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the language of the self / le langage du Moi
Exposition
Arts plastiques
Passerelle Brest

Cette exposition collective regroupe un ensemble d’œuvres autour de la notion de construction/déconstruction identitaire. Les artistes utilisent le vêtement comme une « seconde peau », qui appartient autant au dehors qu’au dedans, qui protège l’espace intime comme il ouvre sur l’espace social et relationnel.

Bettina Allamoda
Fashion History News, 2003
Cette vidéo combine des défilés "Radical Chic" et des photographies de mode avec des images de manifestations et de violences politiques d’une façon presque inaperçue. Bettina Allamoda révèle ainsi les interactions entre cultures quotidiennes, politiques, architectures et mode - à travers des échantillons d’images trouvées ou faisant parties des nouveaux médias actuels - en traitant les surfaces et les couvertures, en questionnant les stratégies vestimentaires (codes), la décoration, le nationalisme et le corps et en étudiant comment les tensions mondiales sont représentées architecturalement et visuellement.

Joseph Beuys
Costume en feutre, 1970
Pour Joseph Beuys, l'art est un outil de changement social et politique. Il y voit une dimension spirituelle et pense que les objets usuels pouvaient revêtir de puissantes substances curatives. Selon lui, l'artiste s'apparente au chaman, canalisant l'énergie contenue dans les objets pour leur donner de nouveaux pouvoirs et significations.
Le costume de feutre, réalisé au point, évoque la chaleur corporelle humaine, symbolise la sécurité et le refuge de part la matière isolante et protectrice du feutre. Pour Beuys, le costume est une manière de protéger l’individu du monde qui l’entoure. Ce costume fait également référence aux costumes des prisonniers, notamment à ceux des camps de concentration nazis.
Joseph Beuys fut associé au mouvement Fluxus dont le but était d'organiser des événements et des manifestations anarchiques ; ce costume est une copie de celui qu'il porta en 1971 lors d'une manifestation contre la guerre au Vietnam. Beuys atteignit un statut de culte national dans son Allemagne natale ; et nombre de ses œuvres, parmi lesquelles ce costume, furent copieusement reproduites.
courtesy  Ph. Konzett, Vienne

Ursula Döbereiner
View002, 2011
Les images qui composent cette installation sont autant de collages numériques (réalisés à l’ordinateur) basés sur des images trouvées sur internet. Le point de départ du travail d’Ursula Döbereiner a consisté d’une part en une recherche d’images sur internet sous le mot-clé « burqa », en différentes langues et avec différentes orthographes, et associé à différents termes comme « caché », « abri », « camouflage »… D’autre part, l’artiste a également recherché sur le Net des publicités pour un projecteur de la marque Kodak. Les images de burqa sont accolées à des textes, des écrits, des titres… découpés selon la forme de la burqa. Quant aux publicités Kodak, c’est le projecteur qui a été découpé dans l’image, devenant une silhouette qui pourrait se trouver dans une salle de projection.
Pour découvrir le travail « View002 », le visiteur doit s’équiper de lunettes 3D. Le champ visuel se modifie alors, comme celui tronqué de la femme qui porte le voile.

Mella Jaarsma
Dirty Hands, 2010
Cette artiste hollandaise, basée en Indonésie depuis près de 30 ans, présente une installation constituée de costumes fait en délicate cotte de mailles qui rappellent la majesté et la beauté des guerriers. Ces costumes sont rétro-éclairés par des images en noir et blanc représentant le début des affrontements coloniaux au 17ème siècle. Ces images sont projetées par le visiteur qui devient alors le conteur de ces incidents historiques.
Mella Jaarsma utilise l’ombre et la projection pour raconter le passé colonial de l’Indonésie dans une perspective nouvelle, suggérant la violence perpétrée par l’histoire après les faits. Les civilisations sont façonnées par la compilation de moments historiques et cette œuvre est un travail sur la mémoire collective. Dirty Hands (Mains Sales) relatent de ces histoires passées, celles que nous voulons cacher et celles que nous voulons montrer, parce que derrière chaque histoire se cache une autre histoire.
Cette pièce a été produite à l’occasion de l’exposition 'Making History: how Southeast Asian art reconquers the past to conjure the future', au Jendela art space, Esplanade, Singapore, Mai-Juillet 2010.  
collection privée

Anila Rubiku
Other Countries, Other Citizenships, 2011
Cette année, à l’occasion de la 54ème Biennale de Venise, Anila Rubiku présente une installation intitulée Other Countries. Others Citizenships qui traite de l’idée de l’exil. Dans une pièce, une soixantaine de chapeaux - attribut commun des immigrés – est éparpillée sur le sol et cousue avec du fil blanc. Sur le mur, sont accrochés des cintres et une phrase : « La personne qui renie sa propre langue pour en adopter une autre change d’identité et de désillusions ». Résidant dans la volonté d’appartenance et d’être l’Autre, l’installation provoque un amour de la différence.
Comme la plupart des installations d’Anila Rubiku, Other Countries. Other Citizenships résulte de la collaboration avec des projets communautaires et de partenariats avec des ateliers locaux. Ainsi, les soixante chapeaux masculins ont été symboliquement cousus par des femmes qui ont émigrées. Se concentrant davantage sur le sentiment d’être dans un pays et dans une culture, non pas sa propre culture ni dans l’acte pur du départ, l’installation explore les fréquences socio-émotionnelles et biographiques.
Des badges portant la mention « Hats protect ideas » sont à la disposition des visiteurs.
en collaboration avec la Fondation Borsalino, Italie.

Sylvie Ungauer
Collection 2010
Ces dessins sont réalisés au feutres directement sur des images de magazines de mode puis ils sont numérisés et imprimés sur papier. Ils rendent visible la perte de l'identité de la femme à la fois celle du mannequin dans la photo de mode et celle de la femme portant la burqa. Ces formes noires effacent le corps dans la photographie, l'annule pour créer des formes monstrueuses.
Ils sont la suite d'une série de dessins à l'encre : « Collection 2009 » où il était question d'une série vêtements carapace en poils.

Nil Yalter
The Headless Woman or The Belly dance  (La femme sans tête ou La danse du Ventre), 1974
« Nil Yalter, artiste d’origine turque installée à Paris, a beaucoup travaillé sur la condition féminine. En 1974, elle a réalisé une oeuvre vidéo, La femme sans tête ou la danse du ventre, qui aborde la sexualité féminine avec franchise. La vidéo montre en gros plan le ventre de l’artiste ; avec un feutre noir, elle écrit autour de son nombril un passage du livre de René Nelly, qui s’intitule Érotique et civilisations : « La femme est à la fois «convexe» et «concave». Mais encore faut-il qu’on ne l’ait point privé mentalement ou physiquement, du centre principal de sa convexité : le clitoris [...]. Cette haine du clitoris correspond en vérité à l’horreur ancestrale que l’homme a toujours éprouvé pour la composante virile et naturelle de la femme, celle qui, chez elle, conditionne l’orgasme absolu. «Une fois son ventre recouvert de texte, l’artiste commence à danser au rythme d’une musique traditionnelle. Son geste d’écrire sur son ventre a une signification particulière dans sa culture. En Anatolie, jusqu’aux temps récents, les femmes stériles ou désobéissantes étaient amenées à l’imam de leur village, et sur leur ventre, l’imam écrivait des phrases à caractère religieux. Le ventre devenait talisman. Dans sa vidéo, Nil Yalter retourne le sens de cette tradition en dénonçant la négation du plaisir des femmes ».  
courtesy de l’artiste & Galerie Hubert Winter, Vienne

Tarifs :

3€ / gratuit pour les adhérents

Commissaires d'exposition

Autres artistes présentés

Bettina Allamoda, Joseph Beuys, Ursula Döbereiner, Mella Jaarsma, Anila Rubiku, Sylvie Ungauer, Nil Yalter

Horaires

le mardi de 14h à 20h et du mercredi au samedi de 14h à 18h30. fermé les dimanches, lundis et jours fériés

Adresse

Passerelle 41 rue Charles Berthelot 29200 Brest France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020