Esthétique des pôles

Le testament des glaces
Exposition
Arts plastiques
49 NORD 6 EST Metz

Joachim Koester, Nordenskiöld and the Ice Cap, 2000. Collection CNAP / FNAC, Paris © photo : CNAP, Paris / Courtesy Galerie Jean Mot, Bruxelles

Groenland, Spitzberg, Sibérie, Antarctique… Autant de noms qui évoquent le froid, la glace et les explorateurs en perdition. Jean-Baptiste Charcot qui parcourut les mers des deux pôles fut d'ailleurs victime d'une pathologie que sa formation de médecin avait quelques difficultés à diagnostiquer : « d'où vient, disait-il, l'étrange attirance de ces régions polaires, si puissantes, si tenaces, qu'après être revenu on oublie les fatigues morales et physiques, pour ne songer qu'à retourner vers elles ? » Terres de liberté fantasmée où les fantaisies humaines n’ont plus de limites, zones arides où l’homme ne peut que survivre, espaces « vierges » symboles des ravages causés par l’être humain à notre planète… Les Pôles sont devenus au fil des témoignages, récits, cartes et documentaires qui ont émaillé leur découverte et leur exploration un objet paradoxal dont la « réalité » se nourrie tout autant de l’imaginaire collectif que des données scientifiques, géographiques et ethnologiques. Mais les régions polaires sont aussi une maladie incurable et une drogue aux pouvoirs hypnotiques, un espace hostile où l’homme est confronté à son moi profond, à sa magnificence et à sa petitesse. Dans notre société où chaque chose et chacun est à sa place, où le temps, la lumière et l’espace sont devenus des denrées chiffrées et monnayables, l’horizon sans fin des pôles fascine et s’offre comme un ultime refuge pour les belles utopies, pour les « valeurs » de nos pères à jamais disparues. Ces espaces sont aussi parmi les derniers où effort humain et dépassement de soi prennent tout leur sens, où l’élan primitif qui sommeille au plus profond de chacun de nous vient bousculer l’assurance de notre confort et de nos habitudes. Ces motivations antagonistes où romantisme et pensée écologique ne sont pas en reste ont certainement quelque chose à voir avec l'engouement actuel des artistes pour ces territoires en voie de disparition. Désarroi profond face à un monde en mutation ou désir d'exotisme aventureux sont les deux alternatives (parfois antagonistes, parfois complémentaires) entre lesquelles oscillent les œuvres présentées dans cette exposition. Qu’elles prennent la forme du journal intime, du livre de bord ou du documentaire, qu’elles proposent une exploration physique, symbolique ou une expérimentation scientifique, elles tissent un réseau d’images, de sons et de mots où voyage initiatique et utopies sociales se rejoignent, où l’être redevient humain.

Complément d'information

La conception de cette exposition s’est nourrie de nombreuses lectures : romans, essais, carnets d’exploration. Son titre se veut aussi un hommage aux belles réflexions d’Emmanuel Hussenet et Michel Onfray sur ces très hautes latitudes.

Autres artistes présentés

Jean-Jacques Dumont
Joachim Koester
Julien Loustau
Bertrand Lozay
Guido van der Werve
Marijke van Warmerdam

Horaires

Entrée libre Ouverture du mercredi au dimanche de 12h à 19h Ouverture exceptionnelle durant les vacances de Noël, les 25 & 26 décembre & 1er janvier

Adresse

49 NORD 6 EST 1 bis rue des Trinitaires 57000 Metz France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020