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Centre national des arts plastiques

Thomas BARBEY

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Biographie

L'invitation au voyage

De Camagüey à Buenaventura, Bàtabanò puis La Havane, Acapulco à Porto-Novo… Je me souviens des itinéraires empruntés par mon imagination d’enfant, lorsque j’étais explorateur au long cours. Chaque mois, j’attendais un nouveau lot de ces fiches à collectionner qui arrivaient par la poste, condensant cartes et renseignements historiques. Plus que l’appétit encyclopédique, c’était l’envie de connaître des ailleurs inaccessibles. Et, plus l’échelle était grande, plus précis était le dessin de l’inconnu, plus intense était l’évasion, avec le sentiment de découvrir l’intimité de collines, de hameaux appartenant aux habitants du lointain.

Mon travail artistique poursuit ce voyage au long cours, dans une lente exploration du réel, du monde sous ses aspects géographiques et contemplatifs. C’est le récit d’une promenade fictive dans une contrée où alternent sommets, gouffres, vallées, panoramas, paysages topographiques et autres motifs anecdotiques. Cette recherche qui poursuit un idéal romantique se présente comme de simples fragments, comme de petites pièces arbitrairement taillées dans un tissu infiniment plus vaste.

Lorsque l’on demande à G. Richter pourquoi il peint souvent des paysages, il répond : « J’ai envie de peindre de belles choses. » Cette ironie dérangeante s’attaque au présent en refusant de justifier d’une rhétorique théorique pour créer. Dessiner des paysages c’est pour moi, simplement voyager et explorer, sans souci de mode, d’anecdote ou de littérature! Dessiner des paysages c’est la possibilité d’enrichir mon sens de l’orientation au milieu de la confusion et de la précipitation de notre époque. Et comme un voyageur doit être capable de glisser du brin d’herbe au cosmos, Je passe mon temps à m’aventurer, à me promener quelque part, entre le monde tel que je le vois et le monde tel que je me l’imagine. Mon travail artistique naît finalement d’une rêverie naturaliste, généreuse, qui emprunte sa pratique au voyage.

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L’eau et les rêves:

Dans son essai intitulé «L’eau et les Rêves», le philosophe Gaston Bachelard décrit l’eau comme une matière élémentaire, à partir de laquelle notre imagination fait émerger des rêves, des poèmes, des métaphores et des oeuvres d’art. Il nous entraîne dans une méditation sur «l’imagination de la matière» et en même temps il s’abandonne à sa propre rêverie. Ivan Illich transforme cette vision poétique en une critique radicale de la conception scientifique de l’eau, en affirmant que H2O serait une « création » de la société industrielle. Ma vision de l’art s’inscrit dans cet esprit à la fois poétique et critique.

Mes dessins sont des fragments du monde visible découpé au hasard. Dans ces dessins je me laisse guider par le simple plaisir d’évoquer le doux murmure d’un faible ruisseau, la description du mouvement de ses eaux, glissant dans la pente en se brisant sur des cailloux. Cet effet de contraste du solide et du mouvant constitue en soi un spectacle sans arrièrepensée didactique ou technique. Ainsi, je joue sur l’exaltation de la nature comme sujet de rêverie, de contemplation, de fascination.

Paradoxalement, telle une impression numérique, c’est l’alignement continu de lignes qui construit le motif de mes dessins. Ce motif minimal incessamment répété par les allers-retours de ma main, met en relief et esquisse une trame que l’on parcourt du regard. Cette imitation ironique des mouvements de l’imprimante affirme la primauté de la mémoire du geste, de la mémoire du corps, lente, unique et méditative. À travers cette relecture anthropomorphique de la trame numérique, je tente de dégager un certain rapport spirituel et poétique entre la ligne et le monde.

Dernière mise à jour le 27 août 2015
Site internet : Thomas Barbey

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