Exposition innaugurale : Un voyage en Norvège d'Olivier Debré

Exposition
Arts plastiques
CCC OD Tours

 

Avec l’exposition « Olivier Debré. Un voyage en Norvège », présentée dans la galerie blanche, le ccc od fait le choix de montrer une facette méconnue et surprenante de l’œuvre du peintre. Bien que Debré ait voyagé en Norvège à de multiples reprises de 1966 à 1998, les peintures qu’il y a réalisées ont jusqu’alors été très peu diffusées en France. Si le prisme du peintre voyageur a souvent été utilisé pour aborder sa peinture, il semble que l’historiographie ait fait l’impasse sur cette destination qui est pourtant l’une des plus récurrentes et, plastiquement, l’une des plus riches. Si l’artiste a énormément voyagé au cours de sa carrière, c’est dans la Loire qu’il trouve un point d’ancrage immuable, la quittant pour toujours y revenir. Désormais, la présence de Debré au ccc od matérialise cet éternel retour à la Loire.

La Loire est le paysage mental central dans le travail de Debré, l’épicentre de cette quête insatiable qui l’amena à voyager à travers le monde, et en particulier vers une destination privilégiée : la Norvège. En regard des œuvres norvégiennes de l’exposition, il apparaissait donc nécessaire de présenter une toile de Loire. L’espace central de la galerie blanche, cœur de l’exposition et point névralgique dans la déambulation du visiteur, accueille ainsi une œuvre monumentale. Celle-ci permet en outre de prendre la mesure des nombreux contrastes qui existent entre les peintures de voyages et les peintures de Loire à commencer par le format. Il faut évidemment voir dans les disparités de formats des raisons pratiques : les déplacements nécessaires à tout voyage ne permettaient pas à Debré de travailler de la même manière qu’à l’atelier. Cette question du format des œuvres a d’ailleurs été envisagée à travers un accrochage contemporain tenant compte des particularités de l’architecture des frères Mateus. Le ccc od a pris le parti d’aller au-delà d’un accrochage classique auquel on cantonne généralement la peinture de Debré. Restant dèle à l’esprit de création et de pluridisciplinarité du centre d’art, l’exposition prend ainsi le parti de faire dialoguer les peintures nordiques de Debré – de dimensions parfois modestes - avec une architecture aux volumes généreux et aux caractéristiques solaires. Cette conception in situ de l’exposition rappelle la manière dont avait été pensée celle qui s’était tenue au ccc en 1991 : « Olivier Debré. Quatre tableaux »3 . Il avait alors été commandé au peintre quatre œuvres dimensionnées aux murs des locaux, situés à cette époque rue Racine – le spectateur pénétrait ainsi littéralement dans la peinture.

Si l’enjeu est différent cette fois, les espaces de la galerie blanche, aux proportions et à la luminosité très variées mettent en valeur par contraste  les paysages très divers et très colorés expérimentés par l’artiste au gré des saisons norvégiennes et de ses déplacements dans le pays. L’accrochage joue encore avec l’architecture lorsqu’il s’agit d’aborder de façon sensible la question centrale de la peinture de Debré : l’articulation entre abstraction et travail sur le motif. L’artiste adhérait en e et à certaines idées quant à la signi cation des couleurs. Pour lui, le bleu, en tant que teinte immatérielle et spirituelle, était celle qui se rapprochait davantage des couleurs abstraites - ou non-couleurs : le blanc et le noir -, à l’inverse des autres couleurs dont la matérialité les ancrait davantage dans la terre. L’espace de la galerie blanche permet de faire la démonstration de la pensée de Debré à travers l’exemple parlant proposé par les peintures norvégiennes qui, tantôt, tentent de saisir une clarté fugace ou bien au contraire de signi er la pesanteur concrète et l’hostilité dramatique de la nature norvégienne. L’accrochage joue ainsi sur les hauteurs sous plafond et plus généralement sur les proportions des di érents espaces de la galerie blanche pour mettre en valeur ces œuvres aux caractéristiques si protéiformes. Que les toiles dialoguent entre elles ou qu’elles soient exposées seules, leurs couleurs et leur luminosité sont encore rehaussées par la sobriété blanche de l’architecture. Ainsi, si certaines des œuvres présentent des dimensions réduites, le spectateur est malgré tout dans la peinture, celle-ci irradiant les grands murs blancs des teintes éclatantes caractéristiques des œuvres norvégiennes de Debré. Ce parti pris inédit accorde aux œuvres un véritable espace, une ample respiration favorisant une relecture plus actuelle de la peinture de Debré.

C’est ainsi au sein d’un accrochage contemporain que l’exposition peut rendre compte des sujets récurrents de la production norvégienne. Se confondant indiscutablement avec les voyages dont elles furent l’objet, les toiles révèlent d’elles-mêmes ce qui a touché et impressionné l’artiste ; elles retracent les trajets et reconstituent les habitudes peu à peu prises par Debré dans ce pays. L’exposition fait ainsi la part belle à plusieurs séries très révélatrices de l’expérience norvégienne du peintre. Les toiles du soir, peintes à « Lysne » , voisinent avec les blanches immatérielles d‘hiver. Les compositions de montagne, à la pesanteur a rmée, se mêlent par endroits aux impressions colorées traduisant les changements de saisons ou les brusques revirements du climat. L’élément marin, perçu quant à lui de façon très synthétique, établit un contraste éloquent par rapport à la série des stavkirker (stavkirke au singulier, littéralement, église en bois debout), résultant clairement d’une étude directe du motif.

Tarifs :

Tarif plein : 7 € / Tarif réduit : 4 €

Commissaires d'exposition

Artistes

Partenaires

Mission Val de Loire, Centre Pompidou, Ambassade de Norvège, Kunstakademie ,Jeu de Paume, Musée d'Art Contemporain de Barcelone, Chateau du Rivau

Adresse

CCC OD Jardin François 1er 37000 Tours France
Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 2 mars 2020