Biennale d'Issy 2013

Exposition
Arts plastiques
Musée de la Carte à Jouer Issy-les-Moulineaux

Christelle Mas, Bonnie & Clyde, 2013, photographie contrecollée sur aluminium, 45 x 60 cm

La 10e édition de la Biennale d’Issy réunit 55 artistes qui s’expriment autour de la notion de goût. Une réflexion sur l’un des cinq sens nous permettant de percevoir les saveurs, mais aussi de discerner les beautés et les défauts des choses et de la vie. De la gastronomie à la surconsommation, de la vie animale ou végétale transformée en aliments, les créations de grands chefs étoilés côtoient les oeuvres d’artistes plasticiens, peintres, sculpteurs, vidéastes et photographes. Certains s’emparent de la nature morte, d’autres la détournent. Acerbe, humoristique ou poétique, un regard critique sur notre société pour une 10e édition goûtue.

Tarifs :

Entrée libre

Complément d'information

Sur le thème L’art du goût - le goût de l’art, cette 10e édition de la Biennale d’Issy se tient pour la première fois dans deux lieux : au Musée Français de la Carte à Jouer (13/09 au 10/11/13) et à la Médiathèque Centre Ville (15/10 au 17/11/13).


Sous la conduite de sa présidente, Chantal Mennesson, cette 10e édition de la Biennale d’Issy se décline ainsi selon les différentes créations de grands chefs et d’artistes plasticiens, peintres, sculpteurs, vidéastes et photographes qui, tous, reconnus ou moins connus du grand public, s’emparent d’un même thème et investissent les salles du Musée et de la Médiathèque pour nous faire partager leur vision du goût.


Pour sa série “Le cuisinier et son double”, le photographe Philippe Martineau présente ainsi son travail : « En chaque grande recette de chef, je vois une œuvre d'art éphémère, indissociable de son créateur (…) C’est pourquoi la photographie culinaire s’apparente pour moi avant tout au portrait. » Plusieurs portraits de grands chefs (Pierre Gagnaire, Joël Robuchon, Guy Savoy…) et de leur “double” sont ainsi exposés à la Médiathèque, tandis que le Musée de la Carte à Jouer présente celui d’Alain Passard, réalisé spécialement pour la Biennale.


Véritable passeur entre la cuisine et l’art, le chef étoilé Alain Passard (restaurant L’Arpège à Paris) est connu pour ses “plats-signatures”, traduisant sa passion du beau geste : il présente au Musée plusieurs collages originaux qu’il a réalisés pour illustrer ses recettes, comme ces “Asperges à la verticale”, ainsi qu’une sculpture de homards en bronze. Autre grand chef étoilé, Michel Bras (restaurant Bras à Laguiole) se révèle dans une vidéo, fidèle à son image d’avant-gardiste de la cuisine créative. Peintre et chef étoilé, Jean-Luc Fau (restaurant Goûts et Couleurs à Rodez) alterne quant à lui ses deux passions en les imbriquant parfois intimement dans un prolongement plastique du “croquis préparatoire” en cuisine.


Sur le parvis du musée, plusieurs sculptures de grand format accueillent le visiteur dès l’entrée : au son d’une création de zinc et d’eau de Francis Arsène, la “Vache gourmande”, épure en fil d’inox et d’aluminium de Florence de Ponthaud, côtoie le troupeau métallique en “Transhumance” d’Emmanuel Perrin, tandis qu’une “Germination” en acier peint de Philippe Desloubières pousse vers le ciel.


Base d’une alimentation non végétarienne, d’autres animaux peuplent les salles du musée : volatiles cloués au sol de Richard Di Rosa, têtes de cochon photographiées dans un réfrigérateur par Jenny Ecoiffier, pieds et abats de porc en céramique de Valérie Delarue, monstres hybrides à l’encre de Chine d’Aria Thomas, créatures mexicaines imaginaires en capsules de café de Ferkinter, cerf sculpté en deux dimensions par Roland Cognet, bar peint avant d’être cuisiné par Pierre Antoniucci… Les plats sculpturaux photographiés de Carlos Poveda figurent indéniablement l’animal à l’état de nourriture, tandis que la viande crue dessinée en bâtons par Fantine Andrès devient presque sensuelle. Aux peaux de poisson, photographiées en très gros plan par Pascal Dechaux Blanc, répondent les petits poissons bien vivants d’Anne-Catherine Becker-Echivard que l’artiste met en scène dans des décors minutieusement faits main pour une représentation de La Cène, où s’activent de bien curieux apôtres de la finance…


Au cœur de la plupart des propositions, la consommation est évoquée tout autant que ses dérives. A la Médiathèque, l’installation “Miam miam !” de Colin Cyvoct présente, sur une belle nappe en toile cirée, des dessins inspirés de prospectus publicitaires, et dénonce les leurres de cette si alléchante société de consommation. Au Musée, Philippe Bruneteau place le globe terrestre dans un cornet de glace en train de fondre : c’est la “Faim du monde”. Corinne Fhima détourne l’imagerie féminine des magazines qu’elle découpe, saucissonne et insère dans des barquettes alimentaires amassées dans un caddie tournant sans fin sur lui-même. Clarisse Rebotier propose quant à elle une drôle de revue composée de légumes photographiés dont s’échappent le galbe sexy de Gilda Fennel ou de Dita von Endive… Pour son “Buffet de la mer”, Caroline Secq dresse sur table une abondance de plats et de mets, tous composés avec des restes… plastiques, filets, bidons, polystyrène… rejetés par la mer et récoltés tels quels sur une plage.


