CAVALIÈRE Y NANSHA

SALÓN DE LOS REINOS
Exposition
Arts plastiques
École nationale supérieure d'art et de design de Nancy Nancy

Après Rubens/Catherine de Médicis/Delta de la rivière de perles/ HST/ 240x470

Préambule. Un peu d’histoire Entre 1632 et 1664, le Premier ministre, favori de Philippe IV d’Espagne, le comte Olivares eut l’initiative de construire le palais de Buen Retiro au sud de Madrid. L’ampleur des travaux de construction et de décoration en a fait l’écrin des collections royales. Commencée en 1633, la décoration du Salon de los reinos, environ quarante mètres de long par dix de large, une salle de réception dans la grande tradition princière, fut achevée deux ans plus tard. Le programme iconographique était entièrement dédié à la gloire des Habsbourg d’Espagne. Sur les petits côtés du salon, on trouvait d’une part deux, d’autre part trois portraits équestres, de membres de la famille royale réalisés par Velásquez et ses assistants. Douze tableaux de bataille monumentaux décoraient les panneaux situés entre les fenêtres des grands côtés. Ils glorifiaient les succès militaires de Philippe IV, justifiant simultanément le coût très élevé de la politique expansionniste mené par le roi et le comte Olivares. [ Lors de ses aménagements les plus récents, le musée du Prado à Madrid donne à voir, un ensemble partiel, dans une proposition de mise en scène allusive à l’original disparu ]. Nancy Thermal Nancy Thermal offre bien des similitudes dans ses dimensions hors du commun, la monumentalité de ses espaces, hauteur sous plafond, solennité de sa perspective imposante. L’idée m’est donc venue d’un projet de peinture monumentale, soit un ensemble de tableaux de grand format d’environ trois mètres par cinq et au nombre de trois à cinq unités. Le mur d’accrochage totalisant une soixantaine de mètres de long sur une moyenne de six mètres de large et d’environ huit mètres de hauteur sous corniche, il autorise une sorte d’asymétrie transhistorique sous la forme de peinture d’histoire développée sur de grands tableaux mettant en jeu la géographie et l’histoire appareillée de figures équestres. [ Je retrouve en cela des périodes de mon travail commencé dès 1987 / Bleu / Avant garde coloniale / Style comme racisme, et présenté dans des expositions comme Les Cannibales n’ont pas de cimetière (1988), Missio (1989), Dia da Raça (1991), Le Bateau ou la Forêt (1992). ] Figures équestres Ici, ce ne sont que des portraits équestres de femmes, inspirés des tableaux de Sébastien Bourdon (Christine de Suède, 1653), Claude Deruet (Madame de Saint Baslemont, 1656), Diego Velásquez (Marguerite d’Autriche, 1634-1635) (Élisabeth de Bourbon, 1634-1635), Pierre Paul Rubens (Marie de Médicis, 1622-1625). Ces tableaux glorifient l’image de ces femmes de pouvoir et sont une forme d’allégorie de la conquête : une apologie de la colonie certes moins martiale que les figures équestres militaires des rois, empereurs et princes, elle diffuse de façon beaucoup plus ambiguë des véhicules de charme et d’autorité. C’est un questionnement par la peinture de nos valeurs, de nos sédiments les moins révélés. Asymétrie L’hypothèse qui traverse mon travail actuel consiste à rechercher où s’est enfouie notre grandeur coloniale passée avec son cortège de nostalgie, déplacements et autres réminiscences. En associant ces images de figures équestres historiques à celles de vue satellite (Google Earth) ou de plans des villes chinoises, je tente de signaler le dispositif d’involution qui traverse désormais la culture en Europe océanique. Dans mes engagements les plus récents, je me suis adossé à une unité d’étude et de recherche avec une équipe d’architectes et de philosophes à propos de L’architecture de la grande échelle concentrée sur une problématique du développement urbain sur le site de Canton / Nansha, (autour du delta de la rivière des Perles). Je m’autorise le mixage d’images liées au site, à la géographie dans un contexte du développement exponentiel qui est celui de la Chine contemporaine. Ces tableaux proposent une réflexion sur des éléments d’anthropologie culturelle qui nous sont encore inconnus. En effet, quelle sera notre réaction à cette involution, nous qui sommes programmés par la mémoire d’une culture coloniale ? La question chinoise a eu un effet séminal ces dix dernières années, ensemençant de manière presque obligée les milieux culturels océaniques européens et plus particulièrement les cercles liés aux arts visuels, une forme à rebours de culture de l’exode. Formes et traitements Peinture et technologie de souveraineté « L’adéquation entre l’imaginaire et l’imagé ne peut être totale et laisse la place à la liberté interprétative. La notion de répétition de modèle dans les sociétés dites traditionnelles n’est pas une donnée unique et exclusive. Laurent Joubert reprend à son compte ces tentatives audacieuses. Sans qu’il ait lui-même établi ce lien avec Weiner. Il s’agit au contraire de questionnements récurrents dans la pratique de l’art et il est intéressant qu’ils surgissent chez un artiste très attaché à la peinture et non par le biais de l’art conceptuel ». Jean-Hubert Martin, catalogue Courtyard, 1996, RMN Pour Cavalière y Nansha Nancy Thermal, je vais tenter une mise en place qui accapare l’actualité de ma pratique d’atelier : comment peindre en respectant ce médium historique tout en m’inspirant des moyens technologiques les plus avancés, tels que ceux liés aux télécommunications, aux transmissions de données numériques (images satellites distribuées et mises en réseau par Google Earth, technologie de souveraineté, c’est ainsi qu’elles sont nommées dans les milieux géopolitiques. Dans une perspective de « guerre des étoiles », la maîtrise de ces outils est devenue incontournable. De façon à pouvoir rester très opérant, j’ai favorisé le plus possible les notions de flux et de contagion en recourant à des études préliminaires à l’aquarelle. C’est par cette énergie phréatique que je compte être porté pour résoudre ces grands tableaux d’histoire. La figure équestre, elle, a une présence de sympathie quasi immédiate avec ces fonds territoriaux, comme si l’un dépendait de l’autre de manière intime et ce vice versa. Laurent Marie Joubert Intentions, octobre 2007 …. Six grandes toiles, dont quatre triptyques, d’après Veláquez, Deruet, Bourdon, Rubens. Figures équestres sur fond de paysages cartographiques chinois. Voir Nicolas Chaudun, La majesté des centaures. Le portrait équestre dans la peinture occidentale, Actes Sud, 2006. Amazones et cavaliers. Hommage à Claude Deruet. Musée des beaux-arts de Nancy, 2008. Claude Deruet, Carrousel de 1662. Le Duc de Guise, roi américain, détail d’une planche extraite de Courses de testes et de bague faites par le Roy et par les princes et seigneurs de sa cour en l’année 1662, Imprimerie royale, 1670, exemplaire mis en couleur par Louis XIV, Versailles, Bibliothèque municipale.

