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Centre national des arts plastiques

Récolement

Méthode de récolement

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Une mission de récolement au musée des beaux-arts de Lyon en 2009

un reportage photographique de Simon Proffitt

  • Les missions de récolement commencent par le travail des chargés de documentation. Ils établissent la liste des œuvres à rechercher dans les institutions dépositaires, ville par ville, à partir des cahiers d’inventaires (numérisés depuis les années 1990). Ces listes sont vérifiées et complétées grâce aux archives internes du Cnap.

    Aucun cahier d’inventaire antérieur à 1860 n’ayant été conservé, il est indispensable de mener des recherches supplémentaires pour les œuvres déposées ou acquises avant cette date. Un certain nombre de ces documents se trouve maintenant aux Archives nationales.

  • Lorsqu’un dossier est constitué, les conservateurs et les chargés du suivi administratif prennent contact avec les dépositaires pour préparer avec eux la mission : celle-ci peut durer de quelques jours à plusieurs semaines, suivant le nombre d’œuvres déposées.

  • En amont de la mission comme sur le terrain, le contact avec les institutions dépositaires est d’une grande importance. Les dépositaires qui accueillent les agents du récolement sont très sollicités durant tout le temps de la mission.

  • Les dossiers contenant la liste et les photographies disponibles des œuvres à rechercher sont envoyés aux dépositaires un mois avant la mission de récolement. Certaines d’entre elles ont en effet été déposées il y a plus de cent ans, ce qui rend parfois difficile leur identification ou leur localisation.

  • Les dernières vérifications concernant ces listes sont effectuées avec les dépositaires à l’arrivée des récoleurs, puis tout au long de la mission.

  • Selon un calendrier mis au point en concertation avec les dépositaires, les récoleurs font le tour de l’institution.

  • Un récolement en musée commence souvent dans les réserves. Les toiles, accrochées sur les épis dans la réserve des peintures, sont passées en revue une à une.

  • Il faut aussi examiner les œuvres exposées dans les salles du musée…

  • …ou en extérieur.

  • Les instruments du récoleur : liste et stylo pour la prise de notes, mètre-ruban, appareil photo…

  • … ainsi que les gants de coton, indispensables pour tout contact avec les œuvres.

  • Les œuvres vues lors d’une mission de récolement sont de natures diverses. L’Etat ayant acquis les œuvres d’artistes vivant depuis la fin du XVIIIe siècle, la majorité des dépôts fait partie du fonds historique. Il peut s’agir de copies de tableaux de maître, mais aussi de chefs d’œuvres comme cette « Mort de Marc-Aurèle » de Delacroix…

  • …ou d’œuvres du fonds moderne.

  • Si les peintures sont majoritaires, le fonds comprend également sculptures, dessins…

  • … estampes, etc.

  • Toutes les œuvres sont examinées une par une, attentivement.

  • mesurées,

  • On procède pour chaque œuvre à un constat d’état, c'est-à-dire à une évaluation de son état de conservation.

  • Celui-ci peut parfois donner lieu à des recommandations aux dépositaires concernant une restauration éventuelle ou des mesures de conservation préventive.

  • Chaque constat est accompagné de photographies.

  • Les dépôts les plus importants en termes quantitatifs sont ceux qui ont été faits dans les musées. Mais des dépôts ont aussi été consentis aux administrations centrales, aux ambassades, aux mairies, aux hôpitaux ou aux bâtiments religieux…

  • Ainsi, il n’est pas rare que les peintures accrochées dans les chapelles d’église soient des dépôts d’œuvres inscrites sur l’inventaire du fonds national d’art contemporain, comme ici dans la Primatiale Saint-Jean-Baptiste de Lyon.

  • Le récolement des œuvres du fonds national d’art contemporain est conduit par le Cnap comme par les autres institutions nationales déposantes (musée du Louvre, musée d’Orsay, musée du château de Versailles, Mobilier national, Musée national d’art moderne) sous la responsabilité de la Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art (CRDOA).

  • En plus de ces partenaires, les agents du Cnap travaillent aussi en étroite collaboration avec les services déconcentrés du ministère de la Culture et de la Communication (DRAC) et territoriaux (conservations régionales, archives départementales, services culturels municipaux).

  • Au cours de la mission de récolement, il est parfois indispensable d’effectuer des recherches complémentaires concernant l’histoire des œuvres (restaurations antérieures, changements de localisations, prêts…).

  • Avec l’aide des dépositaires, les récoleurs sont donc amenés à consulter la documentation existante.

  • Enfin, de retour à Paris La Défense, les constats d’état ainsi que toutes les informations prises en note durant la mission sont saisis dans la base de gestion des collections. Les conservateurs et chargés de documentation effectuent certaines vérifications, notamment sur les œuvres retrouvées durant la mission. Les chargés du suivi administratif veillent à la constitution et à l’envoi du rapport de mission final qui sera adressé à la CRDOA pour transmission aux dépositaires.

  • Cette phase de saisie et de vérification peut être longue, et les rapports de mission arrivent plusieurs mois après que les missions ont été effectuées. Ce temps est cependant nécessaire à la préparation de l’étape suivante : le post-récolement qui comprend la recherche des œuvres non retrouvées, les dépôts de plainte en cas de vol, ainsi que le suivi des restaurations et des améliorations demandées en vue d’une meilleure conservation des œuvres.

En mai 2009, le photographe britannique Simon Proffitt a suivi le déroulement d’une mission de récolement. Une équipe composée de deux conservateurs et d’un chargé de documentation était chargée de récoler plusieurs centaines d’œuvres déposées au musée des beaux-arts et à la cathédrale de Lyon.

Dernière mise à jour le 30 août 2017