Arman, L’heure de tous et Consigne à vie, 1985

Gare Paris-Saint-Lazare, Paris

ARMAN, <i>L'heure de tous</i>, 1985. Sculpture monumentale. Accumulation d'horloges. Bronze, émail, béton. 450x150x80 cm. Achat par commande à l'artiste en 1984. FNAC 10400

En 1985, Arman reçoit une commande de l’État pour la création de deux sculptures destinées à être installées sur le parvis de la gare Saint Lazare. Offrant au thème du voyage une forme métaphorique, l’artiste réalise deux œuvres monumentales qu’il souhaite immédiatement accessibles : L’Heure de tous et Consigne à vie. Lieux de rendez-vous, points de repères, elles constituent de véritables signaux urbains guidant quotidiennement les passants et les voyageurs.

Le Nouveau Réalisme à la portée de tous

Anoblissant par le bronze des objets prosaïques, issus du quotidien du voyageur, Arman conçoit deux sculptures s’inscrivant dans la lignée du Nouveau Réalisme, dont la Déclaration constitutive prône une « nouvelle approche perceptive du réel » et un « recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire ». Cofondateur et porte étendard du mouvement, il participe à le promouvoir par ses accumulations d’objets auxquelles il donne ici une dimension monumentale, proposant des œuvres de près de 5 mètres de haut.

L'art au quotidien

Si ces œuvres ont d’abord choqué le public par leur modernité, elles participent aujourd’hui de la singularité du paysage architectural du parvis de cette gare, réalisée en 1889 par l’architecte français Juste Lisch, et accompagnent quotidiennement le flot continu des passants et des voyageurs. Arman explique : « Quand j’ai installé  l’Accumulation d’horloges et l’Accumulation de valises, je questionnais les chauffeurs de taxi. À 80%, c’était le refus. La seconde année, ils étaient troublés. La troisième année, ils me faisaient un cours sur les sculptures : "Les montres, cela veut dire le temps, car on est toujours pressé quand on prend le train. Les valises, c’est l’arrivée : on ne sait pas où les mettre, on les empile." En quelques années, le public s’est habitué. Maintenant, on photographie, on fait poser sa famille ».

Les sculptures reprennent couleur

En 2012, le Cnap et la SNCF, qui travaillait à l’aménagement du parvis de la gare Saint-Lazare, ont constaté la nécessité d’une restauration de ces œuvres : installées à l’air libre depuis plus de trente ans, elles étaient matériellement menacées. Une couche noire de pollution avait attaqué la patine rendant les œuvres monochromes, et des pigeons avaient installé leurs nids dans les anfractuosités des sculptures. Six mois ont été nécessaires à la restauration des œuvres par l’Atelier Bocquel, qui avait réalisé leur première fonte. Afin de retrouver leur aspect d’origine, il a fallu nettoyer les sculptures puis repatiner à chaud l’œuvre Consigne à vie. Les sculptures ont été réinstallées le 14 mai 2014 sur le parvis, et ont ainsi retrouvé l’espace public.

Le livret

Cette publication, dont le design graphique a été confié à Simon Renaud, permet de retracer l’histoire du projet. Elle est composée d’un texte inédit de Catherine Francblin, de morceaux choisis d’un entretien de 1992 entre l’artiste et Otto Hahn et d’un reportage photographique sur la restauration et la réinstallation des œuvres.
Une partie destinée aux enfants et aux familles permet aux plus jeunes d’accéder à la compréhension de l’œuvre.

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Dernière mise à jour le 20 décembre 2019