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Centre national des arts plastiques

Galerie Tator

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Yann Kersalé : Photo // synthèses

Arts plastiques - Exposition
03 décembre 2002 • 28 février 2003
La galerie Roger Tator présente l’exposition «photo//synthèses» : Yann Kersalé, plasticien, propose une installation intra et extra muros de ses travaux de recherche liés au monde végétal et à la lumière.
Complément d'informations : 
Annexe 1 : texte de Michel Jeannès pour l’exposition pulsar n.m. (mot anglais de pulsating star, étoile vibrante) ASTRON. Source céleste de rayonnement radioélectrique, lumineux, X ou gamma, se manifestant par des émissions très brèves et qui se reproduisent à intervalles extrêmement réguliers (de quelques millièmes de seconde à quelques secondes), et qui correspond à une étoile à neutrons en rotation rapide. Encycl. Les pulsars ont été découverts en 1967. Leur rayonnement proviendrait de particules chargées, accélérées par un champ magnétique intense jusqu’à des vitesses relativistes. Confiné dans un faisceau étroit et entraîné par la rotation de ces étoiles, il balaierait l’espace à la manière d’un gyrophare. pulsation n.f. (du lat pulsatio, -onis)(...) 3. ASTRON. Variation périodique du volume de certaines étoiles qui provoque des fluctuations régulières de leur éclat. pulsion n.f. (du lat. pulsus, poussé) Psychan. Énergie fondamentale du sujet qui le pousse à accomplir une action visant à réduire une tension. pousse n.f. croissance, développement d’un végétal ou d’une de ses parties. pousser v.t. (du lat pulsare) (...) 4. a Faire fonctionner plus vite, avec davantage de puissance, activer. Pousser un moteur, le feu. - v.I. En parlant de parties du corps ou de végétaux, augmenter en taille, croître, grandir.(...)2 Prolonger, poursuivre sa marche, son voyage. poussière n.f. (du lat.pulvis, pulvéris) (...) 2. Très petite quantité de matière. Avoir une poussière dans l’oeil. "L’imbécile regarde la lune là où il s’agit du doigt qui la montre"1 dit, en substance, un dicton dit chinois. Cette image peut servir de guide pour appréhender les éclairages de Yann Kersalé, à ceci près que l’astre éclairé est l’exacte matérialisation de la pensée qui a dirigé le doigt, à moins que ce ne soit l’inverse. De la même manière que, pour peindre des melons, un Miguel Barcelo utilise leur jus, Yann Kersalé éclaire avec les éléments à portée de sa main : bruits de la ville, histoire du site d’intervention, faits sociaux, éléments naturels, données scientifiques, bruits du cosmos, trop plein d’images télévisuelles, fourmis du Cap Canaveral constituent la materia prima qui "informe" et guide ses faisceaux lumineux. Paradoxalement, le naufrageur qui brise la coque de la routine enseigne à ne pas se fier aux apparences. Au-delà du plaisir rétinien, ramassés en faisceaux de signes et pulvérisés sur les éléments urbains, les éclairages de Kersalé visent la conscience. Voir implique savoir et ça-voir implique une prise de risque proche de celle qu’ose "l’imbécile", figure du sage qui, conscient du fait que la lune est dans son oeil, y plonge le doigt. "Homme d’éclats" dit Jean Nouvel de Kersalé. Ceux des prises de conscience de notre monde, riche parfois jusqu’à la nausée, ont lieu sur le plein écran noir de la nuit où Kersalé projette en un Fest Noz planétaire les traces d’ une in-conscience collective en mouvement. À la galerie Roger Tator, Yann Kersalé présente la photo d’un arbre éclairé à Lyon en un autre espace-temps, trace d’un événement qui, à l’instar des étoiles, fait image dans le présent, arbor-essence d’une présence révolue qui fait sens dans le rappel. Une autre photographie, celle d’un olivier - symbole de l’axe du monde et de l’homme universel2 - insiste sur le passage du minéral au végétal. L’arbre est éclairé sur fond de nuit. Du lapis-lazuli à l’outre-vert, il traverse celle des temps. Dans une pièce ramenée au noir,Yann Kersalé crée, à l’aide de photographies tirées sur verre, mises en espace et éclairées, une constellation de fragments (n,m lat.fragmentum (...) passage conservé d’une oeuvre dont l’ensemble a été perdu). Les détails de cactus éclairés peuvent évoquer des micro-univers fractals pour lesquels la partie est dans le tout et le tout dans la partie. Comme pour la Kabbale où il est dit que chaque lettre du Livre contient un univers et que si l’une d’elle n’est pas à sa place, le monde peut s’écrouler, cette pièce s’origine dans une permutation de lettre : La Via Lactea (Voie Lactée), celle qui guide éternellement les pélerins, se confond par la malice d’un glissement phonétique et linguistique, avec