Diego Romero

Free Spirit Potter
Exposition
Arts plastiques
Galerie Collection Paris 03

Diego Romero, Knot Bearers (Porteurs de nœuds), 2010, grès émaillé, 13.3 x 36.2 x 36.2 cm © Romero, courtesy Clark + Del Vecchio

Les Natives (Indiens d’Amérique) revendiquent le droit de se tenir à l’écart de l’économie de marché. Leur éthique leur impose de ne produire que si les œuvres déjà réalisées ont été vendues. Il est, par conséquent, extrêmement difficile de réunir un ensemble de céramiques cohérent et conséquent. Grâce au soutien de Garth Clark et de Mark Del Vecchio, l’exposition à la Galerie Collection d’Ateliers d’Art de France réunira seize céramiques, quatre dessins originaux et des gravures de Diego Romero.

Cette exposition monographique, à l’initiative d’Ateliers d’Art de France constitue un événement exceptionnel. Diego Romero n’est venu qu’à deux reprises en Europe, en 2001 à la Fondation Cartier et en 2006 aux Pays Bas.

Diego Romero est l’une des figures emblématiques du célèbre mouvement des « Free Spirit potters », aux côtés de Virgil Ortiz, Christine McHorse, Susan Folwell ou Nathan Begaye. La plupart des « Native American potters » proviennent d’une petite région appelée Pueblo Grande (Nouveau Mexique). « Pueblo » était le nom donné par les espagnols au XVIème siècle aux Indiens sédentarisés. Pueblo Grande regroupe une vingtaine de villages, soit 30.000 âmes environ, où coexistent plusieurs langues et plusieurs religions.

Diego Romero est né en 1961 à Berkley (Californie, USA). Il vit et travaille à Cochiti Pueblo. Il est né d’un père Indien Cochiti et d’une mère américaine. Il bénéficia de l’enseignement de deux céramistes de légende, celui de Ralph Bacerra (Otis Art Institute, à Los Angeles, USA), puis celui d’Adrian Saxe (Université de Californie, UCLA, Los Angeles). Il puisa alors son inspiration dans la tradition des « Anasazi » (poterie des années 1050 à 1300, caractérisée par des décors de zig-zag noirs) et des « Mimbres » (la poterie considérée comme la plus aboutie, la plus raffinée des XVème et XVIème siècles, héritière du savoir des Anasazi et caractérisée par des décors peints à l’or). Sous la pression d’Adrian Saxe, Romero osa extraire son art de la tradition pure et s’appropria l’iconographie classique des vases grecs à figures noires (dont le Panthéon antique et les héros ne sont pas sans rapport avec ceux des Indiens d’Amérique) et le Pop Art (Claes Oldenburg, Andy Warhol ou Roy Lichtenstein). Romero est un artiste Pop avant d’être un artiste Indien.

Longtemps considéré comme le ‘Bad Boy’ de l’Art des Natives, turbulent, contestataire, Diego Romero nourrit des sentiments ambivalents à l’égard de la communauté indienne. Indifférent à la nostalgie, assez irrévérencieux, son travail dénonce avec virulence les plaies socio-politiques dont la communauté des Natives de Pueblo est aujourd’hui victime : chômage, pauvreté, monoparentalité croissante, sida, alcoolisme chronique, diabète, jeunesse aliénée, énormes difficultés à faire survivre leurs coutumes et leurs religions. Ses œuvres portent en elles cette histoire cruelle, faite de paternalisme et de violence d’abord exercés par les Conquistadores et leurs missionnaires, puis par les Anglos (blancs américains). Diego Romero nous fait le récit  d’une désintégration culturelle ou – ce qui revient au même - d’une préservation culturelle (réserve). Il compare le Native d’Amérique à un prisonnier de guerre maintenu dans un environnement urbain hostile.

L’art céramique de Diego Romero privilégie le traitement de la surface à celui de la forme. Il excelle dans l’art du dessin. Il tire son goût pour les formes géométriques et stylisées de la bande-dessinée dont il est un amateur avisé. Il s’invente un nouveau panthéon, remplace les habituels symboles de fertilité, de pluie, de croissance, les animaux, par des symboles post-modernistes tels la voiture et les usines, l’alcoolisme... il approche une thématique plus érotique aussi.

L’art de Romero passe instantanément de l’humour à l’horreur, sans détour, sans précaution. Le spectateur oscille sans cesse entre rire et satire grinçante.

Cette année, aux Etats-Unis, la Ceramic Arts Foundation et le Musée des Beaux-Arts de Houston lui consacrent également des expositions.

L’exposition Diego Romero, “Free Spirit potter”  se poursuit du 10 juin au 31 juillet 2012, et s’installe au Centre Céramique contemporaine de La Borne.

Tarifs :

Entrée libre

Partenaires

Les Arts Décoratifs

Horaires

La galerie est ouverte du mardi au samedi de 11h à 12h et de 13h à 19h.

Adresse

Galerie Collection 4 rue de Thorigny 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Métro : Saint-Paul ou Chemin-Vert
Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 2 mars 2020