Bethan Huws

Films & Ready-mades
Exposition
Arts plastiques
Les coopérateurs Limoges

« Sa première langue est le gallois, sa seconde l'anglais. Elle vit en France. Ces clefs qu'offre sa biographie indiquent l'aspect central de son travail : les traductions entre diverses cultures, les traductions d'expériences en concepts et vice versa ». Début du rapport du jury pour le prix BACA en 2006, cité par Adrian Himmelreich, Bonnefanten Museum, Maastricht, 2006. Depuis une trentaine d'années, le parcours artistique de Bethan Huws s'appuie essentiellement sur le langage, même si elle peut aussi faire des installations, des sculptures, des films et des dessins aquarellés. Après l'éclatante démonstration de son exposition à Vassivière ce printemps, le FRAC Limousin propose une approche intimiste de la démarche de cette artiste qu’un critique résume ainsi : « Une force silencieuse et persistante dont chaque œuvre semble évoquer le commencement de l'art même », Hans Rudolf Reust, Artforum, july 2007. La simplicité, le doute, la remise en question des mots et des phrases que nous utilisons chaque jour caractérisent la recherche de Bethan Huws. Des textes peints sur le mur, ou sertis dans des vitrines administratives (« Word Vitrines ») lui permettent de s'adresser à chacun de nous pour énoncer des aphorismes, remettre en cause certaines idées reçues (« Which came first the chicken or the egg ? The egg, as it’s the more primitive form. That’s logic » 2001)(*), faire des déclarations, rendre hommage à certains artistes (Yves Klein, René Magritte, On Kawara, Richard Hamilton, Andréas Slominski, Marcel Duchamp,…) ou nous faire part de ses interrogations (« Qu’est-ce que tu penses ? Je pense pas, je regarde » 2006, « What’s the point of creating more artworks when you don’t understand the ones you’ve got » 2006)(*). Son intérêt pour Marcel Duchamp, père de l'art conceptuel, remonte à de nombreuses années. Elle précise : « La première fois que j'ai rencontré Fountain en chair (et en os), pour ainsi dire, je ne l'ai pas reconnue comme une œuvre d'art; j'ai simplement reconnu un urinoir sur un socle, et alors? C'est seulement plus tard, avec un peu de travail en plus de ma part, quand j'ai mis le mot « Fontaine » (réalisation) sur la chose « urinoir » (reconnaissance), que la grande roue a commencé à tourner ». Elle approfondit notamment les jeux de langage de Duchamp, et son étroite relation avec Guillaume Apollinaire, proposant une lecture totalement renouvelée du fameux ready-made, sous l’angle de la métaphore plutôt que du concept. En 1993, elle fait une apparition fulgurante sur la scène britannique en réalisant son premier film, « Singing for the Sea », juxtaposition d'un choeur folklorique bulgare au rivage du Northumberland, au Nord-Est de l'Angleterre. Dix ans plus tard, elle réalise un autre film « The Chocolate Bar », sorte de fable sur la notion de concupiscence qui nous fait changer d’époque à travers trois lieux et trois personnages interprétés par le même acteur gallois Rhys Ifans. En 2009, un quatrième film, « Fountain », reprend les neuf étapes successives que requiert la vision détaillée de la dernière œuvre de Duchamp « Etant donnés : la chute d’eau, le gaz d’éclairage » comme principe de montage d’images de fontaines filmées à Rome l’année précédente. « Comment ce que nous entendons correspond à ce que nous voyons ? » résume-t-elle. Ces trois films sont présentés dans l’exposition. (1) En 2003, elle réalise un grand nombre de ready-mades, dont certains ne sont pas des objets mais des éléments vivants, périssables. En parallèle, elle produit également des poèmes-objets et des sculptures variées : ready-mades aidés ou assistés, petits bateaux en jonc, objets agrandis, soclés, emboités sous altuglass, sérigraphiés, moulés,... Les sculptures sélectionnées sont surtout des ready-mades « frais », c'est à dire destinés à flétrir, et irrémédiablement liés à l'idée de vanité.Ces deux angles, cinématographique et sculptural, constituent l’armature de l’exposition. En complément, des œuvres de langage sont également présentées. Quelques « Word Vitrines » précisément choisies et un texte en néon éclairent l’ensemble sous un jour réflexif (« At the base of the brain, there is a fountain », « The ready-made, a metaphor… »), énigmatique (« Ceci n’est pas un miroir ») ou simplement poétique (« Il fait beau aujourd’hui »). Comme le précise l’artiste dans une œuvre de 2008, « Le ready-made. Words are equally ready-mades, but langage is not ».(*) Yannick Miloux, avril 2011 Notes (*) « Qu’est ce qui vient d’abord, l’œuf ou la poule ? L’œuf, car c’est la forme la plus primitive. C’est logique ». (*) « A quoi ça sert de créer plus d’œuvres d’art quand vous ne comprenez pas celles que vous avez déjà faites ? » (*) « Le ready-made. Les mots sont des ready-mades équivalents, mais le langage ne l’est pas. »(1) Un quatrième film, ION ON (couleur sonore 60’ 2003), dialogue en anglais entre un commissaire d’exposition et un artiste interprétés par le même acteur sur fond de paysage méridional, sera projeté lors de la dernière semaine de l’exposition, le mercredi 26 octobre, dans l’amphitéâtre de l’ENSA, à la suite d’une conférence publique de l’artiste.

Complément d'information

> Les rendez-vous de l’exposition :
> le samedi 17 et le dimanche 18 septembre : Journées du Patrimoine. Visite commentée à 16h30 – entrée gratuite.
> lectures de l’exposition : de 18h30 à 19h30 - entrée libre
le jeudi 29 septembre : par Yannick Miloux, Directeur du FRAC Limousin
le jeudi 27 octobre : par Bethan Huws, artiste
> le samedi 29 octobre dernier jour ! : de 14h à 18h - entrée libre - 16h visite accompagnée de l’exposition

Artistes

Partenaires

Galerie Yvon Lambert, Paris – New-York Galerie Tschudi, Glarus - Zuoz (Suisse)

Horaires

Du mardi au samedi de 14h à 18h Fermé : lundi, dimanche, jours fériés.

Adresse

Les coopérateurs Impasse des Charentes 87100 Limoges France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020