Edgar Arceneaux - Cockeyed Eddie

Exposition
Arts plastiques
GCSM

La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de présenter Cockeyed Eddie, la troisième exposition personnelle en France d’Edgar Arceneaux. Depuis près de 15 ans, l’artiste américain est devenu l’un des talents incontournables de la scène contemporaine californienne.


Né en 1972 à Los Angeles où il vit et travaille encore aujourd’hui, Edgar Arceneaux a construit une œuvre conséquente au gré de dessins, d’installations, de vidéos et d’oeuvres filmées, en un dispositif d’associations complexes qui interrogent les contiguïtés et les points de contact entre des relations invraisemblables. Par cette pratique multidisciplinaire il aborde des questions d’épistemologie, de cosmologie, de pouvoir et de censure, du révisionnisme dans l’histoire, de la justice sociale, des communautées locales dans des villes post-industrielles. Arceneaux crée un important corps de travail explorant les relations interdépendantes entre l’art et l’espace social.


Semi-biographique, Cockeyed Eddie (Eddie qui louche) explore le parcours individuel de l’artiste américain, à travers son histoire familiale complexe. Le scope de cette exposition, inédit dans le travail de l’artiste, est d’explorer les liens de l’individuel au travers de la famille et des mystères du corps social de manière infiniment personnelle.


À la galerie, Edgar Arceneaux présentera un ensemble de sculptures et volumes vitrés, de sérigraphies et aquarelles sur papier et sur mousseline – The Arceneaux Genealogical Faction Series –, ainsi qu’un corpus constitué de près de 25 œuvres sur plexiglas et miroir. En appréhendant les oeuvres avec une « double vision », il en examine les perspectives contradictoires et présente son travail comme des fragments d’histoires. Les reliques et documents mis en scène par l’artiste jouent avec la perception du spectateur, qui est invité à expérimenter la complexité de l’oubli et de la mémoire sur le plan individuel comme sur le plan collectif, en même temps que ces artefacts nous confrontent à nos propres imperfections. Activées par la présence/absence du regardeur, les oeuvres d’Edgar Arceneaux citent le critique John Berger en rappelant cette faculté de l’homme à comprendre que la vision a une nature de réciprocité.

Le terme médical de la déficience optique dont a souffert Edgar Arceneaux enfant se nomme la diplopie – la double vision sera donc le trope central de cette exposition. Cette affection entraîne la perception simultanée d’un simple objet en double, en créant deux images, qui peuvent se déplacer horizontalement, verticalement ou en diagonale. Cette duplicité de la représentation est visuellement intéressante, dans la mesure où les deux images – bien que hors de l’alignement – n’ont pas de délimitations propres. De fait, si l’on essaye de localiser le bord de l’objet, il se déplace loin du regard et l’objet devient flou en se fondant dans le monde environnant.

D’origine génétique, ce dysfonctionnement remonte loin à travers la généalogie de la famille d’Edgar Arceneaux. Dans Cockeyed Eddie, la généalogie et l’hérédité sont utilisées formellement comme des variations de formes. D’ascendance française, ses ancêtres ont été bannis du Canada et sont entrés aux Etats-Unis par la Nouvelle-Orléans en Louisiane en 1765. Les frères Arceneaux ayant d’ailleurs été les premiers Français Canadiens propriétaires d’esclaves. À l’occasion du projet Drawings of Removal, amorcé en 1999, Edgar Arceneaux avait d’ailleurs initié de retracer ses origines françaises à Beaumont, au Texas à l’occasion d’un voyage initiatique familial avec son père.


Au fil du temps, Edgar Arceneaux a pris conscience que ce déplacement visuel avait eu une profonde influence sur ses intérêts; dans la philosophie en général, et dans sa pensée conceptuelle en particulier. N’ayant jamais tout à fait récupéré – malgré la chirurgie, Edgar Arceneaux garde aujourd’hui encore un regard altéré par la diplopie.