Complément d'information

OUVERTURE DE LA GALERIE DE L'ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D'ART

Le 11 décembre 2008, l’École nationale supérieure d’art de Nancy ouvrira une galerie d’école
dans un bâtiment de Nancy Thermal, suite à une convention passée pour cinq ans entre la Ville
de Nancy, propriétaire du lieu, et l’école.

Situé dans le parc Sainte Marie, à proximité de l’école, l’ensemble Nancy Thermal regroupe les thermes avec une piscine d’eau minérale et la source Lantenier – l’une des attractions de l’Exposition universelle de Nancy 1909 – et la piscine ronde inaugurée le 14 juillet 1914.

La Galerie Nancy Thermal, vaste espace de 75 mètres de long dans les anciens thermes, accueillera une programmation de 4 à 5 expositions chaque année (mi-septembre à mi-juillet, en rythme avec le cycle des études), avec des artistes invités à créer des œuvres ou une installation pour le lieu.

Autres artistes présentés

Laurent-Marie JOUBERT

Partenaires

Exposition réalisée avec le soutien du Ministère de la culture et de la communication / Délégation aux arts plastiques, de la DRAC Lorraine, et de la Ville de Nancy

Horaires

du mardi au samedi, de 14h à 19h // exceptionnellement fermé du 22/12/08 au 3/01/09

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

École nationale supérieure d'art et de design de Nancy 1 place Charles Cartier-Bresson 54000 Nancy France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020