8e BIENNALE D'ISSY

Manifestation d'art actuel
Exposition
Arts plastiques
Musée de la Carte à Jouer Issy-les-Moulineaux

"Amo Iris" de Mateo ANDREA

« MON DIEU, DÉLIVREZ-MOI DU MODÈLE » 8e édition de la Biennale d’Issy, manifestation d’art actuel du 17 septembre au 25 octobre 2009 au Musée Français de la Carte à Jouer d’Issy-les-Moulineaux (92) Après le succès la dernière exposition d’Artsénat « Du vent dans les branches » Chantal MENNESSON, Présidente de la Biennale d’Issy, convie quarante cinq artistes peintres, sculpteurs, photographes et vidéastes à s’exprimer autour du thème de cette nouvelle Biennale d’Issy « Mon Dieu, délivrez-moi du modèle ». Elle nous interpelle sur l’Œuvre de Création : Modèle et étalon ? Fidélité et imitation. Prototype, référence et parangon de beauté ? Comment peut-on s’affranchir de l’enseignement de ses maîtres ? Comment se démarquer d’une lignée d’artistes ? Peut-on se libérer d’une dictature idéologique ? Sait-on se dégager de son substrat culturel ? La création peut-elle exister ex-nihilo ? De multiples échanges existent entre le modèle et l’artiste, entre le spectateur et l’œuvre. « Chaque créateur est le reflet d’une certaine conception du réel tel qu’il se donne à la perception » (Merleau-Ponty, L’œil et l’esprit). Pour cette 8e édition, 41 artistes ont illustré cette thématique, autour de 4 invités d’honneur : Pat ANDREA, François BOISROND, Antonio SEGUI, Vladimir VELICKOVIC qui ont été ou sont encore professeurs à l’école des Beaux Arts de Paris. La diversité des œuvres et des idées recherchées, démontrent que les artistes défient depuis toujours leurs modèles. Ils les phagocytent, les digèrent, les annihilent, pour que de leurs restes, ressortent une œuvre qui ne doit plus rien à ses origines. Musée Français de la Carte à Jouer 16 rue Auguste Gervais - 92130 ISSY-LES-MOULINEAUX TOUTES LES INFORMATIONS SUR www.biennaledissy.com

Complément d'information

« MON DIEU, DÉLIVREZ-MOI DU MODÈLE »
Exposition d’art actuel
du 17 septembre au 25 octobre 2009
au Musée Français de la Carte à Jouer d’Issy-les-Moulineaux

Commissariat Chantal Mennesson, présidente de la Biennale d’Issy
BP 72 – 92133 ISSY-LES-MOULINEAUX
Illustrations disponibles sur www.biennaledissy.com

Dates : du jeudi 17 Septembre au dimanche 25 Octobre 2009

Horaires : du mercredi au dimanche de 11h00 à 18h00, nocturne le jeudi jusqu’à 20h00

Tarification : Entrée libre

Périodicité : Tous les deux ans

Partenaires Ville d’Issy-les-Moulineaux
Arjo Wiggins
RATP

Et encore Ateliers pour enfants
Visites dominicales avec les artistes

Lieu : Musée Français de la Carte à Jouer
16 rue Auguste Gervais
92130 ISSY-LES-MOULINEAUX
Tél. : 014 123 8360 – Fax : 01 41 23 83 66
Email : musee@ville-issy.fr
www.issy.com/musee

Accès : Au pied du métro : Mairie d’Issy (ligne 12)
Bus : 123, 126, 169, 189, 190, 289, 290, 323, Tuvim
RER, ligne C / Tram Val-de-Seine

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
www.biennaledissy.com

Autres artistes présentés

PAT ANDREA – Peintre The burning-heart catcher
Né en 1942 à La Haye (hollande), vit entre Paris, La Haye et Buenos-Aires (Argentine)
Travaille partout dans le monde.
Pat Andréa partage avec Ronald KITAJ, David HOCKNEY et Jim DINE une même vision figurative, sans aucune prétention théorique ou positionnement idéologique, le désir de peindre bien et de restaurer le rôle du peintre.
L’ironie hollandaise, la violence et l’inconscient collectif se décline dans une combinaison subtile, dans un décor qui évoque des boites, ces personnages jouent d’étranges pièces…



MATEO ANDREA – Peintre Amo Iris
Né en 1983 à Buenos-Aires (Argentine) Vit et travaille à Paris
Distorsions et parasitages constants entre la mine de plomb et la peinture, la toile dépouillée se peuple d’images fugitives flottant dans l’espace. Les émotions intimes, les ambivalences de l’amour, le rôle de la femme questionnent, interrogent avec pour toile de fond les codes sociétaux insaisissables.



