Et si on recommençait ? Hommage à André Raffray

Exposition
Arts plastiques
Les coopérateurs Limoges

Suite au décès d’André Raffray en janvier 2010, le FRAC Limousin a souhaité rendre hommage à l’artiste de renom très présent dans sa collection. L’hommage se présente sous la forme d’un duo Raffray / Di Matteo. La rencontre Di Matteo / Raffray. Au début des années 1990, l’artiste italien Gabriele Di Matteo s’intéresse aux couvertures des livres de biographies d’artiste et commence la reproduction de ces images sur toiles de grands formats. Ses recherches de livres biographiques lui permettent de découvrir un livre pour enfant réalisé à l’occasion de l’ouverture du Centre Pompidou à Paris en 1977 : « La vie illustrée de Marcel Duchamp avec 12 dessins d’André Raffray ». Di Matteo entreprend la réalisation de la couverture ainsi que des 12 pages illustrées du livre à la peinture à l’huile sur toile (189 x 145 cm chaque). La série est exposée à la galerie Fac-simile à Milan en 1993. A chaque fois qu’une toile est vendue, elle est immédiatement remplacée par un scannachrome au même format (189 x 145 cm) retouché à l’huile. Plus tard, en 2001, parait la version anglaise du livre pour enfant « Marcel Duchamp A Life in Pictures illustrations by André Raffray ». Pour son exposition au FRAC Limousin, Gabriele Di Matteo retire une série complète de scanachromes de cette nouvelle version et les fait retoucher à l’huile par un peintre « commercial ». Il fera également graver par un artisan les deux séries de 13 images pour obtenir deux séries de camées sur sardoine. C’est en 2002 qu’André Raffray visite l’exposition de Gabriele Di Matteo à Limoges. Il découvre pour la 1ère fois les 2 séries de la vie illustrée de Marcel Duchamp. Yannick Miloux, directeur du FRAC Limousin organise une rencontre entre les 2 artistes dont les parcours professionnels vont se croiser à plusieurs reprises. (Plus récemment des œuvres de Gabriele Di Matteo et André Raffray furent réunies à l’occasion de l’exposition Seconde Main au Musée d’art Moderne de la ville de Paris – 25 mars > 24 octobre 2010). André Raffray Le parrcours d'André Raffray est un long métrage qui associe à la fois sa passion pour le cinéma et celle qu'il entretient avec la peinture. Les gouaches qu'il réalise pour les fondus enchaînés des épisodes de la série culte Les Brigades du Tigre entre 1973 et 1982 lui permettent de décrocher une commande pour l'exposition inaugurale du Centre Pompidou. Les 12 peintures illustrant la vie de Marcel Duchamp suscitent à leur tour l'engouement de Claude Jean Philippe qui lui propose de réaliser dans le même esprit des illustrations pour son émission télévisée L'encyclopédie audiovisuelle du cinéma français. Les 18 gouaches (dont 4 appartiennent aux collections du FRAC Limousin) sont des arrêts sur image. Le statisme dont font preuve les personnages renvoit immanquablement à une iconographie qui rappelle celle de l’imagerie populaire du début du XXème siècle. Mais de cette théâtralisation se dégage avant tout une tendresse et une admiration pour tous ces hommes qui, des frères Lumières à Godard, ont fait le cinéma français. Parallèlement et depuis les années soixante-dix, André Raffray a entrepris la réalisation de son musée imaginaire (idéal). Amoureux de l'art moderne et des artistes qui en constituent l'histoire, il effectue des recherches comme s'il voulait réaliser un film, raconter l'histoire de la création de l'œuvre et de son auteur, transposée aujourd'hui et par son propre regard. En 2004, André Raffray prospecte en Limousin sur les traces d'un paysage de la Sédelle peint par Picabia en 1909 à Crozant. Equipé d'une reproduction de l'œuvre et aidé de la population locale, l'homme de terrain emprunte des sentiers incertains à la recherche du "lieu déjà visité par [ce] regard illustre " de sorte qu'il puisse " planter le pied de son appareil photo à l'endroit précis où des années plus tôt [Picabia] avait disposé son chevalet ". Une fois retrouvé avec les conditions saisonnières adéquates, le cadrage est respecté. Silence ! On tourne pour un fragment de seconde : l'image est dans la boîte, l'émotion recherchée au rendez-vous chez le réalisateur. Riche de cette expérience à transposer sur la toile, le scénario d'André Raffray se poursuit à l'atelier. La peinture est recommencée en un diptyque où le crayon de couleur suggère la vision de Picabia revisitée par André Raffray. Dans la continuité des séries "les peintures recommencées ", "les déchirures " et à partir de la même démarche documentaire, André Raffray trouve un nouveau moyen d'associer peinture et photographie puis peinture et cinéma. Il réalise Jeune garçon sur la plage d'Yport d'Auguste Renoir en 1996 en intégrant sur le tirage photographique au format de la peinture originelle, l'image peinte à la gouache du jeune Robert Nunes. L'ambiguïté de ce voyage dans l'espace et le temps s'accélère d'autant plus avec Le Luxe d'Henri Matisse. Grâce aux trucages cinématographiques, le découpage des trois personnages laisse apparaître la baie de Sainte Maxime où se croisent de temps à autre quelques voiliers blancs. (seul le dessin préparatoire ayant servi au trucage est présenté à la Chapelle St Libéral) En 2009, à la demande du FRAC Limousin, André Raffray recommençait le dessin d’un célèbre collage de Raoul Hausmann disparu entre l’aéroport et le musée de Stockholm (en 1975). C’est Pontus Hulten qui lui en avait fait la première demande en 1998, demande réactivée par le FRAC Limousin en 2009.Il s’agit du dernier dessin achevé d’André Raffray.Véritable metteur en scène, André Raffray jouait de la copie pour mieux interpréter les œuvres. Il se faisait également instrument cinématographique pour nous réapprendre à regarder et nous faire partager avec lui la vie des Maîtres.

