Commandes d'œuvres temporaires et réactivables dans l'espace public

Rampe cycloïdale de Raphaël Zarka installée à Paris pour la FIAC 2018

Raphaël Zarka, Rampe cycloïdale, 2015-2016 (Achat par commande, Inv. : FNAC 2016-0384)

Le Centre national des arts plastiques (Cnap), sur une initiative du ministère de la Culture, lance un nouveau programme de commande publique. Portée en partenariat avec les collectivités territoriales, cette commande inédite a pour but la réalisation de 15 œuvres temporaires et réactivables pour l’espace public.
En effet, les œuvres seront conservées sous la forme d’un protocole produit par l’artiste afin qu’elles puissent être réactivées ultérieurement, dans différents lieux. Ainsi, elles se présenteront comme une alternative aux œuvres in situ, et créeront des conditions de rencontres entre le grand public et la création contemporaine en dehors des espaces réservés à l’art. 

Objectifs de la commande

Le projet de cette commande publique de grande ampleur est de permettre, grâce à ces œuvres à protocole, une plus grande diffusion et une meilleure répartition de l’art contemporain sur le territoire. Véritable terrain d’expérimentation et de création, les œuvres temporaires présentent de plus, moins de contraintes liées à la conservation sur le long terme pour les artistes.

Cette commande d’œuvres s’inscrit dans le cadre d’un programme expérimenté par le Cnap depuis 2015, qui propose à des artistes de concevoir une œuvre réalisée, à chaque nouvelle présentation, à partir d’un protocole. Parmi les différentes installations artistiques, la Rampe cycloïdale (2015-2016) de Raphaël Zarka, présentée à Paris lors de la FIAC 2018 puis déposée aux Abattoirs-Frac Occitanie à Toulouse pour deux ans, ou l’œuvre Horizontal Alphabet (Black, 2016) de Katinka Bock dont le protocole est conservé dans les réserves du Cnap.

Modalités et calendrier

La première réalisation de ces 15 œuvres verra le jour dans le cadre d’un partenariat entre le Cnap et des collectivités territoriales de moins de 50 000 habitants qui auront souhaité faire bénéficier leur territoire de l’une de ces œuvres, pour une période de 2 à 5 ans.

L’appel à candidature pour la présente commande permettra de choisir 15 lauréat.e.s parmi les 30 artistes présélectionnés par un comité de sélection. Le processus de sélection s’organisera selon le calendrier suivant :

Du 17 février au 2 mars 2020 : dépôt des candidatures par les artistes
Mi-juillet 2020 : annonce des résultats de la présélection des 30 candidat.e.s
21 septembre 2020 : remise de la note d'intention
2, 3  et 4 février 2021 : remise de l'étude et audition des 30 candidat.e.s présélectionné.e.s (30 minutes : présentation puis questions/réponses)
Les études pourront être éventuellement remises en amont de l'audition, sur demande du/de la candidat.e.
Mi-février 2021 : annonce des 15 lauréat.e.s

Documents téléchargeables
FAQ

Quelles conséquences de la crise sanitaire sur la commande ?

En dépit de la crise sanitaire déclenchée par le Covid-19, le Ministère de la Culture et le Cnap ont maintenu le programme de commande d'œuvres temporaires et réactivables. Toutefois, en raison des mesures sanitaires mises en place par le gouvernement pour faire face à l'épidémie et, afin de favoriser la réunion effective et non virtuelle du comité de sélection, le calendrier prévisionnel a dû être reporté.

Quelle est la composition du comité de sélection ?

Le comité chargé d'examiner les candidatures est constitué de :
- deux représentants du Ministère de la Culture ;
- deux représentants du Cnap ;
- deux représentants de collectivités territoriales ;
- deux personnalités qualifiées dans le secteur de l'art contemporain ;
- deux artistes.

La composition du comité reflète l'expertise des pairs et prend en compte la diversités des spécialisations professionnelles et des pratiques artistiques, la diversité culturelle, la diversité des âges ainsi que la parité.

Quels ont été les critères de sélection à l'étape de la présélection des 30 candidats ?

Les membres du comité de sélection ont étudié et analysé les 240 candidatures reçues au regard des critères de sélection annoncés dans le règlement de consultation de la commande :
- Qualité artistique du dossier ;
- Adéquation de la démarche artistique avec l’objet de la commande ;
- Compréhension de l’objet de la commande.

Le projet peut-il nécessiter un espace public spécifique ?

