Aurélie Pétrel

Partition #mai2014
Exposition
Photographie
Galerie Houg Paris 03

Vue d'exposition // Partition #mai2014 // Galerie Houg, Lyon

Le chemin que trace Aurélie Pétrel, les résidences, les rencontres, les influences qui ont nourri et nourrissent son parcours artistique, explorent le medium photographique et l’ont conduit petit à petit à définir son travail autour de la notion de « partition photographique ». 

Après une exposition à Clamart au printemps 2014 au Centre d’art Albert Chanot nommée « Partitions », Aurélie Pétrel revient à Lyon, ville natale, ville repère pour présenter à la Galerie Houg, « Partition # mai2014 ».

 

La notion de partition photographique s’entend dans le double sens du mot « partition ». Le premier renvoie à la composition musicale et à son système de notation sur laquelle peuvent s’appuyer lectures et interprétations ; la seconde, plus spécifique, relève de la division, du partage, de la redistribution (de territoires par exemple). À partir de cette ambivalence sémantique, la notion de partition photographique peut se constituer, simultanément, notation (réserve) et redistribution (non plus d’espace mais, de temps). 

Les «prises de vue» sont pour Aurélie Pétrel le «degré zéro» du processus d’apparition des images en cette dynamique indexée sur l’idée de partition. Elles sont la phase embryonnaire d’une opération (potentielle) de développement, une «prise» littérale, à la fois prélèvement concret et appel d’un devenir (on dit une prise d’appel avant une projection, un saut dans l’à venir). Un premier temps d’avant les images, où, déjà, des images sont potentiellement prises (comme dans de la glace, latentes). C’est ce premier temps contenant des images en puissance d’apparition qui va être, dans l’exposition, redistribué, partagé, dans et selon un contexte donné, et devenir temps secondaire, non pas seulement consécutif, mais composé (marqué) du temps double d’une transformation. En d’autres termes la partition (temps 1) est jouée (temps 2) et son jeu est marqué doublement par son origine et par sa présentation. La partition, sa fonction, peut être jouée à nouveau, rejouée donc, et se représenter en ces (ses) temporalités simultanées.

 

« Partition # mai2014 », à la galerie Houg, propose un regard latéral des événements Ukrainiens de ce début 2014. À travers un filtre historique, Aurélie Pétrel génère une série de prises de vues aux moyens scénaristes et réalisées grâce aux moyens technique et humains du cinéma.

L’explosion est par essence même un événement à couvrir pour un photographe de terrain. Souvent à la Une des journaux, l’imagerie véhiculée marque les esprits et cristallise l’attention.

Avec cette nouvelle série, la perception de l’actualité, l’impact que véhicule à travers la diffusion des images de presse ou des images amateurs au cœur des conflits et leurs rôles, sont questionnés.

Née en 1817, la photographie devient la représentation du réel, mais cette image obtenue ne dure pas, disparaissant peu à peu jusqu’aux plaques d’aciers imprimées réalisées par Nicéphore Nièpce en 1826. La temporalité de l’image, est pour Aurélie Pétrel, un axe de recherche ; la mise en abime des œuvres réalisées n’est plus un jeu de perspective, mais une recherche sur le temps et l’appréhension du regardeur face à ce que renvoie l’image et ce qu’elle diffuse.

Lorsque débute la première Guerre de Crimée, en 1854, considérée comme l’une des premières guerres médiatisées, les images diffusées sont controversées par l’opinion publique. Le Général Mac Mahon, qui avait enrôlé photographes et reporteurs afin de relayer les actions de l’armée franco-britannique, détournait les évènements en défaveur de l’armée Russe. Quelle était alors cette époque ? La photographie était témoignage d’un événement, voire preuve. Elle ne pouvait en aucun cas être modifiée même si la mise en scène était possible ; si l’environnement était réel, l’événement lui était fictif.

Aurélie Pétrel prend dans l’œuvre qu’elle présente le contre-pied total, en créant un environnement fictif. En représentant l’explosion d’une cuisine précaire vue de l’intérieur, par une des futures victimes de cette scène dans une esthétisation maximum, il s’en dégage une violence hors-champ d’une grande intensité. Elle capte la fugacité de l’explosion, tout en maitrisant son aspect pour que le temps se fige.

«Partition #mai2014» vient jouer avec l’espace d’exposition, elle est une représentation spatiale d’une recherche aboutie de la mise-en-relief des prises de vue. Les tirages se mêlent, les plaques de verres deviennent supports physiques et reflètent aussi les latences de leur diffusion ; les plaques d’acier micro-perforées sont à la fois supports physiques et photographiques, en noir et blanc elles ont la trame des images diffusées par la presse papier, en couleur elles sont  l’évocation de l’écran cinématographique.

 Aurélie Pétrel articule supports et représentation,  elle trouble le regardeur dans sa vision par des jeux de transparence, de translucidité et d’opacité. Tout devient un questionnement sur la diffusion de l’image, et son pouvoir sur l’événement.

Il y a 160 ans la première guerre médiatique commençait, aujourd’hui de nouveaux affrontements ont éclaté dans cette partie de l’Europe et l’image photographique devient alors plus que jamais le premier témoin des victimes du conflit.

 

 

 

 

 

Artistes

Horaires

Ouverture — Du Mardi au Vendredi : — 10h00 / 19h00 Samedi : — 11h00 / 13h00 et 15h00 / 19h00 Ou sur rendez-vous

Adresse

Galerie Houg 22 Rue Saint-Claude 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020