la Via Cactea, la route des cactus dont on sait que les peuples amérindiens faisaient la voie royale aux explorations psychédéliques et aux dialogues avec les anciens dieux. Une pièce qui intervient, littéralement, dans la cosmogonie de Yann Kersalé, comme un lapsus (*) n.m. (mot lat., glissement). (*) Anagramme: pulsa (s) Michel Jeannès, 7 novembre 2002 1 (*) ndla : M’étant laissé piéger par le reflet de mots aussi prompts à s’éclipser qu’à éclairer, je ne peux garantir aux puristes ni l’origine ni l’exactitude de la formulation du proverbe original. Celle ci est certainement plus proche de "L’imbécile regarde le doigt alors que celui-ci montre la lune" ----" (...) car une vieille boîte à sardines, dans un terrain vague, à minuit, reste quand même un miroir de la Lune" Alexandre Vialatte. Chronique intitulée "Raymond Queneau ou le prince de l’avatar" (**) in Dernières nouvelles de l’homme, Pocket, Paris 1982, p.219 (**) notes sur les notes : avatar : n m. (sanskrit avatara, descente du ciel sur la Terre). Nom donné aux différentes incarnations des dieux, dans l’Inde, surtout celle de Vishnu. Transformations, métamorphose, changement, le plus souvent en mal : les avatars de certains mots sont curieux. (in Petit Larousse Illustré éd. 1968) 2 dans la tradition Islamique, in Chevalier et Gheerbrant, Dictionnaire des Symboles, Laffont, Paris 1969 et 1982. Annexe 2 : repère biographique de Yann Kersalé " Yann Kersalé ", Philippe Curval, 1995 (extraits) Tenter de cerner Yann Kersalé par sa biographie est une entreprise délicate. Né à Paris en 1955, Yann Kersalé est un Breton de souche qui revendique hautement ses origines. Il naît déraciné. D'où sa vocation mondialiste. Dès son plus jeune âge, la découverte du trait, des formes et des couleurs est une révélation. En 1972, il réalise son désir, entre aux Beaux-Arts de Quimper. Pour survivre, il fait le métier de docker, décharge des bateaux, dégage des thons à la barre à mine dans les congélateurs géants. Du soir au matin, il surprend les lumières insolites, qui lui vaudront un jour de comprendre comment s'éclaire le quartier des docks à Saint-Nazaire. A l'Ecole, les jeunes professeurs participent au débat de la modernité qui fait rage en ce début des années 70. Impossible de ne pas évoluer, très rapidement Kersalé s'intéresse aux recherches de Beuys, aux provocations de Journiac, aux actions de Gina Pane, à Christo, emballant les Etats-Unis. Il s'éloigne définitivement de la peinture, choisit l'action. Il apprend à exploiter les caractéristiques des lieux, en informatisant certains de leurs paramètres pour conférer des pulsations aléatoires à la lumière. La nuit tombée, il prend conscience de son pouvoir sur les architectures, les paysages dont il révèle les apparences secrètes, qui n'ont jamais existé sous le soleil. Son travail sur la fluidité de la vision, qui est de la nature de la fiction, s'éloigne radicalement des stéréotypes de l'illumination. Au début des années 80, à la demande des responsables de la tour Eiffel, il intervient expérimentalement sur la tour de Fourvières, à Lyon. Le premier, il démontre que l'architecture métallique peut être éclairée de l'intérieur. Il part alors à la recherche d'espaces d'intervention. C'est ainsi qu'il fait sa première " expédition lumière ", en juin 1984 sur le haut-fourneau numéro 3 de la Société métallurgique de Normandie, l'usine sidérurgique de Caen. Pour le Songe est de rigueur, son " expédition lumière " suivante, son projet visera à transposer artificiellement un électroencéphalogramme de la mer En 1993, Yann Kersalé étend son domaine d'intervention à l'Opéra de Lyon, dont la transformation est orchestrée par Jean Nouvel. Il fait véritablement battre la verrière comme un organe vivant. Europole Grenoble, Euralille, Eurotunnel, en 1992. L'actualité l'amène également à accompagner par ses projets la naissance de l'Europe. Aujourd'hui, Yann Kersalé affirme toujours davantage son rayonnement international avec entre autres : 1) des commandes comme SONY Center à Berlin, les Ponts de Québec, NBIA (New Bangkok International Airport), l'extension de l'aéroport O'Hare à Chicago, London Eye à Londres, la nouvelle Poste de Bonn, un complexe d'exposition en Chine... 2) et des projets comme Dynamic à Hong Kong, Atollego en Polynésie, Central Park à New York, le Golden Gate à San Francisco, Cap Canaveral en Floride, le téléscope d'Arecibo à Porto Rico...
Horaires : 
14 à 19 h - lundi au vendredi
Dernière mise à jour le 23 sept. 2011

Galerie Tator

36 rue d'Anvers
69007 Lyon
France
Téléphone : 04 78 58 83 12
Responsable de la galerie : Marie Bassano
Président et co-fondateur : Laurent Lucas