments, esquissée dont la cage, objet explicite d’enferment, propose une dimension métaphorique.

 

A travers le sifflement qu’elles adressent aux oiseaux et la symétrie des plans dans lesquels ils figurent conjointement, un processus d’identification s’engage en effet progressivement entre les personnages et les volatiles. Comme saisies entre espoir et frustration, effet de projection et repli,

les figures féminines se retrouvent comme confrontées à elles-mêmes en les regardant s’agiter,

dans une série de modulations autour du désir féminin qui exprime selon les cas, tantôt une forme

de détermination à réaliser leurs rêves, tantôt un renoncement à les voir se concrétiser.

 

 

D’un autre point de vue, ce rapport entre extérieur et intérieur engage plus simplement une réflexion sur le rapport de la figure au cadre de la représentation, voire des différents liens que le spectateur est susceptible de tisser entre lui et l’image filmique dont chacun des plans, grâce au regard des personnages et l’effet de surcadrage qu’y introduisent chacune des cages qu’ils observent, proposent une illustration. A moins que l’on considère que dans ce processus de mise en abyme, ce soit l’adhésion aux œuvres vidéo présentées qui se trouve discrètement interrogée à travers ces femmes attentives, leurs attitudes étant susceptibles de renvoyer à celles des spectateurs rassemblés dans l’espace d’exposition. Leurs sifflements se transformeraient ainsi en commentaires plus ou moins incisifs tandis qu’une forme d’auto-critique serait à l’oeuvre.

Commissaires d'exposition

Horaires

du mardi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 13h à 19h

Adresse

Galerie La Ferronnerie 40 rue de la Folie Méricourt 75011 Paris 11 France

Comment s'y rendre

Métro : Oberkampf et Parmentier
Dernière mise à jour le 2 mars 2020