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Centre national des arts plastiques

FRAC Auvergne

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PHILIPPE COGNEE

Peintures et Aquarelles

Arts plastiques - Exposition
10 juillet • 28 août 2015

Figure majeure de la peinture, Philippe Cognée (né en 1957) a choisi dans les années 1990 d’orienter ses préoccupations vers la représentation d’objets triviaux. Baignoires, chaises de jardins, congélateurs, cabanes de chantier, supermarchés, immeubles, châteaux de sables,
scènes de famille… sont alors pour lui l’occasion de prolonger les thèmes de la nature morte et de la scène de genre tout en posant la question du sujet en peinture : un peintre peut-il tout peindre, y compris les choses les plus banales ?
La technique qu’il utilise consiste à reproduire une photographie en utilisant une encaustique de pigments mêlés à de la cire d’abeille. Les couleurs se préparent donc au bain-marie, l’image est peinte à chaud. Puis l’encaustique est chauffée une seconde fois à l’aide d’un fer à repasser appliqué sur l’oeuvre préalablement recouverte d’un film plastique. La cire fond à nouveau, les formes se dissolvent de manière contrôlée, l’image se floute. Après que le film plastique ait été arraché, créant ainsi de multiples aspérités à la surface de l’oeuvre, l’image se révèle enfin, laissant apparaître le sujet initial dans une morphologie nouvelle et trouble, dans une dimension vibratile qui la fait résister. Le sujet – si banal au départ – bascule vers une autre représentation dont une dimension tragique n’est pas exclue.
Dans les années 2000, néanmoins, Philippe Cognée s’est progressivement éloigné de ses sujets
de prédilection pour orienter ses recherches vers le traitement de nouveaux types d’images.
Beaubourg appartient ainsi à une série tout à fait singulière dans l’oeuvre du peintre, consacrée aux grandes architectures patrimoniales internationales dédiées à l’art. Saint-Pierre de Rome, le musée Guggenheim de Bilbao, Versailles, Beaubourg… peints sur des formats imposants, sont les lieux d’exposition et de conservation des oeuvres les plus remarquables de l’histoire de l’art. Voici donc le regard porté par un artiste sur ces constructions dédiées à la création, dont certaines d’ailleurs contiennent ses propres oeuvres, à l’image du Centre Pompidou ou du Château de Versailles qui conserve une quarantaine de ses peintures. Beaubourg, présenté dans cette exposition, rappelle par sa nature, par ses fonctions et par son implantation dans la ville, le souvenir des cathédrales, et souligne le déplacement historique de l’art du domaine cultuel vers celui du culturel, comme ce fut le cas de la Chapelle de la Visitation, tout d’abord dévolue au culte avant de devenir un lieu destiné à la culture...
L’exposition présente également deux grands tableaux issus de la série Google, consacrée à la représentation de vues aériennes par satellites fournies par le site Google Earth. Cette cartographie vue du ciel propose des images dont les détails sont parfois d’une redoutable précision. Il est certain que cette technologie popularisée par Google a considérablement modifié notre manière d’appréhender l’espace et les distances du monde dans lequel nous vivons en créant pratiquement une façon de voyager sans bouger, à des altitudes et avec une fluidité jamais atteintes jusqu’alors. La vue satellitaire de Google mise à la portée de tous est à la fois symptomatique d’une surveillance permanente de la moindre parcelle de territoire à l’aide de caméras high-tech et l’expression d’une menace tout aussi permanente venue du ciel. Ces architectures habituellement perçues dans leur monumentalité semblent comme écrasées par la dissolution de l’image obtenue grâce à la technique à l’encaustique employée par l’artiste. On retrouve dans cette oeuvre l’intérêt porté par Philippe Cognée pour les grandes architectures contemporaines que sa technique transforme en formes chargées d’une précarité presque pathétique qui dès lors dialogue avec la peinture et les aquarelles de châteaux de sable également présents dans l’exposition.
Beaubourg, Google, Cabanes de chantier, Châteaux de sable… : on comprend aisément l’intérêt porté par Philippe Cognée aux différentes catégories d’édifices et à leur pérennité très relative dans le temps. Du véritable paquebot culturel incarné par le Centre Pompidou à l’éphémère d’un château de sable, il n’y a finalement qu’une différence de temps car, à la fin, tout s’effondre inéluctablement… C’est donc de vanité humaine dont il est question, de cette volonté de bâtir, de créer pour laisser une trace qui puisse être la plus longue possible.
Il s’agit là, incontestablement, d’une question qui concerne tout artiste dont les oeuvres sont destinées à lui survivre, les aquarelles de crânes et les peintures Coeur et Cervelle ne disent rien d’autre que cela, renouant avec une longue tradition dans l’histoire de l’art pour souligner la vanité de toute création. Ne demeure à la fin que la belle simplicité de cette peinture de plage, représentant les deux enfants du peintre, encore très jeunes en 1996, aujourd’hui adultes. Un cliché familial, intime, personnel et simultanément universel, symptomatique de notre passage, fugace et fragile.


Les peintures de cette exposition proviennent de la collection du FRAC Auvergne et de collections privées. Les aquarelles ont été généreusement prêtées par Philippe Cognée.

Horaires : 
Du 10 au 25 juillet, tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 19 h Du 28 juillet au 28 août, du mardi au samedi de 14 h à 18 h
Heures de vernissage : 
19 h
Tarifs : 
Gratuit
Partenaires : 
Conseil Régional d’Auvergne DRAC Auvergne - Ministère de la Culture et de la Communication Ville de Brioude
Adresse de l'événement
Chapelle de la Visitation
Place de la Visitation
43100
France
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Dernière mise à jour le 01 avr. 2015

Fonds régional d'art contemporain, Frac Auvergne

6 rue du Terrail
63000 Clermont-Ferrand
France
Téléphone : 04 73 90 50 00
Directeur : Jean-Charles Vergne
Accès mobilité réduite