Carole Fékété, Paul Pouvreau

Projections vidéo, les baraques-plage, la cabane et burn
Projection/Diffusion audio
Film, vidéo

Paul Pouvreau, BURN (2008), vidéo, couleur, sonore, 4'15''

CAROLE FÉKÉTÉ 
LES BARAQUES-PLAGE (Sangatte 2013) Vidéo HD, noir et blanc, sonore, 14'35''

Une caméra subjective longe la plage de Blériot-Sangatte en plan séquence, faisant apparaître l’une après l’autre des baraques alignées sur plusieurs centaines de mètres. La mer en vis à vis, absente de l’image, est restituée par la bande son. Nous sommes hors saison, il n’y a personne sur la plage; en plus des vagues et du vent, on perçoit quelques voix au loin. Face à la mer, les gîtes bricolés et précaires sont clos comme autant de chambres noires dont le contenu ne nous est pas révélé. Cette marche obstinée semble chercher quelque chose dans le paysage fantomatique d’une côte qui s’est appelée « Mur de l’Atlantique ». Avec une attention portée à la mémoire et ses fluctuations, le film progresse autour d’un dialogue entre l’élaboration du souvenir et la forme de l’enregistrement.

PAUL POUVREAU 
LA CABANE (2004) Vidéo, couleur, sans son, 10'
BURN (2008) Vidéo, couleur, sonore, 4'15''

Toutes deux tournées dans un cadre bucolique qui bouscule le genre établi du paysage, La cabane et Burn documentent la destruction de constructions de cartons. La Cabane est le condensé d'un tournage de quatre mois pendant lesquels l'architecture en carton est altérée par les aléas du temps et des intempéries. La vidéo en un plan fixe et serré se présente comme un long temps de pose photographique. La façade de l'architecture s'apparente à une grande plaque sensible sur laquelle se projette une succession de formes apparaissant et disparaissant comme des images. Ce que l'on mesure également au final, c'est que le moment de la chute, cet ultime point de l'équilibre ou du déséquilibre, n'est pas enregistré. De manière symptomatique, manquent l'instant et l'instantané. Dans Burn c'est un incendie volontaire qui transforme en cendres une autre "cabane" de cartons. Le temps de la destruction se déroule dans une ambiance de fête champêtre que le tonnerre et les éclairs d'un orage rythment d'une nouvelle dramaturgie. Burn joue de référents qui relèvent du naturel ou du fabriqué, de l'ordinaire ou de l'extra-ordinaire, du document ou du spectacle, de la manipulation ou de l'accident et orchestre l'ambivalence des signes et des images.

Dernière mise à jour le 2 mars 2020