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Collection arts plastiques

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Steven Parrino, «Cosa» ou le retour à la peinture ?

Article

  • Steven Parrino, Cosa, 1990, FNAC 01-009.
    Acrylique sur toile, 183 x 183 cm.
    Acquise en 2001 auprès de la Galerie Evelyne Canus, l’œuvre fait l’objet d’un dépôt en 2014 au Musée Sainte-Croix des Sables d’Olonne.

  • Steven Parrino, Rites of Spring (Toward an expanded cinema), FNAC 04-183.
    Cette installation en bois, plexiglas, papier, et comprenant également un téléviseur, est une sorte de table de documentation du travail de Steven Parrino. Elle joue sur le rassemblement de reproductions de ses œuvres : une performance de 1979, son diplôme, une vue de l'exposition de "Crowbar" (1987), des dessins où il s'approprie des signes de la contre-culture et de la culture adolescente, et diverses formes de l'histoire de la peinture radicale comme des "drippings" ou des "quadrangles" où il associe peinture et musique. Présent dans cette installation, le livre de Michael Azerrad, consacré à la culture musicale punk, a été remanié par Parrino avec des "couper-coller" suivant ainsi la redéfinition du statut de l'auteur dans la culture punk. L’écran de télévision renvoie dos à dos effets visuels et sonores selon les pratiques picturales et musicales de l'artiste où l'altération des diverses structures aboutit à une révélation de la matière, la "neige" du téléviseur évoquant le "grésillement" de l'appareil.

  • Steven Parrino, Trashed Black Box n°2, FNAC 04-210.
    Cette installation est une œuvre à réaliser et réactiver à chaque présentation. Il s’agit d’un caisson muni d'une ouverture, construit en plaques de placoplâtre laquées noir sur leur face interne et endommagées de l'intérieur à l'aide d'une masse. L’œuvre est ainsi détruite à la fin de chaque présentation.
    Les visuels ici présentés sont ceux réalisés lors de la présentation au Palais du Tau à Reims en 2010 dans le cadre de l’exposition « Diagonales : La musique du hasard ».

  • Steven Parrino, Trashed Black Box n°2, FNAC 04-210.
    Les coups de masse minant et déchirant de l’intérieur ce parallélépipède violemment troué de part et d'autre, en font le vestige délabré d'une effigie minimaliste.
    Détail de l'installation.

« La radicalité vient du contexte et pas nécessairement de la forme. Les formes sont radicales dans la mémoire, en perpétuant ce qui fut radical autrefois par l’extension de leur histoire. L’avant-garde laisse un sillage et, mue par une force maniériste, elle poursuit son avance […] Vu sous cet angle, l’art est plus culte que culture. » (Steven Parrino, The No texts (1979-2003), Jersey City, Zurich, Abaton Books, JRP|Ringier, 2003)

