Podcasts Soutien sur écoute, une immersion sonore dans la création
Projection/Diffusion audio
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© Christophe Lemaitre
Christophe Lemaitre, « Forêt aléatoire »
« Soutien sur écoute » est une série du Centre national des arts plastiques qui donne la parole aux artistes pour évoquer les projets qu’ils ont réalisés avec le soutien du Cnap.
Vidéo, photographie, création sonore, peinture et performance, Soutien sur écoute propose une immersion au sein de la création contemporaine. Chaque épisode, d’une dizaine de minutes, s’attache à suivre le processus singulier de création d’une œuvre, mettant à jour la diversité des formes de recherche, des langages créatifs et des médiums.
Pour sa quatrième saison, sont invités à parler de leurs projets soutenus par le Cnap : Myriam Lefkowitz, Marcel Devillers, Paul Heintz, Mélanie Wenger, Christophe Lemaitre et Pierre Charrié.
Production et réalisation : Octave Broutard pour le collectif Transmission
Épisode 21 : Myriam Lefkowitz, In retrospect there is only healing
Soutien du Cnap au projet artistique en 2023
Lauren Tortil - Une généalogie des grandes oreilles, éd. Tombolo Presses. Nevers, 2019 : localisateur acoustique portatif des années 30 (archives du Musée Waalsdorp)
Artiste chorégraphique née en 1980, Myriam Lefkowitz vit et travaille à Paris. Depuis 2010, sa recherche se focalise sur les questions d'attention et de perception, recherche qu'elle développe à travers différents dispositifs immersifs.
Dans ce podcast, elle évoque in retrospect there is only healing, projet radiophonique sur une pratique initiée avec Julie Laporte, danseuse et performeuse, appelée remote dance ou « danses à distance ». Ensemble, elles expérimentent cette pratique avec le performeur et écrivain Alkis Hadjiandreou et un groupe de spectateurs, invités à participer collectivement en convoquant leur l’imagination et leur sens pour restituer ensemble le procédé créatif.
« Ce qui nous intrigue beaucoup, c'est la manière dont cette activité d'écoute potentiellement augmentée va produire du collectif, et ce dont ce collectif sera fait, ce que ça peut générer comme activité imaginante et sensorielle de tenir un espace ensemble qui n'est pas seulement ici mais également là-bas et qui est rendu manifeste par le fait qu'une danse s'y produit. » Myriam Lefkowitz
Épisode 22 : Marcel Devillers « Les yeux réversibles »
Soutien du Cnap au projet artistique en 2024
Marcel Devillers, « Les yeux réversibles » © Marcel Devillers
La pratique de Marcel Devillers conjugue le champ des arts visuels – sculpture, peinture, collage – et ceux de la poésie et de la performance. Son travail est régulièrement présenté à l’occasion d’expositions collectives et monographiques dans des galeries, centres d’art et artist run-spaces. Il donne aussi régulièrement des lectures de ses textes et des performances.
Pour son projet Les yeux réversibles, il a mené des recherches autour de la poésie visuelle italienne en Vénétie, à Rome et à Florence. Ses recherches ont accompagné la création d’un corpus d’œuvres picturales, de collages et d’un livre mêlant images et poèmes. Les peintures issues de ce travail se composent de textes et de poèmes peints sur des feuilles de Mylar, matériau plastique transparent dont les reflets rappellent ceux d’un miroir, interrogeant la notion de portrait et composant un langage à la fois verbal et visuel.
« Sans s’interrompre, dans le même mouvement lisse, il balaie l’espace, fait siffler l’air autour de lui, plonge sur un autre modèle, ralentit, le poursuit, accélère, se déplace librement comme une caméra virtuelle évoluant dans un logiciel de post-production. La focale pivote vers le public. J’observe l’eau, sa surface ondulante et parfaitement transparente. Le solarium. La paroi vitrée qui s’ouvre sur la ville. Il fait nuit. » Marcel Devillers
Épisode 23 : Paul Heintz, La fábrica fantasma
Soutien du Cnap au projet artistique en 2023
Paul Heintz, « La fábrica fantasma » © Paul Heintz
Paul Heintz développe un travail autour du film et de l’installation, entre documentaire et fiction, où le réalisme est souvent remis en jeu par les personnages ou acteurs eux-mêmes. Sans donner toutes les clefs de lecture, il tisse ses récits selon une narration très ouverte autour de questions sociétales. Le rapport à l’autorité et à la soumission au pouvoir sont des sujets récurrents de ses réflexions, toujours menées de manière distanciée et poétique.
Son projet soutenu par le Cnap, La fábrica fantasma, a pour point de départ un fait divers. En 2016, l’Espagne apprend que Joaquin Garcia, fonctionnaire de la ville de Cadiz, a passé six ans à lire Spinoza en lieu et place de son travail, avant d’être démasqué et condamné. Voyant dans sa démarche une sorte de révolte passive par la lecture, Paul Heintz est parti sur ses traces. Dans ce podcast, il évoque ses recherches et le travail qu’il a mené au long cours pour ce film.
