CHEVALIER Alex

Silence (Cartes Postales), 2016
eau forte
10,5 x 15 cm
16 ex. / vélin de Rives
production : URDLA
numérotée, titrée, signée et estampillée/tamponée sur verso
crédit photographique, Jules Roeser

Biographie

Né le 30 mars 1989 à Ussel, il vit et travaille à Bort-les-Orgues et Paris.

"J’espérais trouver dans mes premières amours pour l’art conceptuel (qui irrigue la réflexion d’Alex Chevalier et ses différents déploiements dans des activités critiques, artistiques, éditoriales et curatoriales, rejouant d’ailleurs consciemment les contradictions de ses tenants historiques) matière à théoriser. Un truc, une idée. Un protocole même. Tiens, oui, un protocole : comme l’artiste lui-même qui, je le sais, songe sérieusement, à terme, à déléguer la réalisation de ses pièces. Des pièces qui n’en relèvent pour l’heure pas moins d’une esthétique des plus… efficaces. Écrivons-le sans blêmir puisque c’est l’un des nombreux reproches qui ont pu être formulés aux conceptuels (si « conceptuels » au pluriel généralisant il y eut) : une esthétique efficace donc, où le minimalisme des formes se conjugue avec l’émotivité du quotidien…

Quelque chose de la célèbre scène finale de Blow Up (1966). Quelque chose d’un statement faussement absurde : 1/ l’artiste peut jouer au tennis, 2/ la partie peut être organisée, 3/ la partie n’a pas besoin d’être jouée. Ou alors : seulement, jouée. Car c’est précisément l’image qui me (re)vient lorsque je tente de saisir le travail d’Alex Chevalier : cette partie de tennis mimée, silencieuse, que Thomas, le héros de Michelangelo Antonioni, rend à une certaine « réalité » en faisant mine de récupérer la balle absente, sortie du court, par-dessus le grillage l’entourant, pour s’échouer sur le gazon so british de l’immense parc constamment désert, et en la relançant, face caméra, vers un hors-champ auquel on n’aura plus accès, dès lors, si ce n’est par le son : la scansion de la balle frappant le sol se faisant à nouveau entendre, accompagnée, peut-être, de la reprise d’une lointaine rumeur urbaine. Le geste arrache à l’onirisme du jeu, enclenche la bande-son du monde réel, mais condamne à une autre amputation de l’analyse et de la perception. Il me semble parfois que c’est ce que s’amuse à faire Alex Chevalier : ramasser la balle, et faire mine de la relancer dans ce qui reste un hors-champ, pour l’auteure que je suis. [...]"

Extrait du texte "Match Point" (2018) de Marie Cantos. Une commande de Documents d'artistes Nouvelle-Aquitaine. 

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Born in 1989 in Ussel, he lives and works in Bort-les-Orgues and Paris.

 

 

Source

Documents d'artistes Nouvelle-Aquitaine
Partenariat Centre national des arts plastiques / Réseau documents d'artistes

Dernière mise à jour le 2 mars 2020