JEAN-PIERRE ATTAL – Photographe Alvéoles 115
Né en 1963, vit et travaille à Issy-les-Moulineaux
Cristallisation toute personnelle du regard sur l’urbain polymorphe, l’objectif de Jean-Pierre ATTAL, décrypte en de grandes fresques, l’agitation des villes.
Des millions d’humanoïdes se croisent et bourdonnent dans des ruches aux alvéoles lumineuses.
Alvéoles 115 révèle l’intensité laborieuse des cols blancs accrochés à leur réussite. Derrière ces façades recomposées, qui la nuit nous apparaissent comme un grimoire indéchiffrable.



OLIVIA BENVENISTE – Peintre Personnage aux cheveux et dents
Née en 1981, vit et travaille à Strasbourg
Les vocabulaires contrastés d’Olivia BENEVISTE sont de la veine des outils employés par les grands portraitistes.
A la fois fort et fragile, Personnages aux cheveux et dents reflète la parfaite maîtrise des techniques faisant résonner haut et fort l’être profond. La forme se fait monumentale alors que le trait devient subtil. Un silence bruyant tache d’un froid glacial l’écho d’une représentation iconique et mystique.
Olivia BENEVISTE joue des valeurs picturales et les instrumentalisent jusqu’à leur rendre vie.





XAVIER BOGGIO – Sculpteur Gouttes
Né en 1958 à Soisy-sous-Montmorency, vit et travaille à Auvers-sur-Oise
Quelle étroite et étonnante filiation entre les peintres impressionnistes et Xavier BOGGIO ! Il se joue du temps et des codes. Ce sculpteur devenu peintre, arrière petit neveu d’Emilio BOGGIO, disciple de Claude MONET, a travaillé dans l’atelier de son aïeul alors que son œuvre était exposé dans l’atelier de Vincent VAN GOH en Hollande !
Ses pères pourraient être BRANCUSI, Henry MOORE ou encore PICASSO… mais pour les dévorer au plus vite. Le modèle est donc là, transgressé. Partition de formes et de couleurs domptée par la maitrise des signes abstraits et des motifs anthropomorphes, l’œuvre de Xavier BOGGIO devient mystère. Comment expliqueriez-vous autrement ces bleus intenses sur ces forêts de culbutos, stèles, flèches et autres Gouttes. Goût prononcé pour la transgression des genres, des sujets et des techniques. Colosses transparents, ombres subtiles sculptées par la lumière, ces gouttes bleues sont autant de larmes de ciment, de sable et de résine.



FRANCOIS BOISROND – Peintre Gilles au Louvre
Né en 1959 à Boulogne-Billancourt, vit et travaille à Paris
« Peintre du bonheur », le fils des cinéastes Michel BOISROND et Annette WADEMAND a épousé, dès 1981 la libre figuration dans la lignée de Robert COMBAS, Rémi BLANCHARD avant d’être professeur aux Beaux Arts de Paris.
Peinture des énergies empreinte de culture classique, ce Gilles au Louvre a un supplément d'âme. François BOISROND suit la courbe de l'humanité quotidienne, colorée, chatoyante, rassurante. Point de peinture du gémissement ou de l'écrasement du modèle mais celle de l'accomplissement de ses premiers choix : la Figuration Libre. Un travail réfractaire à tout fonctionnalisme. Epurée et fantaisiste, sobre et énergique, cette acrylique sur toile est l’œuvre d’un poète qui se nourrit intensément des grands anciens.



JEANNE BOUCHART – Sculpteur Skoed
Née en 1967 à Paris, vit et travaille à Paris
Jeanne BOUCHART capture l’essence de l’invisible dans ses bronzes d’une légèreté inouïe.
Forme végétale et éphémère devenue sculpture imputrescible, Skoed rappelle étrangement le masque funéraire d’Agamemnon. Moule de plâtre épousant la forme métamorphosée, fluide, brulante, les creux et les vides découverts de Jeanne BOUCHART sont une réflexion sur l’éternité et l’existence éphémère.



YI-CHU CHEN – Sculpteur Quatre-forces.
Née en 1980 à Taipeï (Taïwan), vit et travaille à Paris
Artiste cosmopolite, Yi-Chu CHEN partage l’atelier de son professeur : Annette MESSAGER.
Sous une armure de perles, d’épingles, de mousse et de filets, une tension extrême se dégage des Quatre-forces. A la fois quête d’identité et combat entre caractères et personnalités, cette métamorphose brillante des matières, véritable alchimie des rêves surréalistes n’est pas sans rappeler les Taofu, les talismans en bois de pêcher de ses maîtres, mêlant intiment fiction et réalité.



