Anita Molinero

Vue de l'exposition Les Zippettes, 2019
Le 19, Crac Centre régional d’art contemporain de Montbéliard

Biographie

Née en 1953
Vit et travaille à Paris et Marseille
Représentée par la Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico, Paris 

Depuis plus de trente ans, Anita Molinero explore les fondamentaux de la sculpture : le plein et le vide, la matière et le volume, le poids et la masse, en privilégiant l’énergie irréversible du geste et de l’improvisation. Les objets tirés du quotidien et les matériaux hétéroclites qu’elle récupère (poubelles et mobilier urbain en plastique et en résine, polystyrène, mousses synthétiques, jouets, éléments de voitures, emballages, rebuts divers...) sont travaillés au lance-flamme pour générer des formes variées et proliférantes. Carbonisations et ondulations, béances et boursouflures, effets de cristallisation et de floraison apparaissent ainsi sur les surfaces criardes de ces matériaux ordinaires dans un équilibre tendu entre forme et informe, entre résistance de la matière et expressivité du geste.
La transformation de ces matériaux issus du monde industriel nous plonge dans un univers comparable à celui des films de science-fiction que l’artiste apprécie, non pas tant pour leurs scénarios catastrophes que pour leurs décors et leurs effets spéciaux. Elle parle ainsi de « formes-fictions » pour désigner ses oeuvres mutantes, qui n’offrent toutefois pas plus de résolution narrative qu’elles n’illustrent de commentaires sociaux ou politiques sur la surconsommation ou l’écologie. De fait, c’est bien par l’exhibition de leur état précaire, par leur inventivité formelle, par leur violence parfois obscène, comme par leur humour jubilatoire qu’elles s’imposent comme témoins des tumultes du monde contemporain.

For over thirty years, Anita Molinero has been exploring the fundamentals of sculpture: fullness and emptiness, matter and volume, weight and mass, while focusing on the irreversible energy of gestures and improvisation. Objects taken from everyday life and the heteroclite materials she retrieves (bins and plastic or resin urban furniture, polystyrene, synthetic foams, toys, car parts, packaging, assorted trash...) are worked-on using a flamer to produce varied, proliferating forms. Carbonisations and undulations, gaps and swellings, effects of crystallisation and blossoming thus appear on the shrill surfaces of these ordinary materials, in a tense balance between form and formlessness, between the resistance of the material and the expressiveness of gestures.
The transformation of these materials from the industrial world plunges us into a universe comparable to that of the science-fiction films which the artist enjoys, not so much for their catastrophe scenarios as for their sets and special effects. She thus uses the term “form-fictions” to describe her mutant works. Nor they offer real narrative resolutions neither an illustration of social or political commentaries concerning excessive consumption or ecology. Through the exhibition of their precarious states, through their formal inventiveness, through their sometimes obscene violence as well as their jubilatory humour, they impose themselves as witnesses of the tumult of the modern world.

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Source

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Dernière mise à jour le 12 octobre 2021