En proposant des œuvres réfléchissantes sur cette double vision - en plexiglas, miroir (non déformants), et sculptures vitrées, Edgar Arceneaux resserre encore davantage le lien qui implique le spectateur dans leur contemplation, puisque son propre corps s’y retrouve incarné. Véritables fenêtres, elles donnent à voir dans un reflet la réalité disjointe et morcellée de l’espace de la galerie, elles renvoient l’écho cacophonique des thèmes reférencés et des histoires présentées dans les autres œuvres de l’exposition, en même temps qu’elles malmènent le sentiment d’un environnement stable.

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Edgar Arceneaux est né en 1972 à Los Angeles (Californie). Il vit et travaille à Los Angeles.


Diplômé d’un BFA (Bachelor of Fine Arts) de l’Art College of Design de Pasadena (USA, 1996), ainsi que de la Fachhochschule Aachen (Allemagne, 2000) et d’un MFA (Master of Fine Arts )de la California Institute of the Arts (USA, 2001), Edgar Arceneaux fait partie des artistes contemporains les plus reconnus de la scène artistique contemporaine américaine.


Récemment, il a bénéficié d’expositions personnelles importantes avec notamment Until, Until, Until... pour Performa 15 New York (USA, 2015), Hopelessness Freezes Time 1967 Detroit Riots, Detroit Techno and Michael Heizer’s Dragged Mass au Museum für Gegenwartskunst de Bâle (Suisse, 2011), Miracles and Jokes, Circle Disk Rotation and 22 Lost Signs of the Zodiac à The Museum of Contemporary Art de Detroit (USA, 2011), The Agitation of Expansion au Contemporary Art Center of Virginia (USA, 2008), Snake River, au REDCAT à Los Angeles (USA, 2006) et au Lentos Kunstmuseum Linz (Autriche, 2006), An Arrangement without Tormentors, au Lentos Kunstmuseum (Autriche, 2006).


Il a également participé à de nombreuses expositions collectives significatives ; notamment au SITE de Santa Fe (USA, 2015), au Orange County Museum of Art de Newport Beach (USA, 2015), au Museum of Contemporary Art San Diego de La Jolla (USA, 2015), au Kunstmuseum Kloster Unser Lieben Frauen (Allemagne, 2015), à la Power Station of Art à Shanghai (Chine, 2014), au Scotland’s Center for Photography à Édimbourg (Écosse, Royaume-Uni, 2014), à The Studio Museum in Harlem (USA, 2013), au Museum Kurhaus Kleve, Kleve, (Allemagne, 2013), au Nevada Museum of Art à Pasadena (USA, 2013), au Hammer Museum à Los Angeles (USA, 2013), au Birmingham Museum of Art (USA, 2013), au Museum of Contemporary Art de Sydney ( Australie, 2012).


Son œuvre a rejoint de très prestigieuses collections publiques telles que The Ludwig Museum à Cologne (Allemagne), The Museum of Contemporary Art de Los Angeles (USA), The Museum of Modern Art de New York (USA), The Los Angeles County Museum of Art (USA), The San Francisco Museum of Modern Art (USA), The Whitney Museum of American Art de New York (USA), The New York Public Library (USA), le UCLA Armand Hammer Museum à Los Angees (USA), le Museum am Ostwall de Dortmund (Allemagne).


Edgar Arceneaux a également participé à de nombreuses résidences d’artistes comme la Rauschenberg Residency à la Robert Rauschenberg Foundation de Captiva (USA, 2013), le Fellowship for the Visual Arts à la California Community Foundation de Los Angeles (USA, 2009), le United States Artists Fellowship de United States Artists, à Los Angeles (USA, 2007), la ArtPace Residency de San Antonio (USA, 2006). Edgar Arceneaux a été lauréat de plusieurs prix de renommées internationales comme très récemment avec le Malcolm MacLaren Award (USA, décembre 2015), le REDCAT Award de REDCAT (USA 2012), le William H. Johnson Award à Los Angeles (USA, 2006), le Joyce Award de la Joyce Foundation à Chicago (USA, 2005).

Horaires

Du lundi au samedi de 11h à 19h

Adresse

GCSM 3 rue du Cloître Saint-Merri France
Dernière mise à jour le 2 mars 2020