Francis Raynaud

Francis Raynaud, Équilibre imbécile ou stupide

Équilibre imbécile ou stupide, 2017
Massues de jonglage, aimants, résine époxy
Vue de l'exposition à la Galerie Art & Essai, Université Rennes 2, 2017

Biographie

Né en 1984 à Clermont-Ferrand. Vit et travaille à Rennes.

Animant sa production dans ses dimensions tant théoriques que formelles, ce principe de capillarité soutient une logique de métamorphose qui, de manière récurrente, caractérise l'approche sculpturale de Francis Raynaud. On pense ainsi à l'éponge, au sucre ou au beurre – fréquemment utilisés dans la composition de ses objets -, des éléments instables dont le devenir informe contamine leur environnement d'un sursaut d'aléatoire. Il y a une dynamique perpétuelle d'indétermination dans cette manière de faire de la sculpture, et sa finalité critique ne semble pas tant être dirigée contre l'institution que vers le spectateur, invité à partager une expérience intrusive et dégénérescente de la matière. Le parallèle avec la fonction métabolique du corps n'a ici rien d'anodin pour cet artiste ayant reçu une formation de cuisinier ; on pourrait même se demander si le corps, chez lui, ne constitue pas le support ultime de l'œuvre, dans une pratique inversée de l'art corporel. Ses expositions s'adressent ainsi non seulement aux sens, mais suggèrent une forme altérée de perception, laquelle s'incarne dans cette référence répétée à l'alcool, circulant à la surface des pièces où il s'infiltre comme dans les organes du public-consommateur. Dans cette familiarité confuse qui unit les œuvres et le public, les changements d'états exacerbent les phénomènes d'étrangeté, conduisent à l'impossible définition de la profonde nature des choses.

Extrait du texte Toujours trouble de Franck Balland, 2016

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Francis Raynaud’s production is informed by both theoretical and formal dimensions, and his sculptural approach is recurrently characterised by its metamorphic logic, which relies on this principle of permeation. Sponges, sugar, or butter come to mind – materials he often uses in the composition of his objects –, unstable elements whose shapeless prospect contaminates their surroundings with a jolt of randomness. There is a perpetual dynamics of indetermination in his way of making sculpture, and its critical purpose does not seem to be directed against the institution so much as at the viewer, who is invited to share in an intrusive and degenerative experience of matter. There is nothing coincidental about this correlation with the body’s metabolic functions in the work of an artist who was originally a trained cook; one may even wonder if the body, in his case, is not the ultimate medium of the work, like a sort of reverse form of body art. His exhibitions are not only directed at our senses, but also suggest an altered form of perception, embodied in repeated references to alcohol, which circulates at the surface of his works, as if it were meant to infiltrate the organs of the public/consumers. In this indistinct familiarity that links the works to the public, the changes in state exacerbate strange phenomena and bring about an impossible definition of the profound nature of things.

Excerpt from Frank Balland’s text Toujours trouble, about the exhibition La Mer vineuse at Passerelle, Centre d’art contemporain, Brest, 2016.

Site internet et réseaux sociaux

Source

Documents d'artistes Bretagne - Partenariat Centre national des arts plastiques / Réseau documents d'artistes.

Dernière mise à jour le 30 juillet 2020