BERNARD CHEVALIER – Photographe Place de l’Opéra
Né en 1952 à Vanves, vit et travaille à Paris
Bernard CHEVALIER absorbe les repères des villes, restructure les espaces, monumentalise les décors sur lequel il plaque le passant, figurant anonyme. Etrangeté du regard, dérision des angles capturés, les photos de Bernard CHEVALIER sont envahies de références furtivement gommées. Les signes se tournent le dos. Capturé dans toute sa frontalité, le piéton ne semble être que de passage dans une ville étrange, fantasmagorique, déshumanisée, en voie de disparition. Les références sont rejetées, perturbées, le décor des façades épinglé.



ALEKSANDRA CZUJA – Peintre Hommage à 3D
Née en1972 à Lublin en Pologne, vit et travaille à Aix-en-Provence
Elle parle des conflits qui touchent notre monde, de la souffrance des gens. Elle créé un univers de couleurs et d’images qu’elle retransforme. Des personnages tirés des peintures de Masaccio sont retravaillés à la manière de bandes dessinées, les images d’actualité côtoient les citations des grandes œuvres.



LEO DELARUE – Sculpteur Au bord du monde
Né à Paris en 1956, vit et travaille à Paris
La sculpture de Léo DELARUE est un territoire de questionnements multiples sur le corps. Elle constitue un enjeu constant dans son travail.
Ses couples se fondent dans un temps suspendu où la matérialité côtoie la pesanteur. A la limite de l’abstraction, l’intérieur et l’extérieur des figurines de Léo DELARUE sont en permutation perpétuelle. L'espace se gonfle. Les formes et les surfaces s’interrogent, se tendent, s’interpénètrent. Les volumes vibrent alors que l’enveloppe corporelle s’échappe dans un mouvement affranchi de toute gravité. Le corps pour Léo DELARUE est le siège d'un mystère émotif et organique. Le corps est le support d’une réappropriation des notions personnelles et subjectives du désir et de l'intimité.



VALERIE DELARUE – Sculpteur Vanité dans un plat
Née en 1965 au Mans, vit et travaille à Paris
Les créations de Valérie DELARUE renouvellent le genre des vanités si bien mis à l’honneur par le céramiste Bernard PALISSY, ce dernier ayant introduit en France la poterie en terre vernissée à la Renaissance.
Étonnant, déroutant, surprenant, Vanité dans un plat revisite le désuet lexique des centres de table avec la même luxuriance et étrangeté de ses illustres ancêtres. Sublime témoignage d’une fortune passée, cette poterie-sculpture matérialise tout en la sublimant, une époque attachée plus aux valeurs de la consommation immédiate vouée à une inéluctable dégradation. En cela, elle ne s’éloigne pas des fameux mémento mori.







DOMINO – Vidéaste Art et chaos
Née en 1953 à Paris, vit et travaille à Paris
Domino réalise des installations : sculptures en résine et vidéos intégrée, femmes en gestation, autoportraits éclatés. Anamorphoses et Métamorphoses constituent l’essentiel de sont travail sur l’image.
Thèmes traités : l’origine du monde (hommage à Courbet), naissance d’une tour (hommage à Eiffel), le crâne-tempête (hommage à Victor Hugo).
Sur le thème de l'anti-modèle un extrait de son film sur le sculpteur Arman est présenté pendant le temps de la Biennale



SANDRINE ELBERG – Photographe Moscou chez les autres
Née en 1978 à, vit et travaille à Issy-les-Moulineaux
Le travail photographique de Sandrine ELBERG se rapproche subversivement du travail du portraitiste et curieusement des séries des grands autoportraits. Se jouant des archétypes du genre, la photographe se met en scène dans des univers faussement réalistes à la limite de l’absurde. Fiction d’une réalité temporelle, l’artiste se fait à la fois modèle et scénographe.
Provocation ou narration vivante et incomplète, Chez les autres, Moscou, Russie, s’inscrit dans une série de photos au regard incisif et plein d’humour. Triturée avec ironie, la photo prend l’apparence d’une réalité reconstruite, à la fois désirable et répulsive. Les signes, les rôles et les attributs sont rejoués sur un mode semi-parodique et semi-pathétique.



ELZEVIR – Peintre Sans titre de la série Institut Médico-Légal
Né en 1966, vit et travaille à Saint-Etienne
Il appartient au groupe de Djamel TATAH, Vincent CORPET. Il aime réaliser des séries comme Peintures blanches, Adolescentes, et Institut Médico-Légal.
Il traite essentiellement de la figure humaine sous toutes ses formes, ses attitudes intimes ou publiques. Avec cette série, il reprend les pinceaux des artistes du XVIe inspirés par les « écorchés ». Ici avec Institut Médico-Légal, il s’agit du portrait ultime : « Le dernier portrait ».



