Burkard Blümlein

ici/ICI
Exposition
Arts plastiques
Galerie Bernard Jordan Paris 03

Des deux côtés à la fois, 2012, table en bois et verre

 

Je ne comprends pas grand-chose à la physique moderne. Au moins, je crois avoir compris qu’il n’est pas si évident de localiser une particule à un moment donné, un moment infiniment court bien sûr. Il se peut que cette particule se trouve à plusieurs endroits en même temps. Et sa localisation actuelle serait plutôt une question de relativité qu’un fait vérifiable ? 

Par exemple : je suis assis à une table sur la terrasse d’un café au Gärtnerplatz à Munich. Mais dans ma pensée je suis, peut-être, avec un ami à Paris, pendant que celui-ci se trouve, en réalité, en voyage d’affaires dans le sud, ce qui le ramène à ses souvenirs d’enfance dans le Var. Ou alors on est bel et bien là où l’on est, mais dans le passé ou dans un avenir projeté par notre cinéma person- nel, gratuit et incessant. Dans ce cas : qui est où, et quand ? 

Sur la table et sous la table, cela semble pourtant bien tranché, bien séparé. Par la planche. Mais l’espace à l’intérieur de ce récipient en verre qui traverse la planche, verticalement, c’est bien le même au dessus et en dessous. Par conséquent, les particules d’air dans le verre sont, en même temps, au dessus et en dessous de la table, n’est ce pas ?

 

Deux pierres, espèce de constellation de planètes cheminant leurs orbites, se trouvent suspendues sur ou dans un verre – le verre faisant partie d’elles et elles font partie du verre. Elles se positionnent et se tiennent, l’une par rapport à l’autre, dans l’espace, un moment de grâce, un instant figé. Ah, toutes ces constellations, constellations d’équilibre, de mouvements, d’arrêt, constellations de forces ! Grace à toutes ces forces de gravité, tous ces mouvements d’étoiles et de planètes, le cosmos tout entier semble, tel un mécanisme d’horlogerie gigantesque, se tenir dans un équilibre complexe, infiniment fragile, le seul possible. Espérons qu’il n’y ait pas une petite bille qui se perde quelque part. 

Ces constellations sont souvent des couples – car les plus simples à créer et pourtant les plus dif- ficiles à garder dans le temps – ou alors des doubles, des copies, des reflets, qui nous inquiètent parce qu’on a toujours peur des esprits. Mais ne dit-on pas, à juste titre, que, tant qu’on entretient un dialogue avec son esprit, on est toujours en vie ?

Et puis, il y a la question des icebergs. Il semble que 90% de l’iceberg se trouve sous la surface de la mer. On a du mal à le croire puisqu’on ne le voit pas. Heureusement, on peut faire l’expérience avec un glaçon dans un verre de whisky. Et là, on constate facilement que, tant que le glaçon ne disparaît pas complètement, la relation entre la partie au dessus du whisky et la partie dedans reste toujours la même. Cependant, à plusieurs reprises, le haut devient le bas et inversement. Ce qui est incroyable, c’est que le haut ne ressemble pas du tout au bas et pourtant, c’est le même glaçon. C’est magique. Et cela se recoupe avec d’autres phénomènes : Les cartes de jeu, la philosophie du verre à moitié plein ou, au contraire, à moitié vide et, naturellement, le Yin et Yang. 

Horaires

La galerie est ouverte du mardi au samedi de 14h à 19h

Adresse

Galerie Bernard Jordan 77 rue Charlot 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020