La notion de valeur est suggérée par l’équilibre de l’installation de Lulù Nuti, grande balance pesant 1 kg de plumes avec un poids métallique. Dans sa vidéo “Bio versus OGM”, José Man Lius filme les différentes étapes de pommes, qu’il transforme ou scarifie, et auxquelles s’adjoint le dépérissement naturel du fruit en séchant. Avec ses dessins et sa vidéo, Luci nous invite à se réapproprier les organes qui matérialisent nos sens face à des aliments de plus en plus aseptisés. Dans un autre registre, Pierre Chandelier prend comme matériau artistique les brouillons jetés à la poubelle par des étudiants lors d’épreuves d’examens. Plus loin, la vaisselle est détournée de son statut dans les faïences de Laureline Lê, tandis que Sophie Sainrapt peint des “Assiettes érotiques” d’après Georges Bataille.


Gourmandises liées à l’enfance, aujourd’hui issues de l’industrie alimentaire, bonbons et sucreries ont la part belle : friandises au pastel d’Elise Toublanc, sucettes oniriques en zirconium de Thoji Choi, peintures sur nounours Haribo® de Stéphane Gautier… Mais encore, les Petits Lus de Sébastien Duranté, la ville tout en sucre dessinée par Murielle Le Guennec ou les appétissantes créations de Martin Mc Nulty qu’on se verrait bien croquer à pleines dents.


Vanités et natures mortes restent l’apanage des peintres – Robert Combas, François Boisrond, Joël Brisse, Esteban Ruiz, Stéphane Belzère, Nicolas Bernière, Didier Genty, Noël Perrier, Nurhidayat, Ru Xiao-Fan – mais aussi des photographes : les fruits pétrifiés de Jean-Marc Sicard, les scènes de table empruntées à la peinture flamande de Nicolas Wilmouth, dans lesquelles l’artiste insère un verre de bière ou un anachronique doughnut. D’autres s’approprient les maîtres, comme la plasticienne Laina Hadengue qui revisite Ingres tout en résines, glacis et plexiglas, ou le photographe Bernard Pras livrant une version contemporaine du “Petit pâtissier” de Soutine à partir d’un ensemble d’objets hétéroclites. En une installation, Cynthia Lemesle et Jean-Philippe Roubaud rassemblent les fruits (secs et artificiels) et les oiseaux (taxidermisés) qui composent les natures mortes du Caravage, tous bien conservés… dans un bon vieux réfrigérateur.

Autres artistes présentés

 

Fantine Andrès, Pierre Antoniucci | Francis Arsène | Anne-Catherine Becker-Echivard | Stéphane Belzère | Nicolas Bernière | François Boisrond | Michel Bras | Joël Brisse | Philippe Bruneteau | Pierre Chandelier | Thoji Choi | Roland Cognet | Robert Combas | Colin Cyvoct | Pascal Dechaux Blanc | Valérie Delarue | Philippe Desloubières | Buddy Di Rosa | Sébastien Duranté | Jenny Ecoiffier | Jean-Luc Fau | Ferkinter | Corinne Fhima | Stéphane Gautier | Didier Genty | Julien Gudéa | Laina Hadengue | Laureline Lê | Murielle Le Guennec | Cynthia Lemesle & Jean-Philippe Roubaud | Tianbing Li | Luci | José Man Lius | Philippe Martineau | Christelle Mas | Martin McNulty | Nurhidayat | Lulù Nuti | Roshanak Ostad | Alain Passard | Noël Perrier | Emmanuel Perrin | Florence de Ponthaud | Carlos Poveda | Bernard Pras | Clarisse Rebotier | Ru Xiao-Fan | Esteban Ruiz | Sophie Sainrapt | Caroline Secq | Jean-Marc Sicard | Aria Thomas | Elise Toublanc | Nicolas Wilmouth

Partenaires

Ville d'Issy-les-Moulineaux | Fête de la Gastronomie | Arts & Gastronomie | paris-art.com

Mécénat

Arjowiggins Graphic

Horaires

Entrée libre Musée de la Carte à Jouer : mer-ven : 11h–17h | sam-dim : 14h–18 h (tous les jours sauf lundis, mardis, jours fériés) Médiathèque Centre-Ville : mar : 13h–21h | mer : 10h–19h | jeu-ven : 13h–19h | sam-dim : 10h30–18h (tous les jours sauf lundis et jours fériés)

Adresse

Musée de la Carte à Jouer 16 rue Auguste Gervais 92130 Issy-les-Moulineaux France

Comment s'y rendre

Métro : Mairie d’Issy (ligne 12) Bus : 123, 126, 169, 189, 190, 289, 290, 323, Tuvim TRAM : Val-de-Seine (ligne 2) | RER : Val-de-Seine (ligne C)

Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 18 septembre 2020