L'origine de la collection remonte à la Révolution française, époque où nait la notion de patrimoine commun. Comptant aujourd’hui près de 105 000 œuvres acquises aux artistes vivants, la collection gérée par le Cnap se constitue dès 1791, avec la création de la Division des Beaux-Arts. Dotée d’un budget propre, distingué de celui des musées, pour acquérir des œuvres et les déposer en institutions, elle a déjà pour but d’encourager et de promouvoir les artistes vivants.

De « dépôt de l’état », ses missions d’achats et de commandes s’affinent au fil des réorganisations administratives. La collection voit sa politique d’acquisition s’ouvrir à la création contemporaine dans les années 1960 avec la création du ministère des Affaires culturelles et celle du service de la création artistique au sein du Bureau des travaux d’art en 1962. Grande division du secrétariat d’État aux Beaux-Arts, ce Bureau porte des projets d’envergure comme la création du Centre Georges Pompidou en 1977, et sa politique d’acquisition devient rapidement plus intense mais aussi plus exigeante. Une partie des œuvres de la période moderne sont transférées dans ce Musée national d’art moderne et la collection prend alors le nom de « Fonds national d’art contemporain », la même année. Cette entité à la fois collection et service administratif est placée sous la tutelle de la Délégation aux arts plastiques du ministère. C’est en 1982 que la collection est finalement affectée au Centre national des arts plastiques, nouvel établissement public du ministère de la Culture et de la Communication. La politique d’acquisition se structure et s’intensifie en faveur de la création contemporaine. Un tournant s'opère au sein de la collection qui se voit agrémenter d'un fonds photographique, puis vidéo. Depuis, la politique d’acquisition n’a cessé de s’intensifier et la collection continue de s’enrichir tous les ans d’achats, de dons et de commandes prospectifs.  

Le Cnap gère aujourd’hui directement, pour le compte de l’Etat, le fonds national d’art contemporain et entretient son identité éclectique : la collection n’obéit pas à une logique muséale mais fait écho à la création contemporaine. Sa diffusion s’organise à travers une politique de dépôts et de prêts, en France comme à l’étranger et permet d’enrichir musées, institutions et administrations. Par sa particularité, la collection ne cesse de réunir les experts et de susciter réflexion et recherche sur les évolutions de l’art d’aujourd’hui.

 

Le fonds se compose de trois grandes entités, réparties selon les responsables de collection et les services en charge de celles-ci, et dénommées selon les termes : « collection historique », « collection moderne » et 
« collection contemporaine ».

Allant de la fin du XVIIIe à l’aube du XXe siècle, la « collection historique » comprend plus de 26 000 œuvres. Les achats réalisés à cette époque favorisent nettement les artistes français ainsi que la peinture. Reflet de son temps, ce fonds illustre la Hiérarchie des arts et des genres, la tradition des Salons et du Prix de Rome, tout comme la politique de la commande, caractéristique de la politique d’achat au XIXe siècle et qui représente près d’un achat sur deux. Les portraits officiels et la sculpture commémorative sont ainsi une part importante du fonds.

Couvrant la période du début du XXe siècle jusqu’aux années 1960, la « collection moderne » réunit près de 34 000 œuvres. Si la commande et l’achat en Salon ne sont plus d’actualité, c’est l’acquisition directe aux artistes et auprès des galeries qui a permis d’enrichir ce fonds. Il atteste ainsi d’une nouvelle sociologie du marché de l’art. La collection moderne réunit les différents courants stylistiques qui marquent les débats artistiques de cette période : Art déco, Retour à l’ordre, Nouvelle Objectivité allemande et avant-garde russe mais aussi la Nouvelle École de Paris.

Embrassant la période allant des années 1960 à nos jours, la « collection contemporaine » comprend plus de 48 000 œuvres et s’organise en secteurs : Arts plastiques ; Photographie et images animées ; Arts décoratifs, design et métiers d’art. Avec une intensification de la politique d’acquisition dans les années 1980, elle ne cesse de s’accroître chaque année. La commande publique, un autre mode d’enrichissement de la collection, traverse tous les secteurs de la collection et illustre le processus créatif. La collection rend ainsi compte de la diversité des tendances et des pratiques artistiques de la création d’aujourd’hui.

Arts plastiques
La collection Arts plastiques embrasse une grande variété de supports et de médiums, témoignant de l'évolution permanente des pratiques artistiques : peintures, sculptures, œuvres graphiques mais aussi installations, environnements, œuvres protocolaires, performances et pièces sonores. Si les courants majeurs de la seconde moitié du XXe siècle (Nouveaux Réalisme, Arte Povera, Art conceptuel, Art minimal, Antiforme…) sont bien représentés, l’intensification des acquisitions à partir des années 1980 a aussi permis de suivre l’émergence française et internationale dans un contexte plus global.

Photographie et images animées
La collection de photographies est dotée d’un socle historique représentatif des principaux courants des années 1950 aux années 1970. Il comprend de remarquables ensembles de photographes essentiels pour cette période et la scène contemporaine française constitue un axe fort. La commission d’acquisition de photographies ayant été créée en 1981, le Cnap a pu enregistrer avec attention l’essor exceptionnel de la photographie comme médium privilégié des artistes. Achetée systématiquement dès 1972 et tout au long des années 1980, la vidéo fait une entrée massive dans la collection dans les années 1990.

Arts décoratifs, design et métiers d’art
La création, en 1981, d’un secteur dédié aux arts décoratifs, à la création industrielle et aux métiers d’art a permis de bâtir une collection de quelques 10 000 pièces, reflétant les évolutions et la pluralité de ce champ très vaste dont l’axe principal est le paysage domestique. Loin du récit historique, la collection propose une succession de visions et d’interprétations de l’actualité de la création. Elle dispose néanmoins d’un petit noyau historique d’œuvres acquises avant la constitution d’une commission d’acquisition dédiée et a été parcimonieusement et à titre exceptionnel complétée à l’occasion de quelques « rattrapages » avec des œuvres originales (Serge Mouille, Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Jean Royère, puis Olivier Mourgue, Roger Tallon, Quasar, Christian Germanaz) ou à l’occasion de rééditions (Nanna Ditzel, Eames).

Dernière mise à jour le 9 juin 2021