PHILIPPE FABIAN – Vidéaste Travelling
Né en 1956 à Toulon, vit et travaille à Issy-les-Moulineaux
L’œuvre de Philippe FABIAN tend à reconstruire une utopie du réel paysager. Transparence et brillance sont les véritables acteurs de ses vidéos. Héritier d’une tradition esthétique phénoménologique, la notion de site, de limite de l’espace et de suspension du rythme donne à voir autrement ce temps et son aspect éphémère.
L’espace urbain visionné dans Travelling prend une patine chromatique sursaturée. La banalité des champs photographiés londoniens deviennent de fragiles instants, pures visions passagères, futiles et fugaces. L’atmosphère porte un voile de mélancolie. Son œuvre opère une sorte de ré enchantement du regard sur le paysage de nos mégalopoles. Ce vidéaste réactualise le réel en continu. Il monte le parcours de ses regards comme on monte un film.



DIDIER GENTY – Peintre Appelez-moi Marcel
Né en 1956 à Paris, vit et travaille à Paris
Les êtres de Didier GENTY sont dépecés, illuminés tels des néons incandescents.
La leçon d’anatomie du docteur Kulp de Rembrandt n’est pas loin : les figures ici triturées traduisent l'élan produit par la fascination et le recul. L’effroi devant la découverte du corps, des muscles, de la peau et de son mystère. La crainte côtoie une sourde inquiétude.
Didier GENTY avec Appelez-moi Marcel joue la carte de la séduction, de l’équivoque et de la sexualité comme attribut de répulsion. Sa vision colorée toute personnelle de son modèle tente à révéler l’être profond, au-delà des apparences. « Au visage, je préfère son empreinte » dira-t-il.



MILENE GUERMONT –Ingénieur-artiste Le temps de rêver est-il si court
Née en 1981 à Saint-Hilaire du Harcouet, vit et travaille entre la France et les USA
A la fois artiste et ingénieur, Milène GUERMONT invoque l’immatériel, l’affect et l’intellect par une approche concrète de la matière.
Avec cette création étonnante, l’artiste alchimiste du futur marche dans les pas du maître du béton translucide : Francesco PASSANITI. Son béton poly-sensoriel interactif qui évoque le bruit de la mer quand on vient le caresser et des vagues de lumière ondulant avec le son. C’est un voyage émotionnel qu’il faut vivre...
Innover avec le béton c’est possible !



SANDRINE HATTATA – Peintre L’eau
Née en 1969 au Caire (Égypte), vit et travaille à Paris
Bousculée par des drames familiaux, Sandrine HATTATA trouve l’apaisement dans une peinture sensible, affranchie des tabous de la représentation, abolissant les frontières de l’esthétique des grands maîtres. Pastiche de Théodore GERICAULT ou de Claude MONET par sa technique, exaspérant les traits, inspirée par l’œuvre du CARAVAGE ; poussant dans ses derniers retranchements l’expression d’un style personnel, ses anges métamorphosés en bébés nageurs, transgressent les lois plastiques. Ces portraits deviennent de vrais paysages savants se muant dans un espace aqueux symbolique et informel. Densité de l’eau et corps déformés d’une intensité particulière, la peinture de Sandrine HATTATA révèle ici une complexité délicate et presque insoutenable, dégagée de tout artifice.



THOMAS JORION – Photographe Candy Bar
Né en 1976 à Paris, vit et travaille à Paris
Spécialiste des reportages urbains, des friches et des entrepôts, l’atmosphère des clichés de Thomas JORION porte ici son regard sur l’opulence des États-Unis. Cette Amérique si souvent pris pour modèle est ici théâtralisée et présentée comme un îlot intemporel, un espace calculé, oublié, abandonné, déformé par le temps. Tout ici parle. Les absents ont une présence très forte. L’air circule. Utilisant aussi bien l’argentique que le numérique, Thomas JORION braque son objectif sur l’envers du décor pour l’exposer encore plus aux regards. Proche de la démarche sociale, cet œil tente de suggérer l’âme des lieux, d’y déceler un sens alternatif. Une autre vision des apparences.



TOMASZ KANIOWSKI – Peintre Souriez
Né en 1975 à Varsovie (Pologne), vit et travaille à Aix-en-Provence
Brides d’histoires devenues images, Tomasz KANIOWSKI élabore un langage tout à la fois réel et imaginaire.
Tel un grand puzzle, ce peintre dessinateur donne à voir un carnet d’images : d’endroits de passages, de parkings de supermarchés…, patiemment collectionnés. La matière posée, le discours devient silence imposé. L’immobilité de ces prises de vues n’imprime point du papier glacé. L’image sur la toile blanche est ici un instantané de ce que l’artiste appelle des No man’s lands, habités de constructions inesthétiques, de bitume déroulé, de hangars grouillants, de visages hors temps. Souriez… est une expérience originale qui nous invite à écrire notre propre histoire avec un œil neuf.