Complément d'information

Exposition réalisée avec la participation des élèves de 1ère Histoire des Arts du Lycée d’Arsonval.

Depuis dix ans, le collège-lycée d’Arsonval et le Fonds Régional d’Art Contemporain Limousin ont renforcé leur partenariat pour sensibiliser les élèves à la création artistique actuelle et initier une classe de 1ère aux différents métiers de l’exposition.

Une visite de l’exposition Electro Géo dans les locaux du FRAC à Limoges (avec le soutien de la Ville de Brive-La-Gaillarde) a permis aux élèves un contact avec la structure, les œuvres d’art et une approche des différentes étapes qui mènent à leur présentation. En effet, la visite est conçue de sorte que l’attention des élèves soit portée sur la scénographie, l’éclairage, les outils d’information. Ils découvrent ainsi le rôle du commissaire d’exposition, comme celui, de documentaliste, chargé de communication, ou régisseur…
Cette 1ère approche se poursuit avec l’organisation et le suivi d’une exposition à la Chapelle Saint Libéral de Brive.

> Les Rendez-vous à la Chapelle Saint Libéral
Visites de l’exposition avec les élèves : les élèves de 1ère Histoire des Arts du Lycée d’Arsonval accueilleront le public les mercredis et samedis du mois de mai de 14h à 16h (à partir du 7 mai). A partir de leurs propres analyses et sous le regard vigilant de leurs enseignants, les élèves ont rédigé des biographies, bibliographies ainsi que des notices explicatives pour chaque œuvre. Cette documentation est mise à disposition du public à l’accueil de la Chapelle.Des informations complémentaires seront disponibles sur les site internet du Lycée Arsonval et du FRAC Limousin.

Artistes

Partenaires

Projet réalisé avec le soutien de la Région Limousin, de l’Etat (Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Limousin), et de la ville de Brive-la-Gaillarde.

Horaires

Ouvert : du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h30 le dimanche de 15h à 18h30 entrée libre

Adresse

Les coopérateurs Impasse des Charentes 87100 Limoges France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020