Est-ce temps ? - Max Schoendorff

Exposition
Arts plastiques
URDLA Villeurbanne

France/Allemagne
Max Schoendorff est né à Lyon en 1934, issu d’une famille de cristalliers lorrains. Son père, professeur d’allemand, lui fait découvrir la langue et la culture germaniques. Après des études littéraires jusqu’au professorat, il renonce à son poste d’enseignant pour assister un de ses amis, passionné de théâtre, Roger Planchon. Il décide alors d’abandonner l’écriture au profit de la peinture. Les premiers monotypes qu’il réalise à partir de 1955 retiennent l’attention de deux grands galeristes, Marcel Michaud et Édouard Loeb. Sa première exposition personnelle est présentée à Lyon à la galerie Folklore en 1958. À cette époque, Schoendorff se lie avec le peintre catalan Modest Cuixart, installé depuis peu à Lyon, qui le présente au galeriste parisien René Drouin. Il collabore avec Jacques Verrière de 1966 jusqu’à la mort de ce dernier en 1986.

Théâtre
1960, ou la longue césure de vingt-huit mois de service militaire, passés pour l’essentiel en Algérie. À son retour, c’est le théâtre qui l’accapare une nouvelle fois : Schoendorff est tour à tour décorateur, costumier, scénographe, dramaturge et metteur en scène. Sa première réalisation date de 1964 pour La Pierre philosophale, d’Antonin Artaud. Parmi ses productions après 1970, il faut rappeler sa collaboration avec Jacques Rosner, ainsi que ses réalisations pour le T.N.P. de Paris et de Villeurbanne, la Comédie-Française, les Opéras de Paris, de Lyon et de Toulouse, ou encore le Schiller Theater de Berlin…


Militantisme
Homme de théâtre, Max Schoendorff fut très tôt un militant des arts plastiques. À son activité de peintre s’ajoute son engagement pour la diffusion de la peinture et des arts plastiques. Il joue à ce titre un grand rôle dans la création de la Maison des arts plastiques de Rhône-Alpes (MAPRA). Il est également à l’origine de la fondation de l’URDLA, Centre international de l’estampe et du livre. Le cinéma est l’une de ses passions : il fut l’un des cofondateurs des revues Positif et Premier Plan, du Congrès indépendant du cinéma international, et décorateur pour Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

Affinités électives
La peinture de Max Schoendorff est traversée par de multiples admirations. Ont été très justement avancés à son sujet les noms du Greco, Rubens, Grünewald ou encore les romantiques allemands. Artaud et Bataille ont été parmi ses auteurs de prédilection. Sans doute faudrait-il également citer Max Ernst, André Masson et Hans Bellmer : Schoendorff appartient à une génération profondément marquée par l’imaginaire surréaliste. José Pierre, un des témoins de l’histoire du mouvement, lui consacre un essai en 1986, Schoendorff, ses pompes et ses œuvres.


Paragone
Récemment entré par donation dans les collections du musée, le dessin Foolish Wives doit son titre à un film d’Erich von Stroheim. Il donne à l’exposition son prétexte et plus encore un motif poétique, lié à la vision et à une forme singulière de spectacle mental. Cette œuvre de très grandes dimensions est réalisée sur une tôle d’aluminium recouverte d’un émail acrylique cuit au four. En choisissant le grand format, l’artiste souhaite mettre en tension regard fragmentaire et vision englobante. Schoendorff aime se placer au premier rang au cinéma, pour se trouver alors dans l’impossibilité de tout voir, le spectacle outrepassant son champ visuel, créant ainsi le sentiment que la projection déborde la perception du spectateur.


Absorption fragmentaire
Schoendorff explique également que le dessin relève de la musique ; il serait même une symphonie dont on n’entendrait que quelques sons. Plus peut-être qu’au surréalisme, l’œuvre de Schoendorff fait alors écho au romantisme et à ses problématiques de la vision fragmentaire et d’une absorption critique et totale du spectateur. Dessin et musique, fragment et panorama, cinéma et peinture.

Sylvie Ramond, in Ex-traits, exposition de Tableaux & Dessins de Max Schoendorff,
Musée des Beaux-Arts, Lyon, 2008

Tarifs :

entrée libre

Commissaires d'exposition

Artistes

Horaires

du mardi au vendredi de 10h à 18h le samedi de 14h à 18h

Adresse

URDLA 207 rue Francis-de-Pressensé 69100 Villeurbanne France

Comment s'y rendre

métro ligne A, Flachet
Dernière mise à jour le 2 mars 2020