Résidence d’artiste à la ressourcerie Récobrada

3 mars - 2 avril 2022
Récobrada
Cazères sur Garonne (Haute-Garonne, Occitanie)
Résidence d’artiste
Date limite de dépot du dossier
Montant proposé
2000 € + transports 500 €

« La couleur de l’objet »

PAHLM, Pratiques Artistiques Hors Les Murs est une structure associative qui propose que les pratiques artistiques s’installent là où on ne les attend pas.

En proposant des résidences dans des lieux atypiques, populaires, patrimoniaux, au cœur des territoires, PAHLM cherche à démocratiser les pratiques plastiques contemporaines.

PAHLM veut y associer les notions de patrimoine historique et culturel, d’incongruité, d’iconoclasme et surtout de sensibilité à l’humain qui habite ou fait vivre les lieux. PAHLM veut s’appuyer sur les réseaux culturels et solidaires et le contexte des lieux et structures choisis pour ses résidences.

PAHLM et la ressourcerie Récobrada s’associent pour proposer une résidence d’un mois à un(e) artiste. Toutes les pratiques sont acceptées.

Récobrada, chantier d’insertion (20 salariés sous contrat et 5 salariés permanents), est un lieu de tri, de valorisation, de revente, de transformation créative, de réemploi et de recyclage.

Au XXe siècle, l’objet, passé de la fabrication artisanale à la manufacture, devient production de masse. Des catalogues de vente par correspondance à partir de la fin du XIXe siècle jusqu’à la vente en ligne, l’objet ne cesse d’envahir notre quotidien jusqu’au surplus, au gaspillage et à l’impossibilité de traiter nos déchets ménagers et industriels. L’empreinte écologique de l’homme, déjà irréversible par essence, confine au suicide collectif avec la disparition systémique d’espèces et le réchauffement climatique. L’apparition d’une nouvelle géographie, d’une écologie fragilisée, les ruptures dans les écosystèmes (infrastructures routières, gravières, mines, villes en expansion, imperméabilisation des sols, collines et creusement des zones d’enfouissement de déchets, 7ième continent de déchets plastiques dans le pacifique, disparition de certaines ressources, …) préoccupent et menacent.

Une rudologie contemporaine en dirait beaucoup sur nos habitudes de consommateurs et notre aveuglement collectif.

Mais de nombreuses initiatives citoyennes, sociales et solidaires s’impliquent dans le traitement, la valorisation et le réemploi des déchets. Cette nouvelle économie militante, entre engagement social et écologique, vient proposer des solutions immédiates et appropriables tout en activant du lien social.

A partir de ces initiatives, une filière du réemploi se construit, diffusant à nouveau ces objets dans l’esprit d’une économie circulaire.

Une clientèle diverse achète dans les ressourceries, les Emmaüs, les glaneries, rassemblant à la fois, chineurs, consommateurs militants et collectionneurs. Quel nouveau rapport à l’objet s’instaure lorsque qu’il a eu plusieurs vies, accumulé plusieurs usages, a déjà subi des transformations ? De quoi l’investissons nous ? Le faible coût de ces objets ne conduit-il pas à de nouveaux comportements d’accumulation ?

Dans les ressourceries, des secteurs sont définis, dédiés à des familles d’objets qui sont eux-mêmes classés, rangés, empilés par catégories, pour des raisons d’agencement, d’optimisation d’espace et de rentabilisation des surfaces disponibles, liées à la gestion des stocks, aux flux d’objets. Ce sont des accumulations, mises en scène de tas, déjà possiblement vocabulaire plastique.

Le classement par couleur pourrait être un autre mode de mise en scène de l’objet.

La couleur de l’objet

« On a voulu montrer qu’une fonction de base même, la perception de la couleur, n’est pas entièrement élucidée quand on en a précisé les données physiques et physiologiques. Il y a une histoire humaine de la perception, faite d’incessantes interactions entre l’homme et son milieu. Et le milieu n’est pas une nature immuable ; il est les mondes humains incessamment construits. L’homme est fabricateur. Il a, entre autres, diversement fabriqué la couleur autour de lui et plus ou moins en lui. »

Ignace Meyerson, fondateur en 1952 du Centre de Recherches de Psychologie comparative, Paris.

Colloque « Problèmes de la couleur »,18-20 mai 1954.

Objet peint archaïque, traditionnel, artisanal, utilitaire. En tissu, céramique, verre, bois, métal, … (oxydes, roches et terres calcinées, teintures végétales, pigments broyés, huiles), …

Objet moderne, contemporain, technologique. En plastique, mélaminé, matériaux innovants, biomatériaux (peintures en tube, en pots, industrielles, résines, nouvelles matières), …

Objet inclassable, objet couleur, objet de curiosité, objet métissé, mixte.

La couleur de l’objet est à analyser depuis l’observatoire/conservatoire mutualisé (mais il reste à fonder) de l’art, de l’anthropologie, de la sociologie, de l’économie, de l’écologie, du politique, du religieux.

La perception de la couleur conserve une part de subjectivité certes, mais réponds surtout à des critères culturels et historiques. Comme tout objet esthétique.

Les objets sont ergonomiquement conçus, dessinés pour des usages assignés et temporel. Quelques-unes de leurs fonctions, certains de leurs principes simples, peuvent traverser le temps, mais l’accélération des progrès technologiques les renvoient, sans autre forme de procès, prendre la poussière dans nos musées d’arts et traditions populaires.

Puisque nous fabriquons la couleur, l’objet, la couleur de l’objet, l’aspect du monde, à l’extérieur et en nous,  ainsi le monde à notre image, que voit-on alors ?

L’artiste devra faire une note d’intention qui nous permettra de comprendre comment sa pratique peut infuser, diffuser, dialoguer dans et avec ce contexte et cette proposition thématique.

L’artiste en résidence aura à sa disposition pour produire, toute la matière et le matériel de la ressourcerie ainsi qu’un atelier. Il bénéficiera de la collaboration des salariés et bénévoles et pourra envisager des projets participatifs.

Il n’y a pas obligation à utiliser les objets en tant que tels. La couleur de l’objet, la couleur et l’objet, seront avant tout des sujets de réflexion et fondements éventuels des recherches plastiques et théoriques de l’artiste.

L’artiste participera aux expositions collectives en prolongement de sa résidence et laissera une trace à Récobrada.

Il partagera le quotidien de la ressourcerie et participera aux différents événements organisés à la fois par la ressourcerie et PAHLM.

Il sera amené à intervenir auprès des publics et de PAHLM, en liaison avec l’actualité de sa programmation, selon les demandes (écoles, Lycée, associations, visites d’atelier à la ressourcerie, etc.)

La résidence sera prolongée en avril et mai par « La couleur de l’objet », expositions thématiques.

3 ou 4 lieux d’exposition différents seront activés sur le territoire.

Dans chaque lieu sera exposé une œuvre de l’artiste invité en résidence, des œuvres d’artistes invités, des œuvres des collections Les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie-Toulouse ou FRAC Montpellier ainsi que des objets venus d’autres collections.

Restitution, vernissage et événements associés selon les lieux à partir du samedi 2 avril.

 

Honoraires 2000 €.
Hébergement chez l’habitant.
Matériel et matériaux de production, aide technique, installation, pris en charge par les structures organisatrices.
Allers-retours pris en charge à hauteur de 500 €.

L’artiste devra être inscrit à l’URSSAF en tant qu’artiste-auteur.
Les repas ne sont pas pris en charge.

Une présélection est effectuée par PAHLM sur la cohérence entre la note d’intention, le parcours artistique et le contexte.
La sélection finale sera effectuée par l’équipe de la ressourcerie.

Les travaux déjà réalisés ne seront pas acceptés, il s’agit bien d’une production contextuelle.

Dossier à envoyer au format PDF obligatoirement en un seul fichier mentionnant le nom de l’artiste avant le 25 janvier.

contact.pahlm@gmail.com

- Note d’intention
- CV
- Textes biographiques
- Travaux récents réalisés et commentés
- Liens vers site, vidéos, photos, Facebook, etc.
- N° URSSAF

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Dernière mise à jour le 13 janvier 2022