ALEKSANDRA MIR

Dessins
Exposition
Arts plastiques
Galerie Laurent Godin Paris 13

C'est la première fois qu'Aleksandra Mir réunit un ensemble de ses dessins en France et c'est un événement. Plus rarement exposés que ses actions et ses sculptures géantes, les dessins sont sans doute la première forme, et la plus étendue, d'une démarche qui formule une vraie politique de l'espace. Depuis 2001, l'artiste propage des réseaux de traits noirs sur de vastes feuilles de papier - pratique qui n'est ni préparatoire ni secondaire. L'ensemble compose aujourd'hui vingt-six séries différentes. Mir a choisi très tôt une ligne, celle d'un marker noir, et elle y fait passer le monde : cartes, unes de tabloïds, mains, plantes, napperons, mandalas... Les dessins de vinyles exposés aujourd'hui ont fait leur apparition en 2010 et sont les descendants organiques des mandalas de 2007 dont ils ont la forme et les proportions. Le choix des vinyles n'est pas anodin - leur obsolescence accorde à ces objets une seconde vie comme matériaux de sampling. Ici ils ne diffusent que le silence. Devenus images du son d'autrefois, leur mutisme est assourdissant dans l'espace d'exposition que Mir leur attribue, comme dans la tension entre leur changement d'échelle - 2 mètres de diamètre ou presque - et leur faible définition. Mir y inclut trois « disques » allogènes datant de 2007 qui sont des mandalas hétérodoxes (Bad Op, Brick, Porcelain). Tous les dessins de Mir ont la même facture manuelle et triviale, affichant ces marques caractéristiques du feutre que sont les légers chevauchements entre les marques de coloriage. Le trait est celui du Sharpie, premier marker permanent et devenu un feutre courant aux E.U.¹. Il délimite les contours et se plie aux hachures du remplissage qui produit les aplats noirs et les différentes valeurs de gris. Au fur et à mesure qu'ils présentent des marques d'usure, les feutres sont rangés selon l'éventail des stades précis de leur épuisement pour composer les demi-teintes, comme le gris pâle de Demo, ou encore les dégradés des reflets de Billboard. Le tracé d'ensemble établi par Mir est la partition orchestrée pour les participants lors de séances de travail collectives, comparables à des jam sessions : You can dance. ¹ : Il a donné son nom au Church of Sharpie en 2005, un marathon de dessin dans lequel l'artiste orchestrait le travail de 16 assistants pour réaliser 20 cartes géantes des E.U. Marie Muracciole, extrait

Artistes

Adresse

Galerie Laurent Godin 36 bis rue Eugène Oudiné 75013 Paris 13 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020