KATARINA KUDELOVA – Plasticienne Autoportrait
Née en 1977 en Slovaquie, installée en Anjou depuis une douzaine d’année
Qui n’a joué du pétard ! Évoquant la violence du monde et l’innocence des êtres ; la fragilité des corps et la rudesse des carapaces qu’ils endossent, Katarina KUDELOVA utilise un vocabulaire traversé par le drame, le grotesque, le cauchemar.
Autoportrait est une grande sculpture à taille humaine couverte de pétards pour seul costume. L’artiste est son propre modèle. Cri de souffrance et expression de sa fragilité, dans la plus pure tradition de l’autoportrait, cette plasticienne demande à être libérée de son joug. Même si l’humour est au rendez-vous, le gouffre n’est pas écarté. La tension est latente, le danger toujours présent… symbolique voir réel.



KURTAG JUDIT & GYORGY JR – Vidéastes Une grammaire du temps
Née à Budapest, vit et travaille à Berlin
Judit KURTAG vient à Paris étudier avec le photographe Lucien HERVE. Sa grand-mère favorisera son rapport au cinéma, sa mère celui avec la peinture, son père à la technique et à la complexité… A Bordeaux, elle appréhendera les techniques vidéo, seul l’outil dramatique lui permettant d’associer le son à l’image. Baignée de tout temps dans une atmosphère intellectuelle exigeante et allègre, sa caméra se pose sur des fragments de réalité qu’elle arrange et mute en images complexes. Sa grammaire du temps, cosignée avec son frère Gyorgy KURTAG Jr est un visage figé, intemporel jusqu’à abstrait. Elle donne à creuser en soi. Elle malaxe le matériau qu’est l’image. Travelling avant, battement de paupière, ralenti immobile… tout ici n’est que musique. Travaillant maintenant à Berlin avec Gyorgy KURTAG Jr, leurs vidéos sont des partitions à quatre mains.



MARIE-HELENE LE NY – Photographe Le battement d’ailes des papillons
Née en 1963 à Vitré, vit et travaille à Paris
Affranchies des conventions photographiques, les créations de Marie-Hélène LE NY associent des fragments de vie, utilisant les techniques argentiques, incorporant les possibilités du numérique. Elle sélectionne des territoires nouveaux aux enjeux majeurs et questionne sur leur devenir.
Le battement d’ailes des papillons est une œuvre fortement plastique, esthétique et humaine.
Re-conceptualisant la photographie de paysage, proche de la recherche scientifique, non éloignée des cartographies de CASSINI, des relevés topographiques, cette photo devient réflexion sur les apparences et les mutations irrémédiables imprimées à l’environnement.

DELPHINE LECAMP – Sculpteur Berlin mon amour
Née en 1975 à Mont-Saint-Aignan, vit et travaille à Rennes
« Les sculptures de Delphine LECAMP passent au crible du métal différents objets et images de notre société… », dixit la galerie 40mcube.
Delphine LECAMP montre une patiente maîtrise dans la pratique de l'acier doux, matériau à priori rigide qu’elle cisaille et soude avec beaucoup de précision. Agrandissement, reproduction et répétition, l’artiste avec Berlin mon amour, créé une sculpture monumentale semant le doute sur le statut de ses créations. Jouant sur les rapports d’échelle, elle valorise la bague, symbole d’alliance et de réunification. Elle devient unique et précieuse. Entre ready-made, sculpture et décor, ses œuvres sont les éléments d’une possible narration à inventer.



SERGHEI LITVIN MANOLIU – Peintre Autoportrait Stalingrad
Né en 1953 à Bucarest en Roumanie, vit et travaille à Paris et New-York
Issu de plusieurs générations d’artistes Serghei Litvin MANOLIU est un vrai européen : ses quatre grands-parents sont de quatre nationalités différentes : Roumaine, Polonaise, Russe et Allemande.
Fidèle à son vocabulaire stylistique, l’artiste privilégie le dessin résistant fermement aux tendances de l’art contemporain qui placent la vidéo, l’installation et le concept au premier plan.
Son Autoportrait Stalingrad compose, une recherche cohérente : celle du symbole. Pour mieux révéler l’évidente perte de sens et la quête de nouveaux repères, ce révolté élabore son propre alphabet plastique : abstraction et graphisme à la palette réduite mais toujours emprunt d’un humour d’une saveur aigre douce.



CATHERINE LOPES-CURVAL – Peintre Les manchots
Née en 1954, vit et travaille à Paris
Qu’est-ce qui est à l’origine de la pulsion créatrice ? Avec ce tableau inspiré par les surréalistes, Les manchots, sont des bureaucrates rigides et figés, flottants tels des acteurs flegmatiques, aveugles au monde qui les entoure. La banquise fond et eux poursuivent leur tâche, insensibles aux événements, ils tricotent désespérément la toile de leur propre disparition.



