L’expérience débute il y a trois ans avec un groupe d’amateurs de Vélizy. Nous avons souhaité les impliquer dans la conception d’une exposition construite à partir d’un choix de photographies qui leur serait proposé. L’idée était de leur faire rencontrer des collectionneurs et des collections publiques, et de leur faire prendre conscience de l’engagement de l’État dans l’achat d’œuvres d’art, avec pour objectif leur diffusion.
Naturellement, nous nous sommes rapprochés de Pascal Beausse, conservateur de la section photographie au Cnap, que nous connaissions et que nous avions déjà sollicité pour une autre exposition de photographie. Il connaît de nombreux artistes. Nous aurions pu construire ce partenariat avec plusieurs collections publiques, mais nous avons choisi de nous adresser uniquement au Centre national des arts plastiques, afin que notre public puisse appréhender l’ensemble d’une collection, dans le cadre d’un projet très didactique.
À l’occasion de cette visite des collections, on pénètre dans une petite maison, puis tout se déroule ensuite en sous-sol. Pascal nous a présenté son métier de conservateur, spécifiquement celui lié à la collection photographique, avant de nous emmener dans les réserves. L’impression est forte face à la dimension des rayonnages, dits en forme d’épis, sur lesquels cohabitent aussi bien des photographies que des peintures. C’est une véritable découverte de la caverne d’Ali Baba.
Nous nous sommes attachés à de grandes thématiques, comme le portrait et plus particulièrement l’autoportrait, la nature morte et le paysage. C’est le cas, par exemple, pour Raphaël Zarka, dont nous avons sélectionné une série de photographies. Le projet s’est monté en environ trois mois et, comme vous le savez, emprunter des œuvres lorsque l’on arrive tardivement avant une commission implique de composer avec les œuvres disponibles.
La sélection a donc été resserrée ou modifiée en fonction de la disponibilité des œuvres : si elles étaient déjà empruntées, en cours de restauration ou à encadrer. Cela a permis au groupe de comprendre comment une sélection pouvait évoluer en fonction de contraintes très concrètes. Les amateurs se sont particulièrement rendus disponibles au moment du montage, pour installer les œuvres et les cartels. Ils ont également été pleinement impliqués dans la rédaction des textes de l’exposition, afin de favoriser le regard qu’ils portaient sur les œuvres.
Le Cnap est entré pleinement dans le jeu de ce projet, conçu comme une expérience en direct. Il a accepté de prendre ce risque avec nous, en faisant participer le public à la création d’une exposition.