La particularité de ce programme de commande publique consiste en la réalisation de 15 œuvres temporaires et réactivables sur la base d'un protocole produit par l'artiste. Les œuvres issues de ce programme ont donc vocation à s'inscrire dans l'espace public pour une durée de 2 à 5 ans. Si le lancement du programme implique dans un premier temps un partenariat avec des collectivités territoriales de moins de 50 000 habitants, les candidat.e.s doivent garder à l'esprit que leur œuvre (si elle est acquise par le Cnap à l'issue de la dernière phase de sélection) rejoindra la collection du Cnap et, pourra donc être soumise à des demandes de prêt/dépôt de la part d'autres collectivités territoriales mais aussi de musées, d'établissements culturels ou d'administrations en France et comme à l'étranger.
La proposition des candidat.e.s ne doit donc pas imposer un lieu spécifique ayant un caractère unique (ex: le lac de Vassivière) car il serait difficile, voire impossible, pour une entité emprunteuse/dépositaire d'activer l’œuvre sur son territoire.
En revanche, il est tout à fait possible pour les candidat.e.s d'imaginer un projet qui s'intéresse aux caractéristiques/valeurs (architecturales, paysagères, etc.) d'un lieu ou d'un espace que l'on retrouve dans différentes typologies de territoires.
Une œuvre pourrait ainsi nécessiter par exemple d'être installée à la campagne ou, au contraire, dans un environnement urbain. Les consignes de son installation pourraient même être plus restrictives : impératif d'une installation de l’œuvre sur de l'asphalte ou, au contraire, sur une pelouse, près d'une rivière ou d'un lac, adossée à un mur, sous un arbre ou à proximité d'un musée, etc.
Des consignes d'installation sont donc possibles dans la mesure où elles n'entravent pas les prêts/dépôts de l’œuvre à venir.

Une fois réalisée et installée, l'œuvre doit-elle résister aux intempéries ?

Les œuvres devront pouvoir s'inscrire sur différents sites n'ayant pas nécessairement été conçus pour accueillir une œuvre d'art. Elles ne devront pas générer de risque pour la sécurité du public, prendre en compte les contraintes liées à leur installation en extérieur (prise au vent, humidité, variations de températures, vandalisme, etc.) et leur conservation à moyen terme (durée d'exposition entre 2 et 5 ans). En outre, elles ne devront pas laisser de traces non réversibles sur le lieu de leur implantation.

Le projet peut-il prendre la forme d'une performance/action ?

Il n'y a pas de contre-indication quant aux propositions de type action/performance. Le Cnap attire néanmoins l'attention des candidat.e.s sur le fait que l’œuvre doit pouvoir être (ré)activable, c'est à dire (re)productible et (ré)installée, sur la base du protocole remis par le/la candidat.e. Ce protocole permettra à terme la (ré)activation de l’œuvre, sans que la présence de l'artiste ne soit nécessaire. L’œuvre doit donc avoir une certaine autonomie, sans quoi le Cnap ne sera pas en mesure de la diffuser. Les consignes mentionnées dans le protocole d’activation doivent donc être claires et facilement communicables. Dans le cas d’une œuvre performative/d'une action, celle-ci doit pouvoir être déléguée par l’artiste à un/des tiers et le coût de l’ensemble précisément évalué (budget de production et d'installation plafonné à 25 000 euros TTC pour chaque activation de l’œuvre). 

Le projet peut-il impliquer la participation du public ?

Le projet des candidat.e.s peut en effet impliquer une participation, une interaction avec le public voire même une activation par celui-ci. Le terme de public est donc entendu ici au sens large.
Le Cnap attire néanmoins l'attention des candidat.e.s sur le fait que l’œuvre doit pouvoir être (ré)activable, c'est à dire (re)productible et (ré)installée, sur la base du protocole que les candidat.e.s auront à rendre en février 2021. Ce protocole permettra, à terme, la (ré)activation de l’œuvre, sans que la présence de l'artiste ne soit nécessaire. L’œuvre conçue doit donc avoir une certaine autonomie, sans quoi le Cnap ne sera pas en mesure de la diffuser. Les consignes mentionnées dans le protocole d’activation doivent être claires et facilement communicables. Dans le cas d’une œuvre performative, celle-ci doit pouvoir être déléguée par l’artiste à un/des tiers et le coût de l’ensemble précisément évalué (budget de production et d'installation plafonné à 25 000 euros TTC pour chaque activation de l’œuvre). 

Le projet peut-il avoir une dimension numérique ?