« Je prends contact avec les quatre Joaquin Garcia de l’annuaire de Cadiz, espérant rencontrer celui de cette affaire. Il s’agira pour moi d’en apprendre plus sur la façon dont il a vécu ce temps à soi retrouvé, l’activation des idées de Spinoza sur son existence, et de saisir les répercussions qu’a eu l’affaire sur lui. Trois réponses, pas du Joaquin que je cherche. La réponse du dernier se fait attendre. » Paul Heintz
Épisode 24 : Mélanie Wenger, Nowhere to Go
Soutien du Cnap au projet artistique en 2023
Mélanie Wenger, « Nowhere to Go » © Mélanie Wenger
Photographe documentaire, Mélanie Wenger mène des projets au long cours autour de problématiques sociales et environnementales. Elle est cofondatrice de la coopérative Inland, qui regroupe quatorze photographes internationaux spécialisés dans la photographie documentaire.
Dans Nowhere to Go, Mélanie Wenger enquête sur l’accouchement assisté à domicile au Texas, territoire conservateur des États-Unis frappé par un triste record de fermetures de maternités et une forte mortalité maternelle. En suivant des mères, sage-femmes et infirmières à travers le Texas, elle brosse le portrait de femmes qui reprennent le contrôle de leurs corps, font de la naissance un acte de résistance et de la maison un espace de liberté hors du système.
« Ce travail cherche à déconstruire le mythe américain, il interroge la notion de despotisme doux des corps de Tocqueville dans une Amérique de Trump parvenue aux limites du progrès, et révèle l’impasse d’un système. » Mélanie Wenger
Épisode 25 : Christophe Lemaitre, Forêt aléatoire
Soutien du Cnap au projet artistique en 2024
Christophe Lemaitre, « Forêt aléatoire » © Christophe Lemaitre
Artiste et éditeur, Christophe Lemaitre expose en France et à l’étranger et collabore à de nombreux projets d’édition depuis une dizaine d’années. Il a notamment cofondé les revues Postdocument, consacrée à la photographie d’exposition, et Composite, sur l’histoire des techniques de l’image et de l’imprimé. En 2025, il débute un doctorat en recherche-création au sein du programme Radian.
En prenant pour point de départ la redécouverte des marionnettes du typographe William A. Dwiggins et sa pièce d’anticipation « Cedar Hill » (1934), le projet Forêt Aléatoire entend raconter une histoire contemporaine alternative et critique de l’automatisation du vivant et de l’esprit. Avec pour voyage initiatique la visite des archives Dwiggins dans le Massachusetts et en Californie, le projet convoque les rapports entre corps et esprit, libre-arbitre, apprentissage-machine et intelligence artificielle.
« À l’automne 2023, il est estimé que ce que l’on nomme en anglais l’AGI (Artificial General Intelligence) pourrait émerger d’ici 3 ans. Au sein de la révolution technique (et industrielle) historique que constituent les procédés de l’apprentissage-machine et des réseaux neuronaux artificiels depuis 10 ans, l’intelligence artificielle générale est une singularité à la fois fantasmée et redoutée […]. Cette idée que l’humain puisse être dépassé par les machines qu’il conçoit n’est évidemment pas nouvelle […], elle existe déjà de manière étonnamment similaire à nos questionnements contemporains au sein d’une courte pièce de théâtre pour marionnette, Cedar Hill, de William Addison Dwiggins, écrite en 1934. » Christophe Lemaitre
Épisode 26 : Pierre Charrié, Armadillo, mobilier tissé
Soutien du Cnap au projet artistique en 2024
« Armadillo » © Mario Simon Lafleur / ADAGP
Designer polyvalent, Pierre Charrié travaille avec une large gamme de matériaux naturels tels que le bois et la céramique, mais aussi d’autres éléments plus rarement utilisés comme les plumes ou la nacre, qu’il associe à des techniques, innovantes ou ancestrales, utilisées par les artisans qu’il rencontre. Fasciné par la dimension sensorielle des objets du quotidien, il explore la manière dont les matériaux, les sons ou les gestes peuvent créer de nouvelles interactions et transcender l’ordinaire.
Armadillo, projet de design de mobilier soutenu par le Cnap, est pensé à partir d’un travail de recherche que Pierre Charrié a mené avec les tisseuses Lily Alcaraz et Léa Berlier, en collaboration avec l'ébénisterie Jean-Brieuc Atelier. Ce mobilier tissé est réalisé à partir de baguettes de bois découpées, puis associées à une chaîne de fils de coton et de fils métallisés. Le tissage est utilisé tant pour ses qualités décoratives que pour ses propriétés mécaniques de résistance et de souplesse, questionnant la manière dont un meuble en bois peut être construit. Dans ce podcast, Pierre Charrié revient sur les étapes de recherche et de conception de ce projet innovant.
Dernière mise à jour le 13 février 2026