DENIS MONFLEUR, Sculpteur La tête forgée
Né en 1962 à Périgueux, vit et travaille à Fontenay-sous-Bois
« Je cherche en sculpture une respiration éternelle véritable »
Des têtes mystérieuses et hiératiques sont au cœur de sa production plastique, monumentale et archaïque. Elles portent les traces scarifiées de couleur noire écrasant le spectateur. Séduire ou émouvoir, ses visages refusent les codes occidentaux et l’expressivité psychologique. Aucune empathie. Volume massif, mise à nu du grain de granit, traits figuratifs, Denis MONFLEUR insiste sur l’inachevé. Les Esclaves de Michel-Ange ne sont pas loin…







CHRISTEL MONTURY – Photographe Cellars
Née en 1973, vit et travaille à Lyon
Cellars est une série de doubles portraits de couples, de familles, d’individus seuls qui partagent le même lien : ce sont des amis, des amis d’amis, des gens que je ne connais pas, une espèce de réseau qui s’est mis en place et qui ressemble aux ramifications souterraines des caves. Ils sont photographiés d’abord dans un clair-obscur, à la lumière des bougies puis une seconde fois, aveuglés par la lumière du flash, après avoir été dans le noir complet.



NURHIDAYAT – Peintre Bruissement de signes 9
Né à Kuningan, en Indonésie en 1973, vit et travaille à Saint - Etienne
Appartenant à la génération où l’audiovisuel est omniprésent, NURHIDAYAT se souvient, cultive et joue des images produites par les médias. Chaque image semble avoir une « aura ».
Bruissement de signes cherche à redonner tout son rôle à l’image. Dégagé de son modèle, dépollué de la production massive, NURHIDAYAT « laisse flotter les rubans », essaye de capter l’essence même des messages des médias omniprésents, convoque le souvenir véhiculé. Ce « zapping », est aussi une tentative d’approche du fonctionnement de la mémoire. Existe-t-il des passerelles entre désir et souvenir ? Le désir ne serait que le résultat d’un comportement volage se modifiant au gré des modes imposées par le spectacle des communicants ?



LAURENT OKROGLIC – Peintre Schéma de Jackobson 2
Né en 1975 à Paris, vit et travaille à Paris
Le dessin occupe une place centrale dans les travaux de Laurent OKROGLIC qu’il peuple d’autofictions. Il s’affronte aux surfaces et aux codes graphiques traditionnels créant des cartographies mentales violentes et colorées bordées d’un système tentaculaire impressionnant.
Schéma de Jackobson 2 est loin de toute représentation historique. C’est une narration des plausibles, un ensemble de flux où l’idée et l’intention prévaut sur le factuel. C’est un art anti-linéaire où le désenchantement est perceptible. Réflexion caustique et féroce de notre époque, Laurent OKROGLIC préfère produire des idées et du sens là où le dessin ne serait que production graphique.



MALGORZATA PASZKO – Peintre aquarelliste Nostalgie
Née en 1956 à Varsovie en Pologne, vit et travaille en Normandie
Dessinatrice subtile aux réminiscences impressionnistes, Malgorzata PASZKO semble avoir emprunté à VUILLARD son art très intimiste. Saisissant les scènes de la vie quotidienne, faisant histoire d’une non-présence des objets laissés là, elle laisse les vibrations de la lumière envahir ses compositions. La tache est beaucoup plus importante que le trait. Malgorzata PASZKO taquine l’instinct qui parle avec force et sensualité.
Issue de sa série « Atelier », Nostalgie transpire le silence et semble distiller l’image d’une scène d’intérieure irréelle dont l’homme serait absent. Tel le photographe, sa prise de vue sature l’espace.
Elle plonge les éléments de son atelier dans un même ton de couleur aux tons chauds et rassurants.




AMALIA RAMA – Peintre Tondo
Née en 1965 à Paris, vit et travaille à Romainville
Cherchant un compromis entre sciences et art, restauration de biens culturels et biologie, Amalia RAMA, scientifique de formation se frotte très tôt aux techniques les plus primitives.
Tondo, loin du grand classique italien renouvelant « l’imago clipeata » romaine, appartient à un ensemble de réflexions sur le modèle biologique et le cliché cellulaire. De circonvolutions encéphaliques en abstractions organiques, Amalia manipule et triture sans cesse le modèle de la cellule pour atteindre le « biomotif », cette respiration, ce flottement, cet errements de la pensée et de la technique. La peinture liquide s’accroche, infiltre la toile et s’insinue dans les fibres.