Aucun médium n'est a priori écarté. Le Cnap attire toutefois l'attention des candidat.e.s sur le fait que les œuvres issues de ce programme ont vocation à être détruites une fois le temps d'exposition achevé (2 à 5 ans). Aucune conservation ne sera donc faite des matériaux ou du matériels constitutifs de l’œuvre. En outre, les candidats doivent s'assurer que l'obsolescence liée à la dimension numérique de leur projet n’impacte pas les différentes activations de l’œuvre.

Le projet peut-il découler d'un projet existant ?

Le programme de commande, de par son caractère inédit, offre aux candidat.e.s la possibilité de proposer un nouveau projet. Un projet découlant d'un projet existant pourrait tout à fait être retenu, à condition que sa "réactivation" soit pertinente au regard des enjeux du programme de commande d'œuvres temporaires et réactivables pour l'espace public.

Le budget maximum de 25 000 euros TTC pour la production et l'installation de l'œuvre est-il valable uniquement pour la première activation de l'œuvre ou peut-il être reporté aux activations ultérieures ?

Le budget de 25 000 euros TTC est alloué uniquement à la production et à l’installation de l’œuvre à l’occasion de sa première activation. Ce budget n'est donc pas reportable sur les activations ultérieures.

Le budget de 25 000 euros TTC est-il à respecter pour chacune des activations de l'œuvre ?

Les coûts de (re)production et de (ré)installation de l’œuvre lors de ces activations ultérieures ne devront pas excéder le montant de 25 000 euros TTC correspondant au budget maximal de la première activation de l'œuvre. Les candidat.e.s doivent donc concevoir un projet qui entre budgétairement dans cette somme plafond.

A l'occasion de la première activation des œuvres, un partenariat sera établi entre le Cnap et des collectivités territoriales de moins de 50 000 habitants. Ce partenariat s'adresse-t-il à l'ensemble du territoire ou uniquement à certaines régions ?

Le programme de commande d’œuvres temporaires et réactivables pour l’espace public est un programme de commande nationale. Les collectivités territoriales partenaires seront donc représentatives de l'ensemble du territoire français (régions et territoires d’outre-mer).

La production de l'œuvre peut-elle être déléguée à une entreprise extérieure ou bien doit-elle être réalisée en interne par la collectivité territoriale partenaire ?

Cela dépendra de la nature et de la complexité du projet. Si les savoir-faire de la collectivité partenaire permettent de produire et d’installer l'œuvre en interne alors, il sera inutile d'externaliser le processus. En revanche, il est tout à fait possible que la production et l'installation de l'œuvre nécessite une entreprise spécifique. Dans ce cas, le nom de l'entreprise devra être clairement mentionnée dans le protocole remis par l'artiste. Le Cnap rappelle toutefois aux candidat.e.s que si le lancement du programme implique dans un premier temps un partenariat avec des collectivités territoriales de moins de 50 000 habitants, les œuvres issues du programme rejoindront les collections du Cnap et, pourront à ce titre être soumises à des demandes de prêt/dépôt de la part d'autres collectivités territoriales mais aussi de musées, d’établissements culturels ou d'administrations en France comme à l'étranger. Chaque entité emprunteuse/dépositaire devra donc être en mesure de (re)produite et de (ré)installer l’œuvre, soit en interne, soit en faisant appel à un prestataire extérieur, sur la base du protocole produit par l'artiste. Il est à noter qu'à l'occasion de ce partenariat, le Cnap fera appel à une société de production pour la prise en charge des aspects techniques et logistiques liés à la fabrication et à l’installation des œuvres qui le nécessitent.

A l'étape de la remise de la note d'intention, est-il possible de faire appel à un bureau d'études ?

Au stade de la remise de la note d'intention, et donc avant la présentation des études aux membres du comité de sélection, le Cnap prévoit de prendre conseil auprès d'une société spécialisée dans la production d’œuvres afin de s'assurer de la faisabilité et de la viabilité des projets au regard des impératifs budgétaires (enveloppe de 25 000 euros TTC maximum pour la production et l'installation de l’œuvre). Cette intervention nous permettra de revenir vers vous dans le cas où votre proposition ne serait pas conforme avec les impératifs de la commande.
Au stade de la réalisation des quinze projets lauréats, le Cnap fera appel à une société de production pour la prise en charge des aspects techniques et logistiques liés à la fabrication et à l’installation des œuvres qui le nécessitent.

Pour tout renseignement complémentaire, les candidats peuvent contacter le Cnap à l’adresse : cnap.oeuvresreactivables@gmail.com 

Dernière mise à jour le 16 septembre 2020