Comment ça va ?

Films soutenus par le Cnap pour le Festival LOOP
Manifestation/Festival
Zumzeig Cinema Barcelone
Narimane Mari, Haricots rouges, 2013

Narimane Mari, Haricots rouges, 2013,77’

La foire exclusivement consacrée à l'art vidéo « LOOP Fair » aura lieu les 5,6 et 7 juin 2014 à Barcelone (Hôtel Catalonia Ramblas). À cette occasion, un programme de films soutenus par le Cnap et intitulé « Comment ça va ? » est proposé au Zumzeig Cinema les 6 et 7 juin 2014.

« Comment ça va ? »

Ce que manifestent  les films de Chris Marker, Lionel Rogosin, Pere Portabella, Pier Paolo Pasolini, Tariq Teguia- films documentaires et documentés- c'est leur capacité  à traverser  l’histoire, à se ressaisir de la vérité et de la réalité, non comme visées dernières mais bien plutôt comme des outils, des réserves de formes, pour entreprendre un trajet, une trajectoire, un chemin à travers des géographiespolitiques complexes. À leur tour, ces œuvres déterminent un lent exercice de lecture et de déchiffrement, plaçant en perspective tous les corpus descriptifs qui fondent la matière documentaire, interrogeant ainsi la nature même du "filmique". Les essais documentaires se constituent en autant de précis d'analyse, produisant une véritable propédeutique du regard et la possibilité d'une critique. Films de fiction, documentaires, films d’artiste, de nombreuses œuvres filmiques contemporaines adressent à la représentation une question en commun, celle du statut du réel au sein même du récit narratif, en disposant de façon non linéaire les éléments filmiques, en dehors des structures strictement narratives.

Programmation
Sur une proposition de Pascale Cassagnau, responsable des collections audiovisuelles, vidéo et nouveaux médias au Cnap

Vendredi 6 juin (20h et 21h30)
Mati Diop, Mille Soleils, 2013, 45’
«Quelquefois, je me souviens des choses que je n’ai pas connues » écrit Marguerite Duras dans La Femme du Gange, faisant de l’écriture et du travail de la mémoire l’indice d’une différence temporelle et d’une différence spatiale d’avec le présent. 

Mati Diop fait de ce souvenir d’une chose que l’on a pas connu l’objet de son film Mille Soleils qui revisite à sa manière le film Touki Bouki (1972) de son oncle cinéaste sénégalais prématurément disparu à l’âge de 52 ans dans les années 90, Djibril Diop Mambety. Entre art et cinéma, le film Mille Soleils interroge la question de la transmission d’un héritage symbolique et intellectuel, en un voyage dans le temps et les géographies, entre France et Cameroun, à travers des formes hybrides et hétérogènes. Dans les plis de l’Histoire et des histoires individuelles, le film raconte l’histoire première qui en est son prétexte- celle du premier film Touki-Bouki, mettant en scène un couple d’amoureux rêvant de s’installer dans le paradis lointain qu’il situe à Paris, l’un partira l’autre choisira de rester en Afrique -tout en mettant en perspective sa propre interprétation de l’histoire première et du film d’origine. Le voyage qu‘entreprend Mati Diop est un double voyage à travers l’histoire du cinéma et l’histoire du Sénégal. Elle met en scène aujourd’hui l’acteur vieilli du film Touki Bouki rejouant son rôle par- delà les années : Magaye Niang, seul témoin de l’épopée ancienne, seul rescapé d’une génération perdue.

Ce film a bénéficié de l'aide Image/mouvement du Cnap en 2011.

Narimane Mari, Loubia Hamra (Bloody Beans), 2013, 77’
Avec ce premier long métrage la cinéaste et journaliste algérienne Narimane Mari signe une œuvre politique et poétique, sous la forme d'un conte turbulent filmé à hauteur d'enfants. Situé dans une temporalité non identifiée, et prenant place dans une géographie restreinte à une plage algérienne et ses abords à peine urbanisés, le récit met en scène une communauté d'enfants et d'adolescents jouant à la guerre en improvisant leur propre jeu. La guerre nommée est celle de l'indépendance de l'Algérie, mais elle est à peine évoquée de manière elliptique, sans jamais être montrée. Les divers sédiments narratifs qui nourrissent les dialogues constituent des éléments trouvés d'un stocks d'expressions, de gestes, d'images transmises,de générations en générations, alimentant un fonds inépuisable d'imaginaire qui vient nourrir une fantaisie propre à l'enfance. Le film est le récit d'un jeu de rôles à la parole déléguée, où chacun s'exprime en proie au désir de représentation de soi, au sein d'un collectif solidaire de camarades, de frères.

Ce film a bénéficié de l'aide Image/mouvement du Cnap en 2013.

Samedi 7 juin (20h)
Tariq Teguia, Révolution Zendj, 2013, 137’
Deux passeurs - une jeune étudiante palestinienne et un journaliste algérien – se croisent à Beyrouth et «sur les frontières malades du Moyen-Orient », à la faveur de leur quête ou enquête personnelle à travers l'Algérie, l'Irak, le Liban, la Grèce, les États-Unis. Les huit séquences du film se situant respectivement à  Alger, Thessalonique,  dans le désert irakien,à Beyrouth, à New York, dans le Camp de Chatila/Beyrouth, à Bagdad, à Thessalonique, placent les mémoires historiques et humaines de décennies entières en miroir.

Ce film a bénéficié de l'aide Image/mouvement du Cnap en 2012.

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Événement organisé avec le concours de l'Institut Français de Barcelone

Adresse

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CARRER BÉJAR 53
08014 Barcelone
Espagne

Dernière mise à jour le 3 avril 2020