CLEMENCE RENAUD – Vidéaste Ventriloque
Née en 1983, vit et travaille à Paris
Très intéressée par le travail de Céleste BOURSIER-MOUGENOT, Clémence RENAUD cherche à lier intiment le texte à l’image, l’œil à l’oreille, l’écriture au texte.
Ses constructions d’objets sonores sont l’occasion de rencontres et de temporalités. Ventriloque est une fresque sentimentale ouvertement frontale où l’on retrouve l’écriture ciselée des grands narrateurs. Point de conciliation, de fioritures mais un support bidimensionnel sur lequel se déroulent des séquences, des formes et des enchainements. « Il est intéressant de créer dans la même image, deux espaces distincts entre ce que l’on pense et ce que l’on dit » dira-t-elle.



REGIS RIZZO – Peintre Riot
Né en 1967 aux Lilas, vit et travaille à Paris
Riot met en scène le mouvement. Mouvement de l’objet immobile. Déplacement fugitif du modèle et de sa représentation. Distance réalisée entre l’objet et son apparence. La toile, semble appartenir au monde de la vidéo ou du cinéma tél un reportage. Cette étrange captation du mouvement est une réflexion sur l’essence même de l’image.
Sa peinture se montre à la fois cinématique, photographique, vidéographique et plastique comme l’œil ; la matière est griffée, raclée et fluide.



ANTONIO SEGUI – Peintre Viernes Santo
Né en 1934 à Córdoba (Argentine), vit et travaille à Arcueil.
Œuvre fondée sur un dessin généreux, ce lecteur de SARTRE, CAMUS, BAUDELAIRE, RIMBAUD, Victor HUGO, KAFKA et POE cultive les références en voyageur invétéré et « voyeur exagéré ». Antonio SEGUI a aussi regardé Peter BLAKE, David HOCKNEY et Allen JONES mais il avoue aimer TANGUY et MATTA.
C’est un expressionniste de l'énigme et de l'absurde. Antonio SEGUI déroule sa vision d'un monde imaginaire habité de phénomènes aberrants. Il aime expérimenter. En rebelle ironique, il regarde le monde avec une poétique ambigüité. Viernes Santo est une surface plane travaillée en volume. Causticité et ironie du regard. Dérision du bonheur et aucune lueur d’optimisme. Antonio SEGUI crie dans le désert.




ZIJIAN SHA – Peintre Huit heures du soir
Né en 1982 à Shanyang en République Populaire de Chine, vit en France depuis 3 ans.
Élève de Pat ANDREA, de Djamel TATAH et de Philippe COGNEE, Zijian SHA s’imagine cinéaste scrupuleux et esquisse un dessin minutieux. Le matériau photographique vient ensuite. Chaque modèle sélectionné exprime un univers particulier. Sa peinture devient alors précaire fixant cette atmosphère presque irréelle du Réverbère de l’empire des lumières de Magritte.
Huit heures du soir joue de la mélancolie et de l’inquiétude. L’intrigue se tisse comme une histoire. Impression d’isolement, le mystère plane, discrètement. La palette de Zijian SHA brouille les états d’âme. Il joue avec délectation de nos hésitations.



MALVINA SILBERMAN – Photographe Figure/plan
Née en 1955 à Paris, vit et travaille à Paris
C’est une approche du corps d’une matière autre que la manière traditionnelle rencontrée dans l’histoire de l’art. Le modèle est ici comme un dédoublement mis en scène et en situation. Posée sur des traces de plans d’architectes, la photo se structure, retrouve un équilibre tout en étant en mouvement.



VLADIMIR VELICKOVIC – Peintre Proie
Né en 1935 à Belgrade (Yougoslavie), vit et travaille à Paris
Vladimir fut dans son enfance le témoin des atrocités commises en Yougoslavie. Sa peinture exprime la douleur et la violence de cette mémoire. Très vite, il s'intéresse aux travaux du photographe Edward MYUBRIDGE, précurseur du cinématographe. Sa peinture peuplée d’animaux et de corps exprime la douleur et la violence. Utilisant essentiellement le noir, le gris et le blanc, ponctués de rouge sang, la mort reste présente. Les corps sont déchirés, la violence plane.
Peinture de l’apocalypse et splendeur de la catastrophe, Proie garde les couleurs de l'espérance et les nuances de la paix toujours possible. Il tente avant tout de laisser une cicatrice dans la mémoire du spectateur.



MARKO VELK – Peintre Sans titre
Né en 1969 en Yougoslavie, vit et travaille à Paris
Dessiner est une manière de penser… Le dessin de Marko VELK opère comme une projection de la pensée sur le papier blanc. Les traces du fusain et du pastel sec sont fluides. Le jeu des noirs contraste avec la blancheur du support.
Christmonkey est un tableau à la puissante obsession. Il met en cause les fondements de notre connaissance. Équilibre instable, corps alanguis, déchirure, dégoulinure, rapiéçage, sauvetage sur papier, la surface de la toile est le théâtre d’ombres et de lumières savamment orchestrées. Recomposition d’un monde de mort, de sexe, d’anges et de démons, ce dessin suggère plus qu’il ne chorégraphie le rêve-cauchemar.





