Extrait (tôle, choc) Barricade

Exposition
Arts plastiques
L'Assaut de la Menuiserie Saint-Étienne

Extrait d'un entretien réalisé avec Gaël Charbau, commissaire d'exposition

 

Gaël Charbau : Tu travailles avec ces containers qui renvoient à l’imaginaire du voyage, du transport, du déplacement. Tu utilises une technique qui les met littéralement à plat, en les martelant. Tu figes dans une forme définitive un objet porteur d’histoires. Quel sens cela a-t-il ?

 

Kevin Rouillard : Je crois que dans un sens, j’essaye d’être la dernière étape de ces bidons. Pour la plupart, ce sont des objets qui ont effectivement déjà voyagé, qui ont déjà été recyclés. On peut découvrir dans certains d’entre eux des étiquettes qui témoignent de ce passé. Ce n’est pas quelque chose que je mets réellement en avant, mais ce n’est pas non plus une mémoire que j’essaie d’annuler. L’œuvre finale est d’une certaine manière indifférente à ce qu’il a pu contenir…

 

G.C. : En découvrant toute cette série, on pense bien sûr au pop art, mais aussi à la peinture américaine « color field ». Est-ce que ce sont des influences que tu revendiquerais ?

 

K.R. : Ce sont bien sûr des œuvres que j’ai pu voir largement aux États-Unis. L’année dernière, je me suis mis un peu en retrait pour réfléchir à ces questions des influences. Quand j’ai senti que j’étais dans quelque chose de répétitif, de récurrent, je me suis arrêté pour prendre du recul et être sûr que je devais poursuivre dans cette voie. Aujourd’hui, j’ai réalisé plus de cent pièces. J’ai éprouvé le besoin de « vérifier » en quelque sorte ces œuvres en restant trois mois aux États-Unis. J’avais besoin d’emmagasiner un corpus de formes, de style, pour être pleinement conscient de ma pratique et ne pas me rendre compte après-coup que quelque chose existait déjà, que je n’aurais pas vu.

 

G.C. : Quel statut donnerais-tu à ces œuvres ? S’agit-il de peintures ready-made, de sculptures, de bas-reliefs ?

 

K.R. : C’est avant tout leur titre qui les qualifie : « Extrait tôle-choc ». C’est un titre que j’ai défini justement pour éviter d’avoir à les classer et toutes les pièces portent ce nom. C’est un objet dynamique, qui touche à plusieurs domaines. Je n’ai rien contre le fait qu’on puisse les catégoriser, mais pour ma part, je m’y refuse, je considère que ce n’est pas à moi de le faire. J’aime entendre les commentaires qui proviennent des spectateurs ou du milieu de l’art, qui tentent de circonscrire cet objet. De mon côté, j’essaie de me dégager d’un rapport trop personnel à ces formes.

 

G.C. : Alors que le format et le mode de présentation pourraient s’y apparenter, il n’y a aucun geste lié à la peinture…

 

K.R. : Non, si je devais les rapprocher de quelque chose, ce serait plutôt de certaines recherches des artistes du mouvement Support-Surface, à des œuvres de Pagès peut-être. Je me sens assez proche de certains de ses travaux. J’ai l’impression d’être de moins en moins dans un élan de création « pure », mais plutôt dans une logique de recyclage, de redistribution de formes existantes.

Artistes

Partenaires

la Ville de Saint-Etienne, la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département de la Loire, Radio Dio, .CORP

Horaires

du mardi au vendredi de 15h à 19h, le samedi de 14h à 18h et sur rendez-vous fermeture les jours fériés

Adresse

L'Assaut de la Menuiserie 11, rue Bourgneuf 42000 Saint-Étienne France

Comment s'y rendre

tramways : lignes T1 et T2, arrêt Grand Gonnet train : arrêt Gare de Carnot (45 minutes de Lyon / 2h45 de Paris)
Dernière mise à jour le 2 mars 2020