Jean Le Gac (1936-2025)
Hommage
© Adagp, Paris / photographie : Philippe Fuzeau
Jean Le Gac, Étude pour la gare de Colmar. Inv. FNAC 90231 (1)
© Adagp, Paris
Jean Le Gac, Le grand film, 1988. Peinture, fusain, pastel, caséine sur toile et photographie. Inv. FNAC 3429
© Adagp, Paris / photographie : Fabrice Lindor
Jean Le Gac, Étude pour un décor de spectacle "Façade", 1993. Feutre, crayon graphite, gouache, aquarelle, collage de photocopie, impression et photographie sur papier, bois, métal et carton. Inv. FNAC 93007 (2)
© Adagp, Paris / photographie : Philippe Fuzeau
Jean Le Gac, Il prit ses pinceaux... et les choses... se modifièrent..., 1985-1996. Photographie couleur. Inv. : FNAC 970953 1
© Adagp, Paris / photographie : Yves Chenot
Jean Le Gac, Le pull over, une introduction aux œuvres d'un artiste dans mon genre, 1980. Photographie, impression et collage. Inv. FNAC 1761
© Adagp, Paris / photographie : Yves Chenot
Jean Le Gac, Les images bavardes, 1973. Photographie. Inv. FNAC 1585
À l’occasion de la VIème Biennale de Paris, durant l’automne 1969, trois jeunes artistes, Gina Pane, Christian Boltanski et Jean Le Gac adressèrent à quelques destinataires choisis des planches contact de format A4, mystérieuses images d’une improbable cérémonie, organisée en plein champ, en Normandie, et intitulée Concession à perpétuité… Jean Le Gac était le dernier survivant de ce trio de pionniers qui contribuèrent à changer la physionomie de l’art français dans les années 1970 et 1980 : il nous a quittés le 27 décembre dernier, à l’âge de 89 ans, et le Cnap se doit de saluer la mémoire de cet artiste dont chacun connaissait la discrétion et la bienveillance.
Des trois complices, il était sans doute celui qui nourrissait la nostalgie la plus forte du dessin et de la peinture figurative, qui semblaient des impasses à beaucoup de jeunes artistes de leur génération. Au terme de quelques années consacrées à des performances confidentielles et à des envois postaux mystérieux, il prit le parti de ruser pour reprendre crayons et pinceaux : il inventa un personnage, « le peintre », qui était lui sans être tout-à-fait lui, et pouvait se permettre de raconter toutes sortes d’histoires en peinture, en photo, au pastel, en s’inspirant des illustrations que l’on trouvait dans la littérature populaire. Son œuvre foisonnante, toujours mise un peu à distance, nous apparait ainsi légère, subtile et délicate, comme si elle avait traversé la scène de l’art sur la pointe des pieds.
Le Cnap possède de lui près de cinquante œuvres — sans compter la centaine d’exemplaires de l’estampe réalisée pour le bicentenaire de la Révolution française — esquisses, carnets, ou projets en réponse à des commandes, pour l’Imec, le fort de l’île Sainte Marguerite au large de Cannes, ou la verrière de la gare de Colmar. À Colmar, Le Gac a plaisamment représenté un cliché des westerns, deux jeunes femmes ligotées aux rails d’une voie ferrée, mais en remplaçant la figure du cow-boy venu à la rescousse, par celle d’un peintre délivrant les victimes malgré son encombrant attirail de tableaux et de chevalets... Souvent, le Gac se représentait assoupi, et nombre de ses œuvres sont titrées, ou sous-titrées : La Sieste du peintre.
© Adagp, Paris / Crédit photographique : Philippe Fuzeau
Jean Le Gac, « Il dort ». Photographie couleur. Inv. FNAC 970952 (4)
« Tout est un songe », écrivait Jules Laforgue dans son célèbre poème La Sieste éternelle : nul doute que Le Gac souscrivait à cette idée.
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Dernière mise à jour le 14 janvier 2026