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Centre national des arts plastiques

Galerie Dix9

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Self-portraits

exposition personnelle de Yuan Yanwu

Arts plastiques - Exposition
05 • 21 février 2015

Pour sa deuxième exposition personnelle à la Galerie Dix9, Yuan Yanwu propose  un nouveau travail  qui surprend chez celle qui nous avait présenté d’exquises et paisibles images d’elle-même enfant. Certes  Yanwu y prolonge un même questionnement de l’identité, mais  cette fois, en s’y livrant  à vif et presqu’avec  impudeur. Comme si ce qu’elle avait affronté avait  aussi bouleversé sa manière de créer.

«  L’aquarelle  s’est imposée à moi », dit-elle.  L’eau et le papier, une tradition picturale de la Chine mais qu’elle ne pratiquait pas. « Avec des photos j’aurais arrêté des instants, avec l’aquarelle j’ai cherché à restituer l’expérience de mouvements, d’altérations, de transitions ».
Ce qui lui importait également  c’est que le travail soit fait à la main,  comme pour les retouches infinies de sa précédente série. « Pour traduire le temps, j’ai besoin d’un travail qui dure ».
 Et c’est bien le Temps  qui ordonne  cette nouvelle série-journal intime  avec une particulière cruauté, s’incarnant  dans  des autoportraits au teint plombé, des visages marqués de rides, usés, défaits, doubles envoûtés, empreintes hallucinées. La tête d’enfant s’est fissurée. La porcelaine s’est brisée. Cette  «  catastrophe », au sens de Deleuze, et sa traversée, c’est ce que Yanwu nous donne à voir dans cette nouvelle série.
La couleur s’y est  le plus souvent diluée, comme imbibée de larmes, flottant à la dérive. Mais elle semble parfois  se ressaisir face à cette fluidité délétère,  se ramasser et se figer,  renforcée alors par des  couches successives, unifiée  par des frottis de térébenthine.
Un double mouvement d’abandon et de sursaut qui transpose  un sentiment de dépossession  et la volonté d’y résister. On  le discernait déjà dans sa précédente série, « Self-portraits part 1 ». Yanwu dénonçait  discrètement  avec d’exquises images d’elle enfant, lissées par un long et minutieux travail de retouche, la violence de ceux qui, en la photographiant, l’avait comme emprisonnée. Aujourd’hui  elle s’affirme  avec force en figurant, pour s’en affranchir,  des  moments de trouble, d’entre-deux, qui ont pu la rendre absente, étrangère à elle-même.  Et dans ces autoportraits singuliers et intimes,  il n’est pas étonnant  que l’aquarelle s’émancipe de la transparence, comme si elle  aussi voulait prendre corps.  
Eric Vinassac

Horaires : 
mardi - vendredi 14h - 19h samedi 11H - 19h et sur RV
Heures de vernissage : 
18h- 22h
Tarifs : 
entrée libre
Moyens d'accès : 
metro Filles du Calvaire
Dernière mise à jour le 16 janv. 2015

Galerie Dix9

19 rue des Filles du calvaire
75000 Paris 03
France
Téléphone : 01 42 78 91 77
Télécopie : 01 42 78 91 77
Directrice : Hélène Lacharmoise