HUGO VERLINDE - Artiste numérique Altaïr
Né en 1969, vit et travaille à Paris
Plasticien adepte du cinéma transmué par les arts numériques, Hugo VERLINDE est la figure de proue du nouveau cinéma expérimental français de la fin des années 90. En 2007 il rejoint le Cube, centre de création numérique installé à Issy-les-Moulineaux pour y produire ses installations, il est également intervenant au sein d’Arcane.
Œuvre-paysage, Altaïr, douzième étoile la plus brillante de la voûte céleste, est un cosmos à traverser. La conception de l’espace est ici revisitée. Avec l’âme d’un voyageur, Hugo VERLINDE propose d’explorer les replis de l’univers aux frontières incertaines. Grâce au numérique, il tente de rendre intime l’infini lointain.



JOSEPH VISY – Sculpteur Entrée et sortie
Né en 1951 à Budapest (Hongrie), vit et travaille à Taïwan
Étudiant la mosaïque, le dessin et la sculpture très tôt, Joseph VISY s'installe à Paris. Son amitié avec Pierre SZEKELY l'aident à trouver sa voie. Travaillant à la restauration des sculptures des monuments historiques parisiens ainsi que celles de la cathédrale d'Orléans, il sculpte avec bonheur des œuvres monumentales.
Entrée et sortie emprunte à l’antiquité la polychromie lapidaire. Le marbre joue avec les reflets bleutés de l’ardoise révélant une réalité spirituelle cachée. Cette forme géométrique anthropomorphique s’écharpe d’un long ruban d’itinéraires toujours divers.



HYE-SOOK YOO – Peintre Sans titre
Née en 1964 à Séoul, Corée du Sud. Vit et travaille en Issy-les-Moulineaux depuis 1987.
Installée dans les Arches d’Issy-les-Moulineaux (association d’artistes professionnels), les peintures de Hye-Sook YOO sont tactiles. De textures extraordinaires, elle combine avec un bel effet dessin et peinture.
Avec Sans titre, l'artiste questionne la frontière fascinante des interdits, source de tant de réflexions esthétiques, entre absence et présence, entre invisible et visible. Un poil, une épine ou une corne poussent sur la masse rouge, exprimant l'agressivité. L’intimité du corps est dévoilée, exprimée en pleine lumière. L'ambivalence entre l'existence et l'absence, l'obscure et la lumière, le corps humain et sa chair sont des trophées symboles du combat entre soi et sa propre sensualité.



FRANCOIS ZABALETA – Vidéaste Surface corrigée
Né en 1960 à Niort, vit et travaille à Gien dans le Loiret
La surface corrigée est une méditation vidéographique composée d’un matériau protéiforme (extraits de films, interviews, photographies…) sur le visage humain et son corolaire d’obsessions immémoriales. C’est un travail sur une série de portraits dont le dénominateur commun est la fêlure. L’auteur essaye d’abonder dans le sens de Paul VALERY pour qui le plus profond dans l’homme c’est la peau ! Un autre de ses films « La vie intermédiaire » a été sélectionné pour le dernier Festival de Cannes dans la section ACID



YAODONG ZHENG – Peintre Enlèvement par le rationnel
Né en 1974 en Chine, vit et travaille à Paris
Classé en 2007 parmi les dix artistes les plus populaires en Chine, Yaodong ZHENG s’est librement inspiré de l’Enlèvement de Déjanire par le centaure Nessos de Guido RENI. Cette interprétation de l’histoire d’Hercule de facture classique, nous renvoie à nos propres désirs concentrés sur la raison.
Enlèvement par le rationnel de Yaodong ZHENG transgresse le maître et invite à ôter nos œillères. Le traitement vigoureux du buste du centaure, comme la précision du détail anatomique, témoigne de ses influences. La torsion des corps enchâssés, l'exaltation des gestes et le rythme souple des draperies évoquent les recherches dynamiques du style baroque. Dans une belle envolée, cette œuvre nous pose la question de notre rapport au rationnel, frein à notre propre réflexion sur l’avenir de la nature humaine.

Partenaires

Ville d'Issy-les-Moulineaux Arjo Wiggins RATP

Horaires

du mercredi au dimanche de 11h00 à 18h00, nocturne le jeudi jusqu'à 20h00

Adresse

Musée de la Carte à Jouer 16 rue Auguste Gervais 92130 Issy-les-Moulineaux France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020