écrin

Exposition
Arts plastiques
LAC & S - Lavitrine Limoges

Daniel CHUST PETERS
Airless, 2004
Bijou en argent, lampe, micro caméra
Courtesy galerie UNA

Du 20 juin au 31 juillet prochains, Lavitrine, galerie de l’association LAC&S à Limoges, accueille une exposition collective inédite autour du bijou dans l’art contemporain, proposée par Maribel Nadal Jové - fondatrice et directrice de la galerie UNA créée en 2007 - récemment installée dans la ville. Intitulée Écrin, celle-ci rassemble une dizaine d’oeuvres : objets, sculptures, installations, vidéo, documents, de cinq artistes français et étrangers : Monika Brugger, Daniel Chust Peters, Yolanda Gutiérrez, Laurent Moriceau et Miguel Rothschild.

Pour sa première exposition organisée à Limoges, Maribel Nadal Jové transforme littéralement l’espace blanc et neutre de 200 m2 de Lavitrine en une joaillerie atypique et décalée, agrémentée de commodes et canapés. Un bijou est un élément de parure corporelle qui peut être porté sur le vêtement, sur ou même dans le corps. L’exposition présente un ensemble d’oeuvres qui, par leur forme et leur matière, rappellent ces ornements : anneaux, bracelets, broches et colliers. Outre ses fonctions décoratives, le bijou évoque de multiples intentions. Les « oeuvres-bijoux » attisent ici la curiosité.

A l’entrée de l’exposition, le visiteur découvre d’abord une petite sculpture de l’artiste espagnol Daniel Chust Peters : Airwick (2010), reproduction de la forme de son atelier barcelonais conçue comme un coffret à bijoux, en bois d’orme. L’objet est accompagné d’un texte explicatif sur le projet à venir dont le résultat sera une vidéo. L’artiste souhaite en effet abandonner son oeuvre dans l’espace public. Elle sera filmée jusqu’à sa disparition, qu’elle soit emportée ou détruite. Est également présentée son oeuvre Airless (2004), reproduction miniature en argent de son atelier qui, par sa forme et son éclat, évoque un bijou. L'installation inclut une micro caméra connectée à un projecteur qui renvoie une image agrandie de l'atelier en miniature sur l'un des murs. L’artiste a également réalisé, spécifiquement pour l’exposition (production Lavitrine) et en collaboration avec un bijoutier de Barcelone, la reproduction de son atelier en ambre, résine fossile végétale qu’il souhaitait également expérimenter.

Une édition de l’artiste argentin Miguel Rothschild, de sa série de 15 exemplaires Rothschild extra sensible (1996) surprend le visiteur. Il s’agit d’un préservatif avec la forme des lèvres de l’artiste en latex présenté tel un bijou dans une boîte chic dont la marque a été remplacée par « Rothschild ». Comme dans plusieurs de ses oeuvres, l’artiste utilise avec ironie son nom de famille, fortement connoté et lié au pouvoir économique et aux produits de luxe.

Laurent Moriceau a envisagé, en l’an 2000, expérimenter la fabrication de perles d’argent dans un laboratoire photographique. Cette proposition adressée à l’École de beaux-arts de Nantes est restée au stade de projet. Le visiteur découvre ici une lettre dans laquelle l’artiste décrit ses envies et les perspectives de ce projet. Le bijou comme parure éphémère se devine par ailleurs dans sa vidéo intitulée Found and Lost (2001), soit 1’28 min. d’apparition et de disparition d'un bijou effervescent. Au-delà de la sensualité de la proposition, Laurent Moriceau nous offre un relief tout particulier à l’un de ses leitmotifs : l’effervescence, la dissémination, le diffus.

L’artiste mexicaine Yolanda Gutiérrez partage la philosophie précolombienne selon laquelle la divinité se manifeste dans tous les aspects de la nature. Elle utilise souvent des matériaux naturels pour son art objectuel. Leur poésie, qui est un cantique à la vie, tend à réanimer l’esprit végétal et animal à travers des associations qui prennent en compte le respect de l’ordre naturel, de la mort et de la vie. L’oeuvre Resplandor de 2006 (étoile de mer et plumes) présentée ici a été réalisée à l’occasion d’une résidence d’artistes à l’automne 2006 à Colmar en vue d’une exposition personnelle. Plusieurs oeuvres qu’elle a créées là-bas s’inspirent de la lumière de l’auréole du Christ du retable de Grünewald. Dans cette pièce, étant donné sa forme (parure) et les recherches plastiques de l’artiste, on retrouve une évocation particulière de la fonction « magico religieuse » du bijou. Dans cette ligne, les objets sont alors des amulettes, gris-gris, talismans, objets «thérapeutiques » qui protègent leur porteur ou parfois même le « soignent ». Ici, l’objet nous donne une lumière rédemptrice. En 2009 elle réalise, pour l’exposition Jardins #1 à la Graineterie de Houilles, l’oeuvre Le secret du jArDiN. Cette pièce, conçue en collaboration avec une biologiste, évoque la molécule de l’ADN, invisible à l’oeil nu. Elle prend la forme d’une grande chaîne en macramé aux fibres du henequen, plante originaire du sud-est mexicain, avec des éléments de la nature mexicaine qui y sont accrochés, comme un jardin peuplé d’organismes réels et chimériques représentant la naissance et l’évolution de la vie.

Monika Brugger est enseignante d’émail et bijou à l’ENSA de Limoges. Son travail plastique et de designer crée un univers sévère et intime, subtile et intransigeant. « A contre courant du grand monde du bijou et de son flot de créations inscrites entre design/joaillerie, arrogances débridées ou fantaisie, elle travaille sur la complicité des mots, des symboles, des fonctions et des formes. Discrets et denses, acides ou moqueurs, souvent critiques et toujours chargés de sens plus que d’or et de diamants, d’abord préoccupés de justesse et d’intimité, ses bijoux nous offrent des objets poétiques établis entre le sens de la matière et le sens des mots ». L’exposition présente des empreintes du bout des doigts et des seins en argent.

Des documents sur les artistes exposés, catalogues, livres et revues sur le thème des bijoux d’artistes, des bijoux anciens, de la mode ou du luxe, favorisent une totale immersion dans cette exposition d’été originale et insolite.

Autres artistes présentés

Daniel Chust Peters
Yolanda Gutiérrez

Horaires

Mercredi au samedi 14h30 - 18h30

Adresse

LAC & S - Lavitrine 4 rue Raspail 87000 Limoges France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020