Exposer le récit ― Philippe Artières (4|8)

ESADMM - 13288 Marseille

© Couverture du livre "Des routes. Accrochage" de Philippe Artières paru chez Pauvert en 2018.

 

Exposer le récit.
Pratiques historiennes, artistiques et curatoriales

Un séminaire des Beaux-Arts de Marseille en partenariat avec le Mucem, le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Collège International de Philosophie.

Une proposition de Vanessa Brito, professeure aux Beaux-Arts de Marseille et directrice de programme au Collège International de Philosophie

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Séances 4|8 des jeudi 16 et vendredi 17 janvier 2020

jeudi 16 janvier 2020 de 18h30 à 20h (Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, plateau multimédia) :

"Des routes. Accrochage". Lecture-projection de l’historien Philippe Artières

Convoquant la littérature, la psychanalyse, le cinéma, la photographie et même les manuels de conduite, Philippe Artières montre comment la route, loin d’être un simple moyen de se rendre d’un endroit à un autre, devient un lieu en soi, avec son régime propre d’inscriptions, des inscriptions qui ont le pouvoir extraordinaire de construire des espaces nouveaux, propices à la fiction.

vendredi 17 janvier 2020 de 11h à 13h (Mucem, I2mp) :

L’accrochage de récits comme opération historienne : rencontre avec Philippe Artières

"À mes yeux, l’historien n’a pas pour tâche de ‘faire parler’ une représentation mais de permettre une juste confrontation avec le présent, de ‘faire entendre’ le mieux possible des ensembles de représentations/archives. Cette justesse passe par un travail d’écriture que l’on pourrait qualifier de montage et même d’accrochage." (P. Artières).

Cette écriture en accrochages, mise en œuvre dans Des Routes, met en regard des textes de nature différente (souvenirs, listes, documents administratifs ou extraits d’œuvres littéraires) pour chercher à provoquer des intelligibilités inédites. Le livre devient un lieu d’exposition de son dispositif d’écriture où le lecteur construit son propre parcours.

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Un "retour au récit" se manifeste aujourd’hui au sein de l’histoire et affecte plus largement les sciences sociales et les arts visuels. Quelles en sont les causes ? Pourquoi chercheurs et artistes se tournent-ils vers le récit ?

À l’ère dite de l’Anthropocène, le sentiment de vivre dans un monde usé qui semble courir à sa perte suscite la nécessité de fabriquer de nouveaux récits pour retisser des liens entre l’existant et composer de nouvelles trames spatio-temporelles susceptibles d’ouvrir des possibles non-advenus et de contester toute forme de déterminisme. Ce séminaire se propose de saisir comment artistes, historiens ou anthropologues cherchent à déployer la dimension politique du récit à travers un certain nombre de gestes et de préoccupations communes : renoncer à la position de surplomb ; interroger sa propre situation d’énonciation ; chercher à égaliser les discours et à refuser toute hiérarchie des autorités ; tenter d’élargir le récit et d’en faire une forme inconditionnelle d’accueil, un espace ouvert aux fantômes, au refoulé et à l’exclu qui prend en considération une multiplicité d’êtres et de voix nécessaires à l’ouverture d’un espace démocratique.

S’intéresser à ces mêmes gestes nous permettra de mieux comprendre comment les sciences humaines et sociales influencent les potentialités narratives des écritures filmiques et photographiques, mais aussi comment le cinéma et l’art contemporain renouvellent l’essai et l’énonciation historique. Comment les artistes définissent-ils les enjeux des réécritures de l’histoire qu’ils proposent ? À quelles expériences artistiques et curatoriales s’ouvrent les historiens ?

L’historiographie étant par excellence le lieu d’exposition de la fabrique du récit, nous nous intéresserons aussi bien aux rêves d’histoire de Philippe Artières qu’aux recherches sur l’histoire empêchée que mènent actuellement Romain Bertrand et Patrick Boucheron pour ouvrir le récit et raviver la force subversive de la description. Nous porterons également notre attention à des pratiques cinématographiques et photographiques expérimentales (film performatif, conférence performée, projection parlée) qui croisent différents langages et supports pour chercher leur propre forme et dispositif d’écriture. Le travail de Silvia Maglioni et Graeme Thompson, Uriel Orlow ou Filipa César, entre autres, nous permettra de saisir comment le cinéma élargi expose le récit à son propre éclatement spatial, en rejouant son caractère hétérogène, discontinu, décentré, lacunaire ou partiel.

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Séances suivantes :

5/8
"Un film dramatique" : projection du dernier long métrage d'Eric Baudelaire en présence de l'artiste
jeudi 27 février 2020 de 18h à 20h (Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, plateau multimédia)

"When There is No More Music to Write" : rencontre avec Eric Baudelaire (artiste, Prix Marcel Duchamp 2019) et Maxime Guitton (historien de la musique)
vendredi 28 février 2020 de 11h à 13h (Mucem, I2mp, salle Meltem)

6/8
"Grey, Green, Gold (and Red)" : conférence-performance de l’artiste Uriel Orlow
jeudi 12 mars 2020 de 18h30 à 20h (Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, plateau multimédia)

"Theatrum Botanicum" : rencontre avec Uriel Orlow
vendredi 13 mars 2020 de 11h à 13h (Mucem, I2mp, salle Meltem)

7/8
"Story Telling for Earthly Survival" de Fabrizio Terranova. Projection en présence du cinéaste
jeudi 2 avril 2020 de 18h30 à 20h (Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, plateau multimédia)

Le récit comme force propositionnelle : rencontre avec Fabrizio Terranova
vendredi 3 avril de 11h à 13h (Mucem, I2mp, salle Meltem)

8/8
"Qui a fait le tour de quoi ? Magellan, conte de faits en 5 épisodes". Lecture de Romain Bertrand (historien)
mercredi 6 mai 2020 de 18h30 à 20h (Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, plateau multimédia)

"Le Détail du monde" : (d)écrire, entre histoire et littérature. Rencontre avec Romain Bertrand
jeudi 7 mai 2020 de 11h à 13h (Mucem, I2mp, salle Meltem)

Adresse

ESADMM - 13288 184, avenue de Luminy 13288 cedex 9 Marseille France
Dernière mise à jour le 2 mars 2020