Indian Gaze

Anju Chaudhuri & l’Art tribal indien d’aujourd’hui
Exposition
Arts plastiques
L.A.C. Sigean

 

Spiritualité et Nature dans l’art contemporain indien célébreront la nouvelle exposition de printemps au L.A.C.

 

Sur une proposition de l’artiste Nitin Shroff, commissaire d’exposition invité, les peintures narratives et texturées de l’artiste Bengale Anju Chaudhuri, mêlant tradition occidentale et mythologie Indoue, côtoieront les oeuvres d’artistes contemporains de l’art tribal indien reconnus internationalement ;

Venkat Raman Singh Shyam  -  Arvind Ghosalkar  -  Ramesh Hengani  -  Saroj Rathod  -  Gurupada Chitrakar.

Ces artistes s’emploient à perdurer les gestes représentatifs des tribus ancestrales indienne : Madhubani / Mithila – Gond - Warli  - Patua / Chitrakar.

 

Nitin Shroff, artiste d’origine indienne, propose de croiser les récits de l’aventure artistique indienne, éminemment visuelle et spirituelle et ceux contés par l’artiste Piet Moget durant une vie ponctuée de rencontre, en regard à sa collection exposé au L.A.C..

 

L’exposition  « Indian Gaze » - Anju Chaudhuri & l’Art tribal indien d’aujourd’huioccupera l’espace du rez-de-chaussée du L.A.C. et répondra à un choix de la collection permanente exposé à l’étage du bâtiment. Une présentation des œuvres récentes de l’artiste Nitin Shroff « La traversée » dressera un trait d’union entre ces deux univers.

 

Aux cotés de l’artiste Anju Chaudhuri, installée à Paris et Kolkata, sera donc présent l’art contemporain tribal indien produit par des artistes qui ont gagné une renommée internationale grâce à leurs productions aussi innovantes que passionnantes.

Cette exposition présente une rare opportunité de pouvoir admirer l’art visuel contemporain indien provenant de différentes grandes collections. Cet art partage de façon similaire mais pourtant parallèle, une logique interne : le récit, la relation avec la nature, la spiritualité, le modernisme ainsi que les héritages historiques de la peinture  d’Est en Ouest - Avec pour encrage l’importante collection du L.A.C, dont les œuvres et les artistes font irrémédiablement face aux mêmes « sujets éternels ».

 

La présentation des derniers travaux de Nitin Shroff « La Traversée » prolongera « Indian Gaze » et tissera un lien avec la collection permanente du L.A.C. Il s’agira des œuvres produites par l’artiste à la Villa Antoine de Béziers, (ancienne résidence d’été du sculpteur Jean-Antoine Injalbert, de 1845 à 1933).

Une série de travaux, développée sur deux décennies, conçue à Londres, en Inde et aux Seychelles, sera également présentée. Celle-ci exprime les innovations et les préoccupations constantes de la pratique de l’artiste et de son héritage.

 

 

Les œuvres d’art du folklore indien sont issues de la collection particulière de Saleem Arif Quadri. Un choix de cette collection fut déjà présenté par le curateur David Schischka-Thomas, lors de l'exposition (An)other Storyen 2000  à la New Art Exchange à Nottingham.

 

Anju Chaudhuri


Pour la peinture d’Anju c’est toujours le premier matin du monde car tout commence par cet éblouissement, par ce moment où le regard s’affole de tout ce qu’il voit et qu’il ne peut décrire. La peinture consiste justement en cela : à appréhender, à saisir toutes ces formes, toutes ces couleurs, toutes ces lumières mouvantes, autrement dit à tenter d’ordonner en un tout ce chaos de sensations, d’impressions, d’idées. C’est pourquoi sans avoir participé aux débats théoriques Support Surface à Paris puisque dans les années 70 elle suivait les cours de Gualian Ayres à la Saint Martins School à Londres, elle a travaillé très vite sur des toiles ou des papiers libres – qu’elle maroufle ou non par la suite – et toujours hors des données habituelles du cadre et même sur des formats très différents qui vont du grand au presque minuscule où le sujet est comme lové et qu’il faut donc aller chercher. En contemplant ce monde si ouvert, si perméable, ouvert sur toutes les directions on pourrait évoquer une influence de la peinture All Over américaine (elle aime Sam Francis, Joan Mitchell) mais ne se réfèrerait-elle pas plutôt à cette tradition si vivante encore de la pensée indienne qui veut que tout soit lié, uni, que rien ne commence, ni ne finisse jamais.

 

Pendant longtemps il y a eu comme un trop plein, avec un espace dense, saturé, multipolaire : pas de chemin tracé à l’avance, seulement les méandres et les hasards de la création. On est dedans, dans la durée toute entière du geste de la peinture. Il faut d’abord, avant de voir, accepter de se laisser envahir par tout ce cosmos végétal. Anju vient en effet d’un pays, le Bengale, où la nature est luxuriante et c’est ce désir d’immersion totale dans ses profondeurs – elle travaille toujours à plat sur le sol – qu’elle veut exprimer. Tout se cache et tout réapparaît à des moments furtifs entre l’ombre et la lumière : ici on devine un petit temple dissimulé à l’orée d’une forêt comme il y a en tant en Inde, ici une brassée de feuilles, ici une rivière qui coule, ici une fleure brille dans l’obscurité. Comme chez Tagore, la Nature est la grande inspiratrice puisque nous les humains aimerions tant pouvoir vivre à l’unisson, nous régénérer dans son mouvement perpétuel. Anju ne dit-elle pas que la peinture, pour elle, est le sein. Elle ne dessine pas car le dessin est séparation : c’est l’accord très calculé des couleurs, souvent rares, qui guide et construit l’espace de l’œuvre. Elle mélange tout, les formes semblant naître d’elle-même, il faut contrôler un minimum, laisser agir les pinceaux – chacun a son histoire et il y en a toutes sortes – la main, parfois le corps tout entier avec ses gestes furieux ou tendres qui se contredisent, luttent les uns avec les autres. Tout est en métamorphose mais aboutit cependant toujours à une harmonie lumineuse. Aucun outil n’est privilégié : un chiffon créera une tache, des faisceaux de branchages balaieront le papier ou la toile, feront gicler la couleur, des empreintes diverses secrèteront d’autres formes pas toujours identifiables, on aperçoit même des traces de peigne qui font vibrer la surface autrement. C’est cela la vie de la peinture, son pouvoir toujours renouvelé. Anju fabrique aussi de ses mains de petits livres précieux et uniques, pratiques aussi beaucoup le monotypes et la gravure – qu’elle a apprise avec deux grands maîtres Hayter et Krishna Reddy – car elle aime avant tout le papier souple, ductile et les reprises de l’impression.

 

Ces dernières années il semble qu’elle ait besoin d’un espace neutre, blanc, pur, à peine quelques plis du papier ou de la toile pour démarrer : elle ne remplit plus la surface elle a tendance au contraire à la vider, pour laisser fuir la couleur vers les bords et montrer un espace infini. Les couleurs jaillissent dans l’air, en pure liberté, en pure volupté – même si la gamme paraît inhabituelle à nos yeux d’occidentaux – les rouges fusent, les bleus sont d’une intensité irréelle, le jaune et le carmine s’accordent toujours, créant une musique légère, douce et vive à la fois. Peut-être peut-on y voir une sérénité, un abandon au flux des événements : « Tu laisse couler, tu vis avec, tu contrôle ou pas … Tout est recyclable en Inde même ton corps qui devient âme. » dit Anju.

Claude Schweisguth

 

 

 

 

L’art tribal contemporain indien

 

L’art tribal contemporain indien explore la diversité des styles et des techniques de l’art tribal indien, nommées : Madhubani / Mithila – Gond - Warli  - Patua / Chitrakar, dont le travail retrace des siècles de culture indienne.

Bien que les artistes du folklore indien ont pratiqué l’art tribal durant des siècles, ce n’est que depuis ces cinquante dernières années qu’ils jouissent d’une reconnaissance internationale en tant qu’artiste. De l’artisanat, leurs créations furent ainsi considérées comme art à part entière.

 

Initialement propre à l’univers de l’artisanat habituellement pratiqué par les femmes, la visibilité internationale de l’art tribal indien fût la conséquence de la terrible crise économique qui frappa l’Inde dans les années 1966–1968. Afin de créer de nouvelles ressources non agricoles, la All-India Handicrafts Board (ancienne fondation de conseil sur l’artisanat Indien, crée en 1952, pour conseiller le gouvernement sur les problèmes liés à l’artisanat et proposer des mesures d’amélioration et de développement) a encouragé les artistes femmes à développer leurs pratiques artistiques sur support papier à des fins commerciales.

Ce fût une véritable renaissance pour cet art qui révéla au monde la richesse du folklore et l’art tribal Indien et fût exposé  dans de grande galerie du monde entier.

 

Cette expositionexplorera un travail narratif, reflet d’un monde en mutation qui invite le visiteur au voyage et à l’échange, dressant un pont entre les cultures  occidentale et orientale  de la tradition passé à la création contemporaine actuel.

David Schischka-Thomas

 

 

 

Tarifs :

5€ / 3€ (réduit)

Complément d'information

« Indian Gaze »
Anju Chaudhuri & l’Art tribal indien d’aujourd’hui
Du 13 / 4 au 3 / 6 / 2012
Une exposition d’œuvres
de l’artiste Anju Chaudhuri accompagnée
d’une sélection d’œuvres d’art tribales indienne
issue de la collection particulière
de Saleem Arif Quadri
Commissaire invité : Nitin Shroff
Commissaire associé : David Schischka-Thomas

Artistes

Autres artistes présentés

Venkat Raman Singh Shyam  -  Arvind Ghosalkar  -  Ramesh Hengani  -  Saroj Rathod  -  Gurupada Chitrakar

Partenaires

L.A.C - Lieu d’Art Contemporain (association loi 1901) - avec le soutien de : Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles), Région Languedoc-Roussillon, Conseil Général de l’Aude, New Art Exchange.

Mécénat

Christie's, Les Amis du L.A.C.

Horaires

Ouvert tous les jours de 14h à 18h. Fermé le mardi

Adresse

L.A.C. 1 rue de la Berre 11130 Sigean France

Comment s'y rendre

Depuis l’autoroute A9, sortie 39, suivre direction Narbonne sur 4 km, puis prendre Hameau du Lac (sur la droite) Par la route, au sud de Narbonne suivre la D6009 direction perpignan sur 15 km, puis prendre Hameau du Lac (sur la droite)
Dernière mise à jour le 2 mars 2020