Dominique DEHAIS, Fernando X. GONZALEZ, Soo Kyoung LEE, Ruth-Maria OBRIST

ESPACE à vivre
Exposition
Arts plastiques
Galerie La Ferronnerie Paris 11

Dominique Dehais propose pour ‘Espace à vivre’ la pièce Pupitre (2009), inspirée du mobilier créé par Alexandre Rodchenko pour le Club ouvrier, afin d’y disposer revues et information. Il y disposera des éléments préparatoires et traces de projets aboutis et/ou en cours d’élaboration.

 

ILLUSION  Des apparences trompeuses seraient à l’origine d’une perception fausse. Cela relève du mirage. L’apparition de l’apparence est donc un masque posé sur la chose vraie, une sorte de représentation qui aveugle le discernement. La chose vraie de l’art est bien difficile à énoncer mais le décollement  entre une chose et son image anime depuis longtemps les investigations des artistes. C’est peut être la saisie de ce décollement qui fait l’art, allez savoir. Drôle de moment pour parler d’illusions. Il suffit de se souvenir du film de Jean Renoir, La grande illusion, pour envisager la situation au regard du politique. Le moment de l’art est depuis longtemps politique par sa simple présence. Loin des discours, l’art continue de faire tomber son propre masque’.

Dominique Dehais, Février 2012

       ‘…Les tableaux de Fernando X. Gonzalez baignent essentiellement dans une lumière inter-médiaire, quand celle du soleil hésite à céder la place d’une autre plus artificielle. L’artiste travaille sur bois, sur toile, sur papier. Les sujets qu’il traite valident des odes en forme de petites icônes sur bois. Des tableaux qui évoquent plus qu’ils ne décrivent une réalité poussiéreuse et évanescente. On reconnaîtra pourtant des ères industrielles vides de présence humaine, des quais portuaires désaffectés, des évocations de rituel populaire, des tracés de cités oubliées, et parfois encore des accointances en rapport à des souvenirs plus personnels. Sa technique picturale laisse supposer une élaboration de travail se déroulant en trois étapes. Un fond de peinture est apposé sur un support donné, puis un motif est peint sur ce fond, et enfin relevé aux traits, de qualité graphique, une dernière intervention vient souligner les contours du sujet abordé. C’est la méthode du caché/montré, chaque étape tendant à la fois à recouvrir en partie la précédente, à la fois à en accuser l’intérêt. Ses peintures sur bois laissent travailler en réserve la nature texturée du support, des fonds qui prennent alors un rôle véritablement actif dans l’engagement du vocabulaire des couleurs. ..’

Frédéric Bouglé, extrait d’un texte de 2004, lors d’une exposition au Creux de l’enfer, Thiers.

 

Le Domaine de Kerguéhennec a accueilli Soo Kyoung LEE en résidence en 2015.

Cette artiste, née à Séoul en 1969, a étudié la littérature française à l'Université en Corée, avant de s’installer en région parisienne où elle vit  désormais.

 Travaillant essentiellement la peinture et le dessin, Soo Kyoung LEE s’est engagée dans la voie de l’abstraction avec des œuvres caractérisées par des couleurs vives et franches, animées par des jeux d’aplats et d’entrelacs. À propos des formes qui se déploient dans ses toiles, l’artiste parle

d’organismes plastiques, qui  cohabitent et semblent faire bon ménage de leurs différences, se bousculent et parfois s’entrechoquent, mais s’unissent finalement en surface et se figent dans leur présence. (LEE Soo Kyoung, En premier lieu, 2011).

Il y a en effet quelque chose d’immobile, de suspendu dans ces peintures que parcourt pourtant un dense réseau de lignes. Les œuvres de Soo Kyoung définissent un espace frontal, quelque chose de l’ordre de l’écran, renforcé par l’opacité de la peinture acrylique. Sous le motif qui affleure, le regard devine l’existence d’étapes préalables, de prémisses ayant engendré la forme visible.

 « En premier lieu, explique l’artiste, je dépose une unique couleur sur toute la surface de la toile. Ce choix initial oriente le tableau à venir vers une certaine humeur et me donne à espérer une nouvelle visibilité…’’… " L’abstraction pour moi est le lieu universel, dénudé d’image, de représentation et sans la moindre interprétation, explique LEE Soo Kyoung. C'est une manifestation de la pensée libérée de tout carcan culturel, social ou identitaire. Mon souci est de montrer l'étonnement du regard qui soulève notre questionnement sur la liberté. Ce regard est le reflet des êtres libres que nous sommes. » Florence Jaillet, 2015 extraits du texte à propos de la résidence au Domaine de Kerguéhennec.

 

Une partie du travail deRuth-Maria Obrist(Baden-Zürich, Suisse) présente une filiation avec les œuvres d’un groupe d’artistes appelés les ‘concrets zürichois’, les plus fameux étant Max Bill

et Richard-Paul Lohse.

Cette influence encore  perceptible dans ses travaux récents, évolue néanmoins depuis quelques temps avec des séries d’œuvres aux formes-signes, indiquant sa grande proximité avec l’architecture.

Ruth-Maria Obrist crée régulièrement des pièces spécifiques -parfois monumentales-, pour des bâtiments privés, ou des lieux institutionnels. Elle attache un soin particulier à l’emploi de matériaux et couleurs spécifiques, induisant une dimension précieuse/fragile à des œuvres que l’on pourrait assimiler à des éléments conçus comme des unités de construction. Ainsi, l’emploi de minces bandes  de feuille d’or pour les pièces Schichtenbilder, comme des capteurs de lumière, ou encore, l’utilisation récurrente de couleurs déterminées par Le Corbusier dans les années 20.

Commissaires d'exposition

Autres artistes présentés

 

Horaires

du mardi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 13h à 19h

Adresse

Galerie La Ferronnerie 40 rue de la Folie Méricourt 75011 Paris 11 France

Comment s'y rendre

Métro: stations Oberkampf et Parmentier
Dernière mise à jour le 2 mars 2020