Exposition Simon Morley

Albert Camus : oeuvres
Exposition
Arts plastiques

Le travail de Simon Morley interroge la relation formelle entre le mot et l'image, perturbe les fonctions référentielles du language et de la perception, de la mémoire et de la connaissance, à travers de multiples supports : peinture, objet, vidéo, installation, écriture.

L'exposition présentée à la galerie Scrawitch rend hommage à Albert Camus mais aussi à sa maison d'édition, Gallimard, où ce dernier exerçait également comme éditeur. La superbe typographie de la NRF a inspiré les "Book-paintings". D'autres pièces, notamment une vidéo ou une série d'empruntes relevées par frottage sur les lieux où Camus vécut et travailla, évoquent la mémoire et l'oeuvre d'Albert Camus.

Simon Morley : "M'intéressent les interactions entre le mot et l'image - entre ce qui relève du domaine de l'écrit et du visuel - entre le passé et le présent, entre hier et aujourd'hui. J'explore souvent les déplacements entre les différences culturelles et les différents types de média - ce qui arrive quand un médium (par exemple un livre) est transposé en un autre (par exemple une peinture). Je veux inscrire ma pratique plastique dans des contextes culturels variés et ne suis pas spécialement intéressé par l'expression de soi mais davantage par les potentiels d'expression d'un medium.

Le monochrome caractérise visuellement nombreuses de mes oeuvres. À distance le spectateur ne voit qu'un rectangle de couleur. Texte et image apparaissent en s'approchant. Les couleurs peuvent être choisies intuitivement ou bien en fonction du sujet des livres et de leur édition originale ou bien encore selon l'espace d'exposition. Texte et image sont toujours peints juste un ton plus sombre que le fond et l'image réduite à un simple clair-obscur. Texte et image sont le plus souvent dessinés en relief par l'application de nombreuses couches successives de peinture. Au final la lecture des informations et signes à la surface du tableau est plus tactile - dépend plus du sens du toucher que de celui de la vue. Je souhaite ralentir et compliquer la perception visuelle, brouiller la différence entre vision et lecture. Je perturbe la relation entre fond et forme - la différence entre ce qui est perçu et lu et ce qui ne l'est pas. Je suis intéressé par l'activité cognitive impliquée dans la transition de la perception d'un champ de couleur à celle d'un champ linguistique, et vice versa. L'effet produit peut aussi être interprété plus symboliquement : les livres peints sont des livres fantômes ou des spectres. Ils ont une étrange présence dans un entre-deux. Peut-être sont-ils mon élégie à la culture analogique du livre maintenant dépassée par les technologies numériques."

Simon Morley est un artiste britannique. Il vit entre la Corée du Sud, l'Angleterre et la France. Il a étudié l'histoire à l'Université d'Oxford avant de se tourner vers les beaux-arts à Goldsmiths à Londres. Il a récemment terminé un doctorat à l'Université de Southampton dans lequel il relie sa pratique plastique à l'esthétique et la philosophie asiatiques. De nombreuses expositions personnelles lui ont été consacrées, récemment au Artsonje center à Séoul, à Art first à Londres, Taguchi fine art à Tokyo et au Musée des beaux-arts de Dijon. En 2014 il a participé à l'exposition "Universal studios" au Musée des beaux-arts de Séoul. Simon Morley est également l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Writing on the Wall: Word and Image in Modern Art" (Thames & Hudson) - "L'art, les mots" (Hazan) pour la traduction française et "The Sublime" (Whitechapel: Documents in Contemporary Art). Il enseigne à l'Université Dankook en Corée du Sud.

Artistes

Dernière mise à jour le 2 mars 2020