Skip to Content
Centre national des arts plastiques

Galerie Jérôme POGGI

Share Share Share Share Share

STUDIO MEUBLÉ

Exposition collective

Film, vidéo - Exposition
24 novembre 2012 • 05 janvier 2013

GREGORY BUCHERT -  LÉANDRE BERNARD-BRUNEL
CHRISTOPHE HERREROS  -    GAËLLE CINTRÉ

Commissaire d'exposition: Stéphanie Cottin

Il n'y a pas que le jour et la nuit
il y a l'aurore et le crépuscule
Il n'y a pas que le fictif et le réel
il y a les faux semblants et le "mentir-vrai"(Louis Aragon, "Le mentir vrai")

En tant que spectateur on entre dans un film comme dans une nouvelle vie, dans un nouvel appartement, où l'écueil du banal n'est plus pesant, où les meubles ont changé, ont gagné en qualité; des meubles dans lesquels on s'assied confortablement pour s'identifier au personnage, le temps que dure la projection.
Pour le créateur d'images en mouvement c'est grâce à un second appartement, le studio dans lequel il va donner vie à un scénario, que le film existera, prendra forme. Lieu de toutes les tergiversations et tribulations du créateur, il est surtout synonyme de l'industrie du cinéma avec un grand I, de ses studios Babelsberg, Cinecitta, Hollywood, Bollywood, tous ces noms mythiques, ces usines à rêves hyperactifs ou endormis.

Mais après guerre on croit un peu moins aux grandes illusions hollywoodiennes. Les images de cinéma changent, la caméra s'attarde plus en de longs plans-séquences, de longs travellings, on est moins sûr de vouloir croire à la réalité de ces images fabriquées à la chaine; alors on sort, on prend l'air, on se balade. Car peut-être que pour y croire plus à ces images il faut les ancrer dans la réalité du dehors, filmer à l'extérieur et que les choses soient à leur place. Laisser s'exprimer "la "parlure visible" des corps, des objets, des maisons, des rues, des arbres, des champs" (Robert Bresson,"Notes sur le cinématographe",p.26)

Le studio n'est plus alors le lieu absolu et incontournable de toute création filmique. N'importe quel espace peut devenir plateau de tournage et du même coup tout sujet peut mériter d'être enregistré sur des mètres de pellicule. La prise réelle directe, comme les premiers films des opérateurs Lumière, pas d'affect, des faits.

Les quatre artistes que nous présentons sont habités par le cinéma, son histoire, avouent formellement leur fascination pour les productions américaines, pour le cinéma asiatique, certains avouent aussi un attachement particulier pour les séries, les reality show et les images internet, pour le documentaire et son objectivité partiale. Comme le cinéma et les médias en général sont friands de faits-divers, nos artistes s'en emparent avec ampleur ou avec une apparente banalité. Quelqu'un a disparu? Un meurtre a-t-il eu lieu dans un sordide garni? La situation va-t-elle dégénérer?

Brèves de comptoirs ou rubriques des chiens écrasés, le quotidien est leur affaire! Du plus trivial au plus extraordinaire, nos quatre "Sam suffit" de la caméra, ils n'en feront ni trop, ni pas assez, vont faire feu de tout bois; ils vont l'installer partout cet oeil portable et mécanique. D'un studio meublé à Paris, à un bord de mer à Pont-aven en passant par une profonde jungle du Gujarat en Inde et par Hollywood? Ils vont jouer avec les codes du genre, brouiller les frontières entre la réalité et la fiction, mais ne nous feront jamais oublier que nous sommes les observateurs d'une réalité arrangée, d'une réalité qu'ils ont souhaitée attraper dans leurs filets. Avec eux nous allons pouvoir tester le confort très différent de ces meubles déjà utilisés qui trainent dans les studios, dans leurs studios.

Stéphanie Cottin, novembre 2012

 

Stéphanie Cottin, est née en 1969 à Arcachon. Commissaire indépendante, elle co-fonde en 2009 l'association videoclub (www.videoclubparis.com):  qui assure la diffusion de films et  de vidéos d'artistes sur internet et organise des projections dans différents espaces privés et publics  dont "Impression, soleil" en  juin 2011, au 6b à Saint-Denis. Elle prépare actuellement avec Anne Couzon et Arnaud Bernus, "Stately, Yes", une exposition pour l'Ecole des Beaux-Arts d'Angers qui aura lieu du 17 janvier au 22 février 2013

 

Dernière mise à jour le 31 janv. 2013

Galerie Jérôme Poggi

2 rue Beaubourg
75004 Paris 04
France
Téléphone : 09 84 38 87 74
Directeur général : Jérôme Poggi
Gallery Manager : Fanny Legros
Curator - Not-for profit projects : Thomas Conchou
Accès mobilité réduite