Dans le cadre de l’exposition du Musée de l’Abbaye Sainte-Croix des Sables d’Olonne,« Zones sensibles, la peinture renversée », relecture des pratiques picturales et du positionnement des artistes face à l’objet même de la peinture au cours de ces dernières décennies, et mettant en exergue un important et récent dépôt d’œuvres du CNAP, une peinture de Steven Parrino retient tout particulièrement l’attention, Cosa (FNAC 01-009).
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STEVEN PARRINO, UN ACTEUR MAJEUR DE LA SCÈNE ARTISTIQUE NEW-YORKAISE
Né en 1958 à New-York, décédé en 2005, le peintre new-yorkais Steven Parrino est emblématique de ces plasticiens qui ont profondément renouvelé la pratique artistique des décennies quatre-vingt, quatre-vingt-dix et deux-mille, refusant la distinction entre culture élitiste et populaire, et mêlant leur propre pratique artistique à leur usage quotidien des cultures mainstream urbaines marquées tant par le graffiti, l'imaginaire visuel et télévisuel hollywoodien et la nouvelle culture des networks modernes (dont MTV sera l’emblème) que par les musiques post-punk, no-wave, gothiques et post-rock. La performance corporelle, le dessin, le cinéma ou la vidéo expérimentale, la photographie, le collage mais aussi et surtout la musique et la peinture furent donc pour Steven Parrino une pratique quotidienne dans son art et sa vie.
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COSA, UN TABLEAU MANIFESTE DU RETOUR À LA PEINTURE
Cosa, œuvre historique de 1990, semble déjà résumer toute l’amplitude de l’art polyphonique de Parrino. Ce qui frappe en effet, outre ses dimensions monumentales (183 x 183 cm), ce sont d’abord la matérialité sculpturale de cette peinture acrylique caractérisée par une couleur intense, le noir, mais aussi et surtout l’effet de texture drapée de la toile, donnant à cette peinture une impression de relief renforcée par l’opposition entre le noir et le beige, créant un effet presque physique de déchirure symbolique. Comme un écho anticipé de sa pratique musicale qu’il évoque dans une vidéo enregistrée en 1997, il applique à la peinture comme à la musique un principe de distorsion, de chaos créateur actant de la réalité brutale et mortifère de l’existence. Le noir de ce grand monochrome froissé est tout autant évocation des ténèbres funèbres que rappel de sa fascination pour les peintures noires séminales de Frank Stella de la fin des années cinquante et les tableaux de désastres qu’Andy Warhol exécute à partir de 1963. Les froissements de la toile, son aspect presque métallique ne sont pas sans évoquer la carrosserie d’une de ces voitures broyées par un de ces accidents tragiques marquant profondément les  sous et contre-culture américaines, tout comme la possible réunion d’Eros et de Thanatos, de James Dean, de Jayne Mansfield et les Hell's Angels.
Ainsi se conjuguent dans cette œuvre emblématique tant la sous-culture biker, la fascination de Kenneth Anger et de Warhol pour la voiture, la vitesse et l’apparatus cinématographique hollywoodien, que la démonstration sans appel de la violence quotidienne de la société américaine. Steven Parrino a dit qu’il s’agissait de traiter le chaos par le chaos : « Chaos to order chaos » 1, et sa peinture ne peut prendre que la mesure de la réalité confuse et brutale de ce même chaos, traduisant plastiquement cette violence en créant par ses toiles des empreintes formelles réceptacles de toutes les dissonances du monde contemporain.
Dans l’un de ses écrits fondateurs, Notebook, datant comme cette œuvre de 1990, Steven Parrino formule en effet que la peinture (la toile) peut être arrachée, tordue, froissée, distendue, tordue, cabossée, dégrafée, déchirée, lacérée enfin. Cosa est particulièrement représentative de la pratique de l’artiste qui peint primitivement un monochrome sur une toile tendue sur châssis, qui est ensuite dégrafée puis replacée, décadrée et froissée sur son châssis d’origine. La toile originellement plane devient alors volume, presque peinture-relief. Ainsi le monochrome minimaliste, uniforme, élitiste et puritain mis en exergue, comme sacralisé par la peinture américaine des années soixante-dix devient ou redevient presque baroque, comme un monochrome désormais syncrétique et non plus aseptisé, définitivement marqué par le « mauvais genre », les toiles de Parrino évoquant à la fois la tôle ondulée de voiture, le vêtement froissé de cuir du biker et la torsion dynamique du corps en mouvement sur une scène de rock. Parrino assume une attitude revendiquée de vandalisme toujours à la fois quasi blasphématoire mais aussi empreinte de sacré face aux icônes de l’art moderne américain. Ses monochromes noirs sont, selon les termes de Vincent Pécoil, une « émanation du passé exhibé comme une nature-morte-vivante, still-living-dead »2, parachevant son approche post-appropriationniste et post-moderniste.
Ce tableau manifeste atteste enfin de son appétence pour un retour à la pratique de la peinture. Car Parrino est aussi un acteur majeur et singulier du retour à la peinture, dans ces années quatre-vingt où celle-ci semblait condamnée à brève échéance, même si la démarche de l’artiste new-yorkais fut marquée par une ironie libertaire et comme nécrophile, où la darkness est mise au service d’une résurrection picturale de la peinture. Comme l’a dit lui-même Steven Parrino dans Notebook, c’est la mort de la peinture qui l’a conduit à (re)faire de la peinture.
Enfin il n’est pas interdit de penser que cette figure monumentale de draperie évoque les grands exemples picturaux du passé, et tout particulièrement les dessins de draperies de Léonard de Vinci. Il n’est pas jusqu’au titre de l’œuvre de Parrino Cosa qui n'évoque aussi explicitement la définition du grand maître italien de la Renaissance, « La pittura è cosa mentale ». Tout aussi prophétique, ce tableau est aussi une marque noire qui semble déjà anticiper par sa violence la fin tragique de l'artiste sur une route la nuit du 1er janvier 2005.
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STEVEN PARRINO DANS LES COLLECTIONS DU CNAP
Outre Cosa, acquise en 2001, deux autres œuvres de Steven Parrino sont également inscrites sur les inventaires du Fonds national d’art contemporain, et témoignent des multiples facettes de la pratique plasticienne de l’artiste : les deux installations Rites of Spring (Toward an expanded cinema) (FNAC 04-183) et Trashed Black Box n°2 (FNAC 04-210), achetées en 2004 à la Galerie Jean Brolly.

Xavier-Philippe Guiochon
Conservateur en chef du patrimoine
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POUR EN SAVOIR PLUS
Zones sensibles, la peinture renversée [Texte imprimé] : [exposition], Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d'Olonne, 19 octobre 2014-18 janvier 2015 / [textes de Gaëlle Rageot-Deshayes et alii. - Les Sables-d'Olonne : Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, 2014 - (Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix ; n° 126).

Une histoire : Art, architecture, design des années 1980 à nos jours
[texte imprimé] : exposition présentée au Centre Pompidou [catalogue sous la direction de Christine Macel]. Paris : Centre Pompidou, Flammarion, 2014

Début de Siècle / Cahiers du Fonds national d’art contemporain n°8
, Paris, Centre national des arts plastiques, Rochechouart, Musée départemental d’art contemporain,  2007

Parrino, Steven, The No texts (1979-2003), Jersey City, Zurich, Abaton Books, JRP|Ringier, 2003

Exit [Texte imprimé] ; Dark matter / Steven Parrino. - Genève : JRP éd. ; Dijon : les Presses du réel ; Fribourg : Fri-Art ; Graz : Grazer Kunstverein, 2002

  • 1. La Marque noire, Steven Parrino 1981-2004, rétrospective, prospective, Paris, Palais de Tokyo, 2007.
  • 2. « Monochrome », in Début de Siècle / Cahiers du Fonds national d’art contemporain n°8, Paris, Centre national des arts plastiques, Rochechouart, Musée départemental d’art contemporain,  2007.
Dernière mise à jour le 17 mars 2017

Article(s) associé(s)

Zones sensibles, La peinture renversée

Dépôt d'œuvres du CNAP

Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne
19 octobre 2014 • 18 janvier 2015