Atelier | How dare you? Créer dans un monde abîmé

Appel à participation
Fructôse
Dunkerque
Appel à projet
Date limite de dépot du dossier

Une proposition de Marie Pleintel

À destination des artistes de la région Hauts-de-France du 9 au 21 novembre 2020 à Dunkerque

“How dare you? Cette phrase prononcée par Greta Thunberg devant l’ONU le 23 septembre 2019 lors du Climate Action Summit résonne encore dans ma boîte crânienne. Elle ne m’est pas adressée mais elle exerce sur moi un pouvoir inattendu : pouvoir d’ébranler mes certitudes, et avant tout celle d’être du bon côté, sensible au vivant et traquant déjà mes habitudes de consommation. Et si cela ne suffisait pas ? Cette question fissure le vernis posé sur le caractère désirable de mon activité dans le champ artistique.
Cette dernière m’a toujours semblé être ce qui me permettait de goûter le plus au monde, j’aime la force d’investigation de l’art et son instinct de vie. Mais qu’ai-je montré ? À qui cela profite ? Est-ce que j’ai pris ma part au changement qui doit advenir ?
La question de Greta Thunberg vient mettre en crise un vécu. Il faut dire, on ne nous a pas appris à penser un monde qui se dérobe sous nos pieds. Maîtrise (des choses) et (self-)contrôle étaient les postulats de notre éducation, pour ne pas dire domination et compétition. Et si l’art pouvait au moins nous rassurer sur notre capacité à nous frayer un chemin dans l’inconnu, à faire place aux autres et à réparer ce qui peut l’être ?
Ce workshop est une invitation à partager nos interrogations face aux changements advenus, en cours et à advenir, à se demander ensemble ce que l’on peut y faire. Si ce n’est ‘Rien’, alors comment et quoi continuer à faire ?
Un philosophe, un anthropologue, une biologiste et un poète nous accompagneront dans ces deux semaines de recherche collective. Iels nous parlerons des changements de notre milieu, de ses conséquences ontologiques et de la nécessité de déployer les imaginaires.Des visites de terrain permettront d’observer des zones dévastées qui reprennent vie et de convoquer les grandes temporalités.
Les discussions qui feront suite aux quatre conférences et aux excursions pourront aussi porter sur ce que chacun et chacune produit, en tant qu’idées, images et empreintes, mais là, personne ne viendra dicter ce qu’est ou devrait être un art écologique.”
— Marie Pleintel

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Dernière mise à